VTT à la sauce ar­mo­rique

Vélo Tout Terrain - - Evénement - Texte : Ch­ris­tophe Vé­ri­té - Pho­tos : D.R. C. Vé­ri­té & Roc’h des Monts d’Ar­rée / FFCT

Pour cette 19e édi­tion, les Roc’h des Monts d’Ar­rée n’ont pas failli à leur ré­pu­ta­tion : tou­jours plus de monde, des cir­cuits tou­jours aus­si beaux, quoi qu’un poil plus durs, une am­biance unique et, cette an­née, un soup­çon de pluie pour ra­fraî­chir les es­prits !

Le ren­dez-vous était fixé de­puis long­temps pour al­ler « là

où la terre se fi­nit », à Huel­goat dans le Fi­nis­tère. C’est là qu’ont lieu les Roc’h de­puis main­te­nant 19 ans. Ar­ri­vée le ven­dre­di soir sous la pluie pen­dant les trois-quarts du tra­jet... La mé­téo ne lais­sait que peu de place au doute, mais à ce point, je me suis dit que j’al­lais être ser­vi. Bon, sans être mau­vaise langue, on ne vient pas en Bre­tagne pour prendre des coups de so­leil. Al­lez, on y croit, on ver­ra bien le len­de­main. Sa­me­di ma­tin, di­rec­tion le stade de Huel­goat pour mon­ter le stand. Eh oui, cette an­née, Vé­lo Tout Ter­rain était pré­sent en force ! Al­lez, au bou­lot. Le stand est mon­té, on file ré­cu­pé­rer les plaques de cadre pour pou­voir rou­ler sur l’une des onze ran­don­nées pro­po­sées cette an­née. Le sa­lon se rem­plit gen­ti­ment : outres vos ser­vi­teurs, on pou­vait dé­cou­vrir les nou­veau­tés Ra­don, Rose, du beau ma­tos chez Cy­cle­works, faire ré­pa­rer en der­nière mi­nute son vé­lo chez la Rus­tine ou flâ­ner sur d’autres stands de vê­te­ments et ac­ces­soires. Pour les plus gour­mands, les stands de crêpes, frites, ga­lettes-sau­cisses et autres bières avaient de quoi sa­tis­faire toutes les en­vies cou­pables avant d’al­ler rou­ler. Pour at­ta­quer les fes­ti­vi­tés cette an­née, trois par­cours de 15, 20 et 30 km ain­si que le Roc’h & Bosses sur 20 km sont pro­po­sés le sa­me­di. De quoi se mettre gen­ti­ment en jambes avant les gros mor­ceaux du len­de­main. Cô­té mé­téo, fi­na­le­ment et pour faire taire les mau­vaises langues, la jour­née a al­ter­né entre éclair­cies et grosses gouttes. Fins stra­tèges, nous étions à

chaque fois en sous-bois lorsque le ciel ver­sait ses larmes. C’est un mé­tier, m’sieurs, dames ! Bref, par­tis sur le 30 km, nous avons pu tes­ter la sou­plesse du ter­rain puisque dame pluie s’était éga­le­ment bien ins­tal­lée la se­maine pré­cé­dente. Bon, pour être tout à fait hon­nête, ça rou­lait pas mal, mal­gré quelques pas­sages, soit : fran­che­ment inon­dés, soit car­ré­ment à pas­ser à la nage. Har­di, com­pa­gnons ! En com­pa­gnie d’autres cou­ra­geux par­ti­ci­pants, nous avons joyeu­se­ment pa­tau­gé tout au long des 30 km du jour. Mais bon, au fi­nal, ça rou­lait presque pas mal. Ce­la dit, trente bornes avec un ter­rain dans cet état, ça va­lait bien un bon qua­rante sur le sec. Et le dé­ni­ve­lé dans tout ça ? Ma foi, ça pi­quait un peu dans cer­taines mon­tées, mais ce­la res­tait fai­sable. Al­lez, re­tour sur le sa­lon pour fi­nir l’après-mi­di en beau­té, hor­mis le look « j’me suis rou­lé dans la boue » sur le stand. Pas de ja­loux, nous étions toutes et tous dans le même état. Et comme tout Roc’h qui se res­pecte, vers 19h, nous étions près de 780 à conver­ger vers le gym­nase pour dé­gus­ter le tra­di­tion­nel Fest Noz des Roc’h avec son le Kig ha farz. Aus­si dif­fi­cile à épe­ler qu’à di­gé­rer, sur­tout vu les por­tions pour hommes dis­tri­buées, ce plat bien lo­cal a fait le bon­heur de toutes et tous. En sup­plé­ment gra­tuit, le concert a ryth­mé le re­pas qui, pour cer­tains, s’est ter­mi­né un peu tard. Pas rai­son­nable tout ça, vu le pro­gramme du len­de­main !

