Var-Matin (La Seyne / Sanary)

Soutenir les métiers de la mer en tension

Le directeur des cliniques Sainte-Marguerite à Hyères mais aussi Saint-Jean et Saint-Roch à Toulon envisagera­it de les regrouper sur un site unique à La Crau. Rien n’est acté mais le projet fait débat.

- CATHERINE PONTONE cpontone@nicematin

Les hôpitaux privés Sainte-Marguerite à Hyères, Saint-Jean et Saint-Roch à Toulon vontils, bientôt, être regroupés sur un seul et unique site ? C’est le projet que défend avec conviction et déterminat­ion, depuis des années, le groupement d’intérêt économique (GIE) Sainte-Marguerite, son directeur en tête, Bruno Thiré. Sollicité à plusieurs reprises, il n’a pas souhaité répondre à nos sollicitat­ions sur les raisons et la nature du projet. Pour autant, il a exposé clairement ses intentions dans un courrier, rendu public et adressé le 17 décembre 2020, à la SNCF dans le cadre de la concertati­on sur le projet multimodal de La Pauline.

Un projet de  lits

« Le projet serait celui d’un hôpital privé regroupant 560 lits et places, attachés aussi bien à l’accueil et au traitement des patients en ambulatoir­e qu’à la prise en charge de patients atteints de pathologie­s lourdes », écrit-il. Projette t-il ou pas un service dédié aux urgences ? Oui, selon Jean-Éric Lodevic, secrétaire général de Force ouvrière au Centre hospitalie­r intercommu­nal Toulon-La Seyne (Chits). « Cette structure de 600 lits aura un plateau technique neuf et un service dédié aux urgences », confirme le représenta­nt des personnels, pointant déjà les « répercussi­ons néfastes sur les hôpitaux de Hyères et de SainteMuss­e dans de nombreux secteurs dont la maternité, les chirurgies, l’oncologie, la radiologie, entre autres. » Contacté le maire de Toulon et président de la métropole TPM Hubert Falco n’a pas souhaité s’exprimer.

Les raisons

La réflexion du groupe GIE Sainte-Marguerite ne date pas d’hier. « Nos établissem­ents vieillissa­nts et la dispersion géographiq­ue des sites nous ont amenés, il y a plusieurs années, à réfléchir au regroupeme­nt de l’ensemble de nos activités hospitaliè­res sur un seul et unique site », écrit Bruno Thiré. Il avance un argument de poids dans le projet de pôle multimodal de La Pauline. « Cela permettrai­t d’améliorer l’offre de soins et de réduire nos impacts environnem­entaux en termes de déplacemen­ts des patients et personnels médicaux ou en termes de consommati­ons

Le départ envisagé de la clinique hyèroise suscite des interrogat­ions et protestati­ons.

énergétiqu­es. » Comment ? En s’implantant sur la commune de La Crau, plus précisémen­t quartier Saint-Augustin. Cela présentera­it « un intérêt majeur » en étant « situé à moins d’un kilomètre de la gare de La Pauline », argumente le directeur. Et celui vise les futurs échangeurs souhaités de l’A570 quartier Saint-Agustin et quartier Gavarry.

Achat de terrains en cours ?

Selon nos informatio­ns, il essaie d’avoir la maîtrise foncière en se portant acquéreur de terrains privés. « Aucun terrain communal n’est concerné », affirme-t-on au cabinet du maire de La Crau.

S’il y a bien eu « une prise de contact » entre Bruno Thiré et les services de la commune, « aucun permis de construire ni aucune autorisati­on d’urbanisme n’ont été déposés à ce jour », assuret-on à l’hôtel de ville. Comme le rappelle dans son courrier à la SNCF Réseau, Bruno Thiré : « D’une surface de plancher supérieure à 40 000 mètres carrés, notre projet est également soumis à une étude d’impact et à une enquête publique environnem­entale. »

Si rien n’est acté, le projet alimente, depuis des mois y compris pendant la campagne municipale, les conversati­ons dans le milieu politique et celui de la santé. Le départ éventuel de trois gros pôles de santé privés historique­s n’est pas anodin en termes d’offre de soins sur les communes concernées de la Métropole et la vallée du Gapeau. Sans compter le devenir du foncier des sites ainsi libérés.

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(Photo C.P.)

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