Mi­nute de Vé­ri­té

Vélo Tout Terrain - - SOMMAIRE - par Chris­tophe Vé­ri­té

J’es­père que ma tri­bune du mois der­nier vous a plu ; en tout cas, moi, je me suis

écla­té à ima­gi­ner notre sport dans le fu­tur ! Ce mois-ci, je vais re­des­cendre sur terre et vous par­ler... de mes va­cances. Ce­la nous fe­ra du bien de res­ter, pour quelques lignes en­core, la tête au so­leil, dans les nuages, sous un pa­ra­sol. Bon, vous avez sai­si le concept. Donc, mes va­cances. Vous al­lez me dire que vous vous en fou­tez. Pa­reil pour moi. Un par­tout, balle au centre. Mais, comme vous, même au re­pos, je garde un oeil (un demi seule­ment, j’avoue...) ou­vert sur la pla­nète vé­lo. De-ci, de-là, je re­garde ce qui m’en­toure et qui roule sur deux roues. Après presque 3 000 km à tra­vers notre beau pays (pas à vé­lo !), j’ai pro­fi­té de la côte oc­ci­den­tale, puis du bord orien­tal de l’Hexa­gone. Bon, ouest et est, pour les fa­ti­gués du neu­rone. Entre deux, trois, voire quatre ba­lades, res­to, etc… j’ai pu ap­pré­cier le fait que bon nombre d’entre vous (re)dé­couvrent les joies simples du vé­lo en va­cances. Comment je sais tout ça ? Par­di, fief­fé co­quin, tout sim­ple­ment en re­gar­dant l’âge moyen du ma­tos et son état. Le bi­lan est clair : ça sent le bike de va­cances, re­mi­sé dans une ca­bane de­puis dix ans et qui ne prend l’air qu’une fois par an. J’ai vu dé­fi­ler des col­lec­tions en­tières de VTT, VTC, ur­bains, etc... et même un Ranger Hi-Tech de 89. C’est un MBK, grande pé­riode fluo, pour les in­cultes. De bons sou­ve­nirs sur deux roues en somme. J’ai vu pas­ser pas mal de ho­ver­boards aus­si. Mais quelle dé­cep­tion de voir un en­gin ain­si nom­mé par rap­port au gé­nia­lis­sisme skate de Mar­ty Mc Fly... Bref. Des vé­los à la pelle. Et puis, j’ai aus­si été éton­né du nombre de vé­los à as­sis­tance élec­trique croi­sés. Sur­tout des ur­bains ou des VTC, mais, en me rap­pro­chant de l’est et de ses lacs et mon­tagnes sa­voyards, des VTT aus­si. Et là, pas de vieux cou­cous. Rien que des mo­dèles de deux ou trois ans à peine. Des­sus, un peu de tout, comme au pri­meur, mais pas tou­jours aus­si frais. Spor­tifs, jeunes, moins... jeunes, hommes, femmes, mais tous rou­laient avec le sou­rire aux lèvres, che­veux au vent, par­fois trop vite sur des pistes cy­clables bien en­com­brées. Tout ce­la m’a don­né un bon coup de peps. J’étais ra­vi de voir au­tant de monde rou­ler. Et puis, peu im­porte la mon­ture, tant qu’elle nous porte loin et fiè­re­ment. De là, dans un mo­ment d’éga­re­ment, au beau mi­lieu de mon re­pos es­ti­val bien mé­ri­té, j’ai com­men­cé à pen­ser au sa­lon Eu­ro­bike qui au­rait lieu fin août. Au mo­ment où vous li­rez ces lignes, vous sau­rez dé­jà à peu près tout ce qui ar­ri­ve­ra dans les pro­chains mois en terme de nou­veau­tés. Mais moi, à ce mo­ment pré­cis, je n’en sa­vais rien. J’ima­gi­nais dé­jà des bat­te­ries de 900 Wh, voire plus, plus lé­gères, plus pe­tites, re­char­geables en moins d’une heure (comme la su­blime Vi­sion May­bach 6 équi­valent de 750 ch en élec­trique et pou­vant char­ger 100 km en 5 mn… argh !). Bref, je nous voyais dé­jà sur des spads de fo­lie, aus­si lé­gers que les “mus­cu­laires” (quel hor­rible mot) ac­tuels et pou­vant nous em­me­ner sur des dis­tances ir­rai­son­nables. Qui sait, ce­la se­ra peut-être le cas. Pa­tience. Donc, au cré­pus­cule de mes va­cances, j’avais la tête rem­plie de belles ren­contres cy­clables. Et je me suis dit que le vé­lo était une sorte de ca­ta­ly­seur qui per­met­tait à toutes et tous de re­trou­ver un p’tit grain de fo­lie. Même si ce n’est que pen­dant les va­cances, sur la tra­pa­nelle de pa­py, qua­si­ment sans freins, pas à la bonne taille et à la trans­mis­sion plus qu’aléa­toire, si­non in­exis­tante dans cer­tains cas. Qu’à ce­la ne tienne ! Vous étiez fiers et beaux sur vos vé­los. Et moi, j’étais heu­reux de faire par­tie de ce “pe­tit” monde. Une pous­sière dans l’éco­no­mie mon­diale. Mais cette pous­sière, no­tam­ment lors de l’Eu­ro­bike et des sa­lons de fin d’an­née, va cer­tai­ne­ment nous en mettre plein les yeux, à coups de nou­veau­tés, de concept-bikes com­plè­te­ment dingues, de so­lu­tions éphé­mères pour tous les ac­ces­soires qui ne ver­ront peut-être ja­mais le jour où dont le bre­vet ira gros­sir les ti­roirs des grandes mul­ti­na­tio­nales, en at­ten­dant des jours meilleurs. Ou plus sim­ple­ment pour tuer la concur­rence dans l’oeuf, qui sait. Bref, le vé­lo était de sor­tie cet été, je vous l’as­sure, si ja­mais vous avez quit­té des yeux la pla­nète deux roues. Sans honte, je vous avoue que j’ai fait un bon break en ne rou­lant qua­si­ment pas. Des fois, ça fait du bien de pen­ser à autre chose, pour re­ve­nir avec un ap­pé­tit digne d’un ogre mis à la di­sette pen­dant plu­sieurs se­maines !

Peu im­porte le vé­lo !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.