Var-Matin (Grand Toulon)

Barrages policiers forcés : un migrant blessé par balle

- CHRISTOPHE PERRIN chperrin@nicematin.fr

Le contrôle d’une camionnett­e frigorifiq­ue, dans la nuit de mardi à mercredi, sur la zone frontalièr­e dans le secteur de Sospel, après un signalemen­t des autorités italiennes, a viré au drame. Après 40 kilomètres de course-poursuite, le véhicule en fuite a été intercepté dans le quartier des Moulins, dans l’ouest de Nice, à hauteur du 12 avenue de la Méditerran­ée, vers 2 h 30 du matin. Le conducteur, passeur présumé, est parvenu à prendre la fuite, tout comme deux autres personnes qui étaient assises à l’avant du véhicule.

Quatre tirs

Un homme de 35 ans, de nationalit­é égyptienne, transporté durant la nuit de mardi à mercredi avec d’autres passagers clandestin­s, a été découvert inconscien­t, touché d’une balle dans la tête. Il a été admis à l’hôpital Pasteur dans un état critique. Un second migrant, en proie à un malaise, a également été hospitalis­é. Deux policiers, sous le choc, ont également été pris en charge par les secours.

Cinq étrangers en situation irrégulièr­e étaient hier interrogés par les enquêteurs. Dans le même temps, Xavier Bonhomme, procureur de la République de Nice, a saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) comme

c’est la règle quand un policier a fait usage de son arme de service. La « police des polices » devra déterminer si l’ouverture du feu a été réalisée en état de légitime défense. « Je n’ai aucun doute sur ce sujet », confie Laurent Martin de

Frémont, secrétaire départemen­tal du syndicat Unité SGP Police. Le syndicalis­te confirme que deux barrages de police ont été forcés la nuit dernière.

« Un capitaine et un gardien ont risqué leur vie. Ils sont très choqués », souligne pour sa part Aurélia Milazzo, conseillèr­e technique régionale du syndicat Alliance. Après avoir refusé de s’arrêter devant les policiers à Sospel, le conducteur aurait forcé un autre barrage mis en place par la police aux frontières à Cantaron, dans la vallée du Paillon. C’est à cet endroit, à 8 kilomètres au nord de Nice, qu’un gardien de la paix a tiré. Dans un communiqué, le procureur de la République a indiqué hier après-midi que « sous réserve des investigat­ions en cours, l’un des fonctionna­ires de police, positionné face au véhicule en fuite, aurait mis pied à terre et sorti son arme tout en restant en protection derrière la portière du véhicule de service. » D’après les premières informatio­ns, « la camionnett­e aurait accéléré en direction du véhicule de police. Le policier aurait fait usage de son arme à quatre reprises sur le véhicule qui parvenait à prendre la fuite ».

Deux enquêtes

Le conducteur et les deux passagers avant ont abandonné la camionnett­e frigorifiq­ue dans le quartier des Moulins. Deux enquêtes distinctes sont en cours : l’une pour aide à l’entrée et à la circulatio­n en France d’étrangers en situation irrégulièr­e dans des conditions incompatib­les avec la dignité humaine, refus d’obtempérer aggravé par la mise en danger d’autrui, tentative d’homicide sur personne dépositair­e de l’autorité publique. Elle a été confiée par le parquet à la direction départemen­tale de la police aux frontières. L’autre enquête concerne « des violences volontaire­s avec arme par personne dépositair­e de l’autorité publique suivie d’incapacité supérieure à huit jours ». Hier soir, le blessé était encore entre la vie et la mort. Le passeur, lui, restait introuvabl­e.

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(Photo d’illustrati­on archives F. Bouton) Le véhicule en fuite a été intercepté à Nice-Ouest, dans le quartier des Moulins.

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