Var-Matin (La Seyne / Sanary)

Dans les établissem­ents varois, on a pris les devants

- VÉRONIQUE GEORGES

Jusqu’à la dernière minute, convaincre les réticences plutôt que braquer les personnels. Dans les hôpitaux du départemen­t, les équipes de direction ont travaillé d’arrache-pied pour éviter au maximum d’avoir à suspendre les fonctions et les rémunérati­ons des agents et prestatair­es de leurs établissem­ents de santé. «Aujourd’hui, on a environ 400 agents sur 5 000 qui n’ont pas fait de remontée sur leur situation (vaccinale) mais certains ont tout simplement oublié de la transmettr­e, précisait ce lundi Nicolas Funel, directeur adjoint du centre hospitalie­r intercommu­nal Toulon-La Seyne. Beaucoup se sont mis en conformité depuis, on continue à proposer la vaccinatio­n par le service de santé au travail. D’autres régularise­nt au dernier moment ». Néanmoins, une cinquantai­ne d’agents qui ne répondent pas seraient sous le coup d’une décision de suspension. Si à la connaissan­ce du directeur adjoint, il n’y a pas d’arrêt maladie reconnu comme une façon d’éviter l’obligation vaccinale, au moins un des profession­nels risquant d’être suspendus – un psychologu­e – a d’ores et déjà démissionn­é. Il précise qu’à l’hôpital d’Hyères, une quinzaine d’agents sur 1 000 seraient également menacés d’une suspension s’ils ne présentent pas une attestatio­n d’ici demain. La situation inquiète M. Funel : « On fait tout pour réduire le risque car on a beaucoup de mal à trouver du personnel en temps normal ». Au centre hospitalie­r de la Dracénie, la directrice Caroline Chassin remarque que 95 % des 1 300 agents sont dans les clous. Elle précise : « Nous avons aidé très tôt à se faire vacciner, on a informé, discuté. Pas mal ont changé d’avis et ont franchi le pas et on les remercie ». Deux procédures de suspension sont néanmoins identifiée­s. La direction avait aussi mis en place une politique de remplaceme­nt importante pour anticiper les éventuelle­s défections. «On va pouvoir passer le cap du 15 septembre et des jours suivants. Les derniers qui se sont fait vacciner ont fait un effort particulie­r, ce dont on se réjouit ». Frédéric Limouzy, directeur du centre hospitalie­r intercommu­nal de Fréjus Saint-Raphaël, avait la semaine dernière encore un point d’interrogat­ion sur la situation de 200 personnes sur 1 700. «Onaessayéd­egérer dans la discussion, avec bienveilla­nce et pédagogie. Beaucoup ont encore des rendez-vous pour se faire vacciner, l’objectif étant d’être prêt pour la date limite. Ceux qui expriment une forme de jusqu’au-boutisme, vont être reçus ». L’organisati­on des jours à venir ne devrait pas en souffrir : «Ona demandé à l’encadremen­t de composer les équipes avec les personnes qui ont le statut ad hoc » .Àplus long terme, c’est moins sûr : «Les hôpitaux vivent une période difficile depuis deux ans, qui a éprouvé les équipes. Pour l’instant, on a évité les fermetures de lit. Il faudra compenser, même si ce n’est qu’une cinquantai­ne de personnes qui ne sont pas vaccinées, et la ressource humaine dans ces métiers est rare… »

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