Var-Matin (La Seyne / Sanary)

Réuni en congrès, le RN s’interroge sur sa défaite aux dernières élections

Malgré des critiques en interne, le parti d’extrême droite ne compte pas abandonner sa stratégie de « normalisat­ion ».

- « contre l’extrême droite ».

I «l y a encore un chemin » vers la victoire : le numéro deux du Rassemblem­ent national, Jordan Bardella, a voulu hier porter les militants – réunis en congrès à Perpignan(1) et encore sonnés par la défaite aux régionales – vers la présidenti­elle, « la mère de toutes les batailles ».

« L’abstention, c’est le refuge de la désespéran­ce », mais « rien n’est perdu » ,a assuré le jeune cadre, très applaudi, qui pourrait assurer l’intérim à la tête du parti pendant la campagne présidenti­elle de Marine Le Pen (cette dernière devrait faire son discours aujourd’hui). « Nous n’avons pas le droit de douter », a-t-il ajouté, alors que l’échec aux régionales a généré des critiques en interne. Il a fustigé à cet égard les « planqués » ,les « déserteurs » qui « tirent dans le dos des combattant­s de première ligne ».

Pour l’hôte du congrès, le maire RN de la ville, Louis Aliot, pas question de remettre en cause la stratégie de « normalisat­ion » du parti. Lui pousse au contraire à en faire davantage dans cette voie ; il fait valoir sa conquête de Perpignan, obtenue l’an dernier « en ouvrant les bras à d’autres, sur un projet ».

« Un faux débat »

Le RN s’est-il trop « banalisé », au risque de ne plus intéresser les électeurs ? « Un faux débat », estime Louis Aliot. Quand l’ancien président Jean-Marie Le Pen accuse la « délepénisa­tion » du parti, duquel il a été exclu en 2015, sa fille Marine Le Pen répond qu’elle ne « recherche ni plus ni moins de radicalité » et veut « agir sans violence et sans faiblesse ». Dans son discours, elle devrait néanmoins réunir ses militants autour de thèmes fondamenta­ux de son parti, comme l’immigratio­n, afin de les remobilise­r vers la présidenti­elle. Mais « on ne va pas revenir au Front national » et « nous avons encore besoin d’aller chercher du monde » pour « ouvrir et pas rétrécir », a prévenu le porte-parole du parti, Sébastien Chenu. Quels que soient les débats, Marine Le Pen, seule candidate à sa succession, est assurée d’être réélue présidente, mais elle devrait lâcher à l’automne la tête du parti le temps de la présidenti­elle. Jordan Bardella est pressenti à ce poste, que brigue aussi Louis Aliot. 1. Entre 650 et 3 000 personnes ont manifesté hier dans la ville

« Rien n’est perdu », a assuré le vice-président du parti, Jordan Bardella.

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(Photo AFP)

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