Var-Matin (La Seyne / Sanary)

AU FIL DES SIÈCLES

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Chaque mardi, Henri

Ribot, historien et président du centre archéologi­que du Var, déroule le fil de l’histoire de notre région et évoque quelques événements qui se sont déroulés jadis à la même période de l’année.

Septembre  : La chapelle de Saint-Mendrian apparaît pour la première fois dans un document historique assuré

La chronique d’Emon, rapporte le voyage que fit l’abbé de Worms, Emon, sur les côtes méditerran­éennes en septembre . Le passage est bref mais il évoque la calanque du saint martyr Mendrian où les navigateur­s purent se réfugier. Du mouillage, Emon voyait la chapelle du saint martyr construite dans un style grossier sans pour autant la qualifier d’ancienne. Elle était renommée pour sa grande sainteté. Pas un mot du mausolée qui devait avoir été arasé, à moins que la chapelle fût bâtie sur ses vestiges, ce qui est possible. L’insistance à rappeler le rôle de martyr du saint est une preuve semble-t-il de la découverte, plusieurs années auparavant, de ce mausolée – qualifié de « tour des Phocéens » par le notaire de La Seyne, Jean Denans, vers - – mausolée non vidé de ses sépultures si l’on en croit les découverte­s faites au XIXe siècle.

 septembre  : Hyères fait son retour au domaine royal

Acte  des vicomtes de Marseille portant transactio­n entre le comte de Provence et les seigneurs d’Hyères. Il est convenu entre Charles er d’Anjou, comte de Provence, d’une part ; Roger d’Hyères, Bertrand et Mabile de Fos, seigneurs d’Hyères, d’autre part, que la ville d’Hyères ferait retour au domaine royal contre une compensati­on en terres d’un revenu de   sous et le paiement d’une somme de  livres provençale­s, sous déduction du contingent revenant à Geofroi Irat et Huguette, autres coseigneur­s d’Hyères. Tous trois devaient rester en possession du château d’Hyères et de la ville jusqu’au jour où ils seraient entièremen­t indemnisés. Rostan d’Agoult est l’un des médiateurs du contrat (acte  des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin Ricard, ).

 septembre  : Mise en place de la batterie de la Montagne et prise de la vallée de Dardennes

Tandis que Carteaux chasse l’ennemi du vallon de Favier, conquiert le château de Dardennes, la fonderie et les moulins qui alimentent Toulon et ferme la prise d’eau du Las, dans la nuit du  au  septembre, Bonaparte fait reconnaîtr­e la position d’une batterie sur les hauteurs de la Garenne, entre Ollioules et La Seyne, et la met immédiatem­ent en place. Ce sera La batterie de la Montagne. Située à la cote , au nord immédiat de la gare actuelle de La Seyne, à un kilomètre et demi environ du château de Montauban et à vol d’oiseau, cette batterie installée par le nouveau commandant de l’artillerie est plus à même de toucher ses adversaire­s. Ses pièces de  sont placées près de l’ermitage de Saint-Laurent où se trouve aujourd’hui le domaine de la Cruvillièr­e. D’après Vieillefos­se, là sera vraisembla­blement installé l’échelon avancé des batteries tirant sur la mer qui le  septembre, ouvrent le feu sur Malbousque­t, occupé par les angloespag­nols sous les ordres de Moreno et sur des vaisseaux embossés dans la baie de Brégaillon (commune de La Seyne) d’où elles chassent une frégate et deux pontons armés ennemis. Pendant le duel d’artillerie, un magasin à munitions de la Garenne est touché par un projectile anglais qui le fait sauter.

 septembre  : Les jeunes gens d’Ollioules refusent de prendre les armes

Le préfet du Var ordonne la réquisitio­n permanente des gardes nationales de tout le départemen­t. Le sort désigne les absents, étrangers à la commune !

Lorsque le commandant de la place de Sanary et arrondisse­ment, demandant  hommes de la colonne mobile dont  d’Ollioules et  d’Évenos, essuie un même refus, à nouveau ce sont les absents qui sont désignés. Les mutins se retrouvent au cabaret alors que le commandant de la place vient unir sa colonne à celle d’Ollioules-Évenos. Les mutins refusent d’entendre raison. Au point que le maire, Imbert, prie le souspréfet de lui fournir les forces, armes et munitions, pour faire exécuter les ordres et venir à bout de la mauvaise volonté de ses concitoyen­s…. En suite de quoi, l’adjoint au maire, Audibert, donne sa démission ; le maire écrit à nouveau au sous-préfet pour lui signaler cette démission et lui porter secours. Le

 août, il réclame au Juge de Paix l’applicatio­n des peines déterminée­s par la loi du  août  (Castellan E., , p. ).

Nuit du  au  septembre  : Le choléra s’abat sur La Seyne

Dans la nuit du  au  septembre, douze décès d’enfants sont constatés et déclarés à l’ouverture des bureaux de l’état-civil de La Seyne alors que l’on pense avoir circonscri­t la maladie apparue en juillet. Un violent ouragan de sud-est a rabattu les miasmes du quartier de la Lune sur les autres parties de ville. Cinquante-six nouveaux décès s’ajoutent dans la journée. Le soir même, cinquante-six nouveaux décès sont déclarés, le lendemain quarante-cinq et le jour suivant trente-trois. C’est la panique dans toute la cité. Les plus aisés qui savant où fuir le font d’urgence. Ceux qui n’ont pas de point de chute, chargent quelques ustensiles dans une carriole ou une voiture à bras et vont s’installer dans les campagnes, à la Verne, à Fabrégas, dans les endroits encore campagnard­s de Six-Fours, jusqu’au Brusc, toujours pour bénéficier de l’air vif du large. Même au Crotton, un terrain de M. Verlaque, ingénieur des chantiers navals, est transformé en camp de tentes de toiles à voile. D’autres sont partis à Ollioules et à Saint-Nazaire. La Seyne prend donc l’aspect d’une ville morte avec ses magasins fermés. Les chantiers navals fonctionne­nt toujours, mais au ralenti. (Marius Autran, tome ).

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