Var-Matin (Grand Toulon)

Après la Roumanie et la Moldavie, Macron pourrait se rendre en Ukraine aujourd’hui

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Ukraine : mais que veut Macron ? Il serait temps qu’Emmanuel Macron éclaire les Français sur sa pensée, son analyse et sa stratégie face à la situation en Ukraine. Il devient, en effet, difficile de comprendre ce qui l’anime et quels sont ses véritables objectifs.

Ainsi vient-il de déclarer que « nous sommes entrés dans une économie de guerre », appelant en conséquenc­e à une réévaluati­on de la loi

Se rendra-t-il ce jeudi à Kiev ? Emmanuel Macron n’a pas confirmé directemen­t mais a jugé hier nécessaire­s « de nouvelles discussion­s » avec l’Ukraine, tout en se justifiant après la polémique déclenchée par ses appels à « ne pas humilier » la Russie.

« Aux portes de notre Union européenne, se joue une situation géopolitiq­ue inédite », a-t-il déclaré devant les troupes françaises déployées sur la base de l’Otan de Mihail Kogalnicea­nu, dans le sud-est de la

de programmat­ion militaire 20192025. Il s’agit d’ajuster nos moyens de défense, insuffisan­ts, aux nouvelles menaces nées du conflit en Ukraine. Juste décision mais si importante qu’elle mériterait une interventi­on présidenti­elle pour rendre compte devant les Français de ce coup d’accélérate­ur dans nos dépenses militaires qui, de fait, conduira à freiner d’autres dépenses publiques.

Serait aussi nécessaire une consultati­on de la nouvelle Assemblée qui sortira ce dimanche des urnes. Bref, Emmanuel Macron tient là une occasion exceptionn­elle d’inaugurer la nouvelle méthode qu’il a promise.

Le chef de l’État semble pourtant s’en tenir à la traditionn­elle théorie du domaine réservé qui veut que

Roumanie, non loin de la stratégiqu­e mer Noire.

Et « je pense que nous sommes à un moment où nous avons besoin d’envoyer des signaux politiques clairs, nous Union européenne, à l’égard de l’Ukraine et du peuple ukrainien dans un contexte où il résiste de manière héroïque depuis plusieurs mois », a-t-il souligné, interrogé sur une possible visite imminente à Kiev. Selon plusieurs médias, Emmanuel Macron y serait attendu aujourd’hui avec le chancelier allemand Olaf

les politiques extérieure­s et de défense ne dépendent que de l’Élysée. On veut croire qu’il sait où il va mais décoder son action est de plus en plus difficile. On ne lui fera pas le procès d’avoir multiplié les échanges avec Vladimir Poutine, reste que le maître du Kremlin poursuit sans répit son épouvantab­le offensive. Jusqu’à présent inefficace, cette approche non seulement crée à Kiev de fortes interrogat­ions sur la France mais soulève un vent de méfiance à l’endroit de Paris dans les pays d’Europe orientale frontalier­s

Scholz et le chef du gouverneme­nt italien Mario Draghi.

« Sans aucune complaisan­ce »

Après la vague de critiques et d’incompréhe­nsion, notamment à Kiev, suscités par ses appels à ne « pas humilier la Russie », Macron a par ailleurs rappelé « la clarté » delapositi­on française de soutien à l’Ukraine, « sans aucune complaisan­ce » à l’égard de Moscou.

« Mais nous voulons bâtir la paix », at-il

de la Russie.

Le climat avec ces États s’est tellement dégradé qu’Emmanuel Macron a jugé nécessaire de se rendre hier et avant-hier en Roumanie et en Moldavie.

Ce dernier épisode aura d’abord été une affaire de communicat­ion : repas et jogging avec nos soldats, nuit passée sous la tente... Mais il y a aussi des déclaratio­ns une fois encore ambiguës. Bien que se défendant de toute complaisan­ce envers la Russie, le Président a jugé nécessaire de préciser que son homologue insisté. « À un moment donné, quand nous aurons aidé au maximum à résister, quand je le souhaite, l’Ukraine aura gagné et surtout que le feu aura cessé, nous devrons négocier. Le président ukrainien (...) devra négocier avec la Russie et nous serons, nous Européens, autour de cette table. »

Arrivé mardi soir en Roumanie, Macron s’est ensuite envolé pour la Moldavie voisine, particuliè­rement affectée par l’invasion russe, et candidate à l’Union européenne.

ukrainien devrait «àun moment » négocier avec Moscou la fin de la guerre. C’est d’une certaine manière rendre Volodymyr Zelensky responsabl­e de la paix alors que son pays est agressé. Le propos est d’autant plus incompréhe­nsible que le Président a ajouté plus tard que le moment était venu pour l’Union européenne d’envoyer des « signaux politiques clairs au peuple ukrainien dans un contexte où il résiste de manière héroïque depuis plusieurs mois ». Le premier de ces signaux ne serait-il pas un déplacemen­t d’Emmanuel Macron à Kiev, seul ou en compagnie d’autres dirigeants de l’UE ? Le chef de l’État entretient le mystère sur ce sujet. Ce qui rend encore plus opaques ses propos et ses choix.

« On veut croire qu’Emmanuel Macron sait où il va, mais décoder son action est de plus en plus difficile »

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