Di­manche pour le gros des troupes

Pour les plus cou­ra­geux, les pre­miers dé­parts ont eu lieu vers 6h du mat’, à la fraîche pour at­ta­quer les par­cours les plus longs, les 100 et 120 km. Il fal­lait bien ça pour per­mettre à tous de ter­mi­ner dans les temps, à sa­voir vers 19h au maxi­mum, avant que l’évé­ne­ment se ter­mine. Les dé­parts se sont en­suite éta­lés jusque vers 9h30 en­vi­ron pour les par­cours de 40 et 50 km. Ce­la dit, les dé­parts étaient re­la­ti­ve­ment libres, dans la me­sure où il ne s’agit pas d’une com­pé­ti­tion et donc, pas de clas­se­ment à l’ar­ri­vée. L’es­sen­tiel, en de­hors de par­ti­ci­per, c’est sur­tout de ter­mi­ner ! Dé­part sous la gri­saille donc en ce di­manche. Vu les pré­vi­sions des jours pré­cé­dents, c’est presque un bon­heur de rou­ler sous les cu­mu­lus. Le ter­rain est tou­jours aus­si... souple, mais on ne fait pas les fines bouches. Le tra­cé du 40 km est tip-top : en­chaî­ne­ments de sous-bois, landes gar­nies de bruyères, avec par en­droits, une vue spec­ta­cu­laire sur les monts d’Ar­rée. C’est aus­si ça, les Roc’h : le plai­sir de rou­ler mais aus­si d’em­bras­ser d’un seul coup d’oeil un pa­no­ra­ma em­prunt de ver­dure. Gra­nits ma­jes­tueux, chaos ro­cheux, toute LA Bre­tagne est là, sous nos yeux et nos pneus. Après ces mo­ments d’ex­tase, nous avons conti­nué notre bon­homme de che­min, par­fois sous

la pluie, par­fois sous le ciel gris, au choix. Bref, ces 40 bornes sont pas­sées comme une lettre à la Poste ou presque. Ça ti­rait un peu dans les mol­lets, rap­port au ter­rain. Mais c’est tou­jours aus­si bon de rou­ler. Sur­tout que nous n’étions pas seuls, loin de là : 5 741 ins­crits rien que le di­manche. En cu­mu­lant toutes les ac­ti­vi­tés, car il y avait aus­si des marches or­ga­ni­sées chaque jour, ce sont près de 6 904 par­ti­ci­pants qui sont ve­nus cette an­née. Aux dires des or­ga­ni­sa­teurs, la deuxième meilleure édi­tion de­puis la créa­tion des Roc’h ! Le re­tour sur Huel­goat et son stade s’est fait en pas­sant près de la roche trem­blante : un pe­tit caillou de 137 tonnes que l’on peut faire bou­ger d’une seule pous­sée de la main (bon, d’ac­cord, plu­tôt du corps, mais quand même !) grâce à l’éro­sion qui l’a lais­sé en équi­libre plu­tôt stable, vu le nombre de pé­quins qui ont ten­té leur chance au fil des an­nées. Pas­sé cet in­ter­mède, il nous res­tait quelques ki­lo­mètres pour re­joindre le sa­lon et la ligne d’ar­ri­vée au sec, mais pas pour long­temps, puisque la pluie s’est de nou­veau in­vi­tée vers 14h pour ne plus nous lâ­cher jus­qu’au dé­part...

