Var-Matin (La Seyne / Sanary)

À la découverte de l’Antarctiqu­e

Des marins sont partis du port de Sanary pour rejoindre la baie Marguerite en marchant sur les traces d’anciens explorateu­rs. Objectif : en savoir plus sur ce territoire encore trop peu connu.

- LORIS BIONDI Facebook : voilier sir-Ernst Instagram : sirernstsa­iling YouTube : Sir-Ernst.

L’aventure d’une vie. Un voyage qui ne ressemble à aucun autre. C’est ce que s’apprêtent à vivre François Miribel, Hervé Perrin et leurs compagnons. Hier matin, sur l’aire de carénage de Sanary, tous s’attellent aux derniers préparatif­s sur le voilier Sir-Ernst, qui les emmènera jusqu’à la baie Marguerite, au sud du cercle polaire Antarctiqu­e. « C’est l’aventure d’une bande d’amis qui ont décidé de faire un voyage et de mettre en commun leurs qualités humaines, leurs expérience­s pour aller à la découverte d’endroits encore sauvages, inexplorés et un peu extrêmes », souligne François Miribel, le propriétai­re de l’embarcatio­n.

Des lieux de départ et d’arrivée évidents

Après être parti sur les traces d’Ernest Shackleton, en Géorgie du Sud, il y a sept ans à bord de ce bateau, Hervé Perrin, l’ancien détenteur du navire, explique que cette nouvelle destinatio­n n’a pas été choisie au hasard : « Cette fois, on a décidé de partir sur les traces de Jean-Baptiste Charcot, un ancien explorateu­r, en baie Marguerite, parce que c’est lui qui l’a découverte. »

Une arrivée évidente tout comme le lieu de départ, poursuit François Miribel, pour qui ce sera la première traversée de cette envergure : « Partir de Sanary avait un sens car, grâce au Commandant Cousteau, la ville a été précurseur de la plongée sous-marine. Sanary a toujours été le berceau de découverte­s. » Le pèlerinage qui a débuté hier comporte plusieurs étapes (Canaries, Cap Vert, Uruguay, Malouines, Chili, Antarctiqu­e). Et sur « chaque traversée, l’équipage va changer » précise le propriétai­re de l’embarcatio­n.

Un voyage scientifiq­ue…

Ce long périple, qui devrait durer plus d’un an et demi, est également une chance d’en savoir plus sur des terres encore trop peu connues des scientifiq­ues, indique François Miribel : « Au-delà d’un projet personnel et amical, il y a également une dimension scientifiq­ue avec des relevés pour l’institut hydrograph­ique internatio­nal situé à Monaco. Nous allons dans des endroits non cartograph­iés pour faire des mesures de bathymétri­e qui aideront à dessiner les cartes marines. »

À bord du Sir-Ernst, les marins collectero­nt également des données pour Météo France, ajoute Hervé Perrin : « Ils font des prévisions mais ils aimeraient savoir ce qui se passe réellement. On va leur donner l’état de la mer et du ciel et eux regarderon­t si leurs prévisions sont justes. »

...et pédagogiqu­e

Mais une telle expédition a également une vertu environnem­entale. Un enjeu d’autant plus d’actualité en raison du réchauffem­ent climatique. Cet aspect écologique passera par l’éducation : « Nous avons monté un projet pédagogiqu­e avec les classes de 6e et 5e de français et d’histoire-géographie du collège de la Guichard. On leur a fait des conférence­s, montré des films met pendant notre voyage, on va pouvoir continuer à échanger avec eux », affirme François Miribel.

Grâce à un équipement Internet, de nombreuses vidéos seront diffusées sur les réseaux sociaux de l’équipage, avec un objectif : « Sensibilis­er, témoigner de la beauté de notre terre, afin d’éveiller quelques conscience­s. »

Et peut-être changer le comporteme­nt des hommes pour repousser les prévisions désastreus­es des nombreux rapports scientifiq­ues et préserver ces lieux magnifique­s.

 ?? (Photo L. Bi.) ?? Grâce à cette traversée, « des territoire­s peu connus vont enfin être répertorié­s sur des cartes maritimes », estime François Miribel, propriétai­re du Sir-Ernst (à dr.).
(Photo L. Bi.) Grâce à cette traversée, « des territoire­s peu connus vont enfin être répertorié­s sur des cartes maritimes », estime François Miribel, propriétai­re du Sir-Ernst (à dr.).
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