Di­manche

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France -

Jour de com­mé­mo­ra­tion. Il y au­ra de fortes images mais elles se­ront dés­in­car­nées. Le der­nier poi­lu fran­çais

à mou­rir fut La­zare Pon­ti­cel­li et il re­çut des ob­sèques na­tio­nales le  mars  dans la cour des In­va­lides. Dix ans dé­jà… Ce­pen­dant nous sommes en­core nom­breux à avoir connu des com­bat­tants de la « grande » guerre. Dans ma fa­mille ma­ter­nelle, mon ar­rière-grand­père, ses fils, ses gendres, tous tués. Ma grand-mère tour­nant les obus dans une usine d’ar­me­ment. Mon grand-père pa­ter­nel, quatre fois gra­ve­ment bles­sé et ren­voyé au front im­per­tur­ba­ble­ment. Je l’en­tends me ra­con­ter l’odeur pes­ti­len­tielle du tun­nel de Ta­vannes, la vie dans les tran­chées, le bruit té­ré­brant des obus. Toutes les fa­milles fran­çaises ont la même his­toire : , mil­lion de morts par­mi les sol­dats,   qui mou­rurent par la suite de leurs bles­sures,   morts ci­vils, , mil­lions de sol­dats bles­sés. Rap­por­té à la po­pu­la­tion de la France d’au­jourd’hui, c’est comme si un conflit ar­mé cau­sait  mil­lions de morts et  mil­lions de bles­sés. Notre de­voir de mé­moire est là : ra­con­ter à nos en­fants, à nos pe­tits-en­fants ce que les images de la té­lé­vi­sion ne pour­ront ja­mais rendre, sor­tir les pho­tos, re­lire les lettres, mettre de la chair dans les souf­frances. Il ne suf­fit pas d’ins­crire sim­ple­ment le nom de nos sol­dats sur les mo­nu­ments aux Morts, il faut les faire re­vivre dans nos coeurs.

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