 : le capitaine De­lage sombre vo­lon­tai­re­ment avec son cui­ras­sé

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Armistice De 14-18 -

Le 18 mars 1917, le cui­ras­sé Le Dan­ton part du port de Tou­lon pour re­joindre l’ar­mée na­vale à Cor­fou, au large de la Grèce. Il est com­man­dé par le capitaine JeanPaul De­lage, qui, bien que né à Rochefort, est at­ta­ché au port de Tou­lon. Il y a été com­man­dant des sous-ma­rins. C’est pour­tant à bord d’un na­vire de sur­face qu’il s’em­barque ce jour-là. Il y a un mil­lier de ma­rins à bord avec lui. Il est es­cor­té par le tor­pilleur Le Mas­sue. La mer est calme. Vers 13 heures, alors que Le Dan­ton ar­rive au large de la Sar­daigne, un of­fi­cier dis­tingue le sillage d’un sous-ma­rin. Un U64 al­le­mand se trouve en ef­fet à proxi­mi­té. Branle-bas de com­bat. Le Dan­ton tire un coup de ca­non au ju­gé.

Ra­deaux de for­tune

Ré­plique im­mé­diate du sous­ma­rin : deux tor­pilles at­teignent Le Dan­ton à l’avant et au centre. Il com­mence aus­si­tôt à cou­ler. L’équi­pe­ment élec­trique ayant été dé­truit, im­pos­sible de mettre les em­bar­ca­tions de se­cours à la mer. Dans l’af­fo­le­ment gé­né­ral, on s’ac­tive à consti­tuer des ra­deaux de for­tune. Beau­coup de ma­rins se jettent à l’eau. Le Mas­sue en ré­cu­pé­re­ra un maxi­mum. D’autres de­vront at­tendre l’ar­ri­vée du cha­lu­tier Louise-Ma­rie, dé­tour­né sur le lieu. Cer­tains na­ge­ront pen­dant sept heures. On dé­nom­bre­ra deux cent quatre-vingt-seize dis­pa­rus. Les his­to­riens de la Ma­rine rap­portent que le com­man­dant De­lage res­ta agrip­pé à la pas­se­relle jus­qu’au bout, en com­pa­gnie de cer­tains of­fi­ciers, et som­bra vo­lon­tai­re­ment en criant un « Vive la France ! » qui fut re­pris par des nau­fra­gés se dé­bat­tant à proxi­mi­té. L’épave du Dan­ton en 2009. a été re­trou­vée

(Pho­to DR)

Bien que né à Rochefort, il est at­ta­ché au port de Tou­lon, où il a été com­man­dant des sous-ma­rins.

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