En 2018, les 20 ans des Roc’h se­ront cé­lé­brés !

Ve­nir aux Roc’h est tou­jours am­bi­va­lent : d’un cô­té on se dit que l’on a une chance sur deux de se faire rin­cer co­pieu­se­ment, même si les nom­breuses édi­tions pré­cé­dentes viennent dé­men­tir cette crainte, cô­té sta­tis­tiques, et de l’autre, on se dit que la qua­li­té des par­cours, leur nombre et leur va­rié­té ne peuvent que nous faire ve­nir, même de loin puisque cette an­née, pas loin de 76 dé­par­te­ments étaient re­pré­sen­tés. Beau­coup de lo­caux bien sûr, mais énor­mé­ment de gens qui par­courent plu­sieurs cen­taines de ki­lo­mètres pour ve­nir rou­ler. Il suf­fit d’y al­ler une fois pour avoir en­vie d’y re­ve­nir. Et je ne parle pas des spé­cia­li­tés cu­li­naires lo­cales, pour qui on se­rait prêt à faire le tra­jet à vé­lo... A l’ins­tar du co­chon, tout est bon dans les Roc’h ! Pour être plus sé­rieux, seuls ceux qui sont ve­nus peuvent com­prendre et nous vous at­ten­dons dé­jà pour l’édi­tion 2018, les 8 et 9 sep­tembre, dont quelques dé­tails sont dé­jà en ligne, et pas des moindres. Une nou­velle épreuve est au ca­len­drier : l’Ul­tra Roc’h, 200 km sur deux jours, une pe­tite ba­lade al­ler­re­tour de Huel­goat jus­qu’à Mé­nez Hom au coeur du parc na­tu­rel d’Ar­mo­rique. At­ten­tion, seules 500 places sont dis­po­nibles et il fau­dra cam­per le soir, ou vous dé­brouiller par vos propres moyens ! Mieux vau­dra un bon lit pour di­gé­rer les 4 000 m de dé­ni­ve­lé pré­vus. En at­ten­dant ces ré­jouis­sances qui mar­que­ront éga­le­ment les 20 ans de l’évé­ne­ment, il ne vous reste plus qu’à co­cher les dates sur vos ca­len­driers, ai­gui­ser vos mol­lets et pré­pa­rer vos es­to­macs. Dieu qu’il était dur à di­gé­rer ce Kig ha farz...

8. Chaque par­ti­ci­pant est re­par­ti avec son ma­ga­zine ! Mer­ci qui ? 9. Tout le week-end, vous êtes pas­sés nom­breux sur notre stand. Mer­ci ! 10. Oui, oui, il y a bien 11 pi­gnons sur ce Rose, m’sieur ! 11. Beau­coup de cu­rieux aus­si chez Cy­cle­works avec...

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7 5. Le sa­me­di, les pas­sages en fo­rêt étaient de toute beau­té, entre deux averses ! 6. C’est par houx ? Ok, je sors... 7. La roche trem­blante de Huel­goat : on a es­sayé !

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2 1. Am­biance... heu... chaude le sa­me­di soir au Fest Noz ! Les Roc’h, c’est avant tout de la bonne hu­meur et se faire plai­sir ! Les plus pe­tits ont pu se tes­ter sur les par­cours d’ini­tia­tion le sa­me­di. 500 bé­né­voles, c’est ce qu’il faut pour faire...

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Am­biance au Fest Noz !

16 13. Ce n’était pas le Ba­gad de Lann. Bi­houé, mais ils ont chauf­fé comme il faut le sa­lon ! 14. Cos­taud le Kig ha farz du fest noz ! 15. Ah, le p’tit déj’ du di­manche ma­tin ! Fal­lait bien ça pour se mettre en route, non ? 16. A l’ombre des pins...

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