Me­ri­da E One-20 800

Pour cette nou­velle sai­son, Me­ri­da pro­pose en­fin un vrai VTTAE digne du nu­mé­ro un mon­dial. Cet eOne-20 est un pro­duit fa­cile à prendre en main et par­fai­te­ment adap­té à la ran­don­née spor­tive. S’il est fa­cile à uti­li­ser sur une ran­do spor­tive, il fau­dra un

Vélo Tout Terrain - - SOMMAIRE - Texte : Ben­ja­min La­coste - Pho­tos : T.Z. et B.L.

Voi­ci le nou­vel e0ne-20 dans sa dé­cli­nai­son 800. Au me­nu, un mo­teur Shi­ma­no « adap­té » sur le châs­sis One-20 lan­cé l’an­née der­nière. On no­te­ra un po­si­tion­ne­ment de la bat­te­rie Shi­ma­no de 504 Wh re­la­ti­ve­ment vertical, tout en l’in­té­grant dans le tube dia­go­nal. De quoi évi­ter d’alour­dir la di­rec­tion. Tech­ni­que­ment, pas de sur­prise pour ce vé­lo taï­wa­nais qui joue la carte du passe-par­tout. Dans cette ver­sion 800, l’équi­pe­ment est propre, avec no­tam­ment une trans­mis­sion Shi­ma­no XT qui fait ce­pen­dant l’im­passe sur les ma­nettes. Il s’agit des Shi­ma­no SLX qui manquent clai­re­ment de sen­si­bi­li­té pour vous in­di­quer que vous chan­gez de rap­port. En re­vanche, la cas­sette 11x46 est la bien­ve­nue pour élar­gir le champ d’usage de ce vé­lo. Sur le ter­rain, le Me­ri­da est court en tube su­pé­rieur, une ca­rac­té­ris­tique spé­ci­fique aux VTTAE. Avec 435mm d’al­longe as­so­ciés à la pe­tite po­tence de 55 mm, d’ori­gine po­sée haute, la di­rec­tion du Me­ri­da est par­ti­cu­liè­re­ment vive. A faible vi­tesse, im­pos­sible de sen­tir la sur­charge pon­dé­rale du vé­lo. La roue avant tourne sans for­cer sur le gui­don. Un com­por­te­ment as­sez sé­dui­sant lors­qu’il s’agit de tour­ner au­tour d’un arbre ou d’en­chaî­ner des vi­rages ser­rés à faible al­lure. Avec la vi­tesse, c’est une autre his­toire. Pour en­chaî­ner les suc­ces­sions de vi­ro­lots à pleine vi­tesse, il fau­dra jouer des épaules, en for­çant le geste, et ne pas hé­si­ter à tâ­ter du frein ar­rière pour le faire tour­ner. Car dans ces condi­tions, il est dif­fi­cile de lui faire le­ver la roue avant (bases de 440 mm…) pour l’ins­crire dans le sui­vant. On joue­ra sur la dis­po­ni­bi­li­té du mo­teur pour se re­lan­cer en sor­tie de vi­rage, afin d’at­ta­quer la suite. Une di­rec­tion souple, donc, mais qui a néan­moins un re­vers. Dans les côtes, no­tam­ment, il faut mi­ni­mi­ser les mou­ve­ments sur le cintre pour ne pas des­si­ner des « S » au sol. Un phé­no­mène d’au­tant plus am­pli­fié que la géo­mé­trie a ten­dance à pous­ser le poids du pi­lote vers l’ar­rière en côte, ce qui dé­leste in­évi­ta­ble­ment la roue avant. On a alors la ten­ta­tion de blo­quer l’amor­tis­seur ar­rière pour re­le­ver l’ar­rière en li­mi­tant son af­fais­se­ment. Mal­heu­reu­se­ment, il se bloque trop pour amor­tir les ra­cines et autres pierres… Il ne reste plus qu’à se pen­cher un peu plus vers l’avant ou à mon­ter par­fois en dan­seuse. Dans ces condi­tions, le mo­teur Shi­ma­no agit tou­jours avec fi­nesse, dé­li­vrant un couple doux en mode Trail (in­ter­mé­diaire), qui vous fe­ra pas­ser qua­si­ment par­tout. Ce­pen­dant, sur notre mo­dèle, nous avons no­té un es­souf­fle­ment du mo­teur dans les gros rai­dards, es­souf­fle­ment que même le mode Boost ne pour­ra com­pen­ser. A sur­veiller. Cô­té frei­nage, les freins Shi­ma­no SLX, cor­rects sur un VTT clas­sique, sont mis ici à rude épreuve. Mal­gré les gros disques, la puis­sance n’est pas là et dans la pente, ils ont du mal à faire face à l’af­flux de poids. Ça ra­len­tit plus que ça ne freine. C’est dom­mage car le vé­lo est glo­ba­le­ment stable et ses sus­pen­sions font un très bon tra­vail. La

Ro­ckS­hox Ya­ri à l’avant est par­fai­te­ment di­men­sion­née pour l’usage et Me­ri­da a eu la bonne idée de mettre trois cales dans la chambre d’air, ce qui li­mite la plon­gée au frei­nage et l’ar­ri­vée en bu­tée trop ra­pide sur les sauts.

A l’ar­rière, avec 30% de pré­con­trainte, la sus­pen­sion donne ce qu’elle a de mieux pour un usage spor­tif. Confor­table à basse vi­tesse, bien re­te­nue sur les chocs in­ter­mé­diaires, elle a même la dé­li­ca­tesse de ne pas vous no­ti­fier qu’elle ar­rive en fin de course. Ce­pen­dant, pour un usage plus vi­ril, com­pre­nez avec des sauts et autres des­centes tech­niques par­se­mées de pierres, elle mon­tre­ra ses li­mites, à moins de ra­jou­ter une cale dans la chambre d’air de l’amor­tis­seur. Ce­la com­pen­se­ra no­tam­ment le manque d’hy­drau­lique en com­pres­sion haute vi­tesse. Par ailleurs, c’est aus­si là que le vé­lo montre ses li­mites, mal­gré ses gros pneus qui vous mettent dans de bonnes dis­po­si­tions. Avec une hau­teur du boî­tier de pé­da­lier ju­di­cieu­se­ment po­si­tion­née et des bases de 440 mm, l’eOne-20 de­vrait avoir un com­por­te­ment stable. C’est en par­tie vrai car la di­rec­tion manque de consis­tance, plus la vi­tesse aug­mente. Elle reste trop vive et manque cruel­le­ment d’angle. Un de­gré de moins au­rait été ju­di­cieux et ce­la n’au­rait pas dé­na­tu­ré le vé­lo pour le reste de son usage. Puis­qu’on est sur les pe­tits dé­fauts, on no­te­ra l’ab­sence de jantes tu­be­less ; or, à 1,2 bar de pres­sion, les chambres ont vite en­vie de pin­cer dans les cailloux. En­fin, le câble de la tige de selle s’est dé­ta­ché et pour le re­fixer, il a fal­lu re­ti­rer le mo­teur afin d’avoir ac­cès à la gaine… Voi­ci un pro­duit vrai­ment agréable à rou­ler, pro­fi­tant d’un mo­teur souple et pas trop pré­sent, et sur­tout peu gour­mand. Comp­tez fa­ci­le­ment 60 km avec 1 300 m de dé­ni­ve­lé po­si­tif.

ME­RI­DA E ONE-20 800

ON AIME La dou­ceur et l’au­to­no­mie du mo­teur Shi­ma­no • Di­rec­tion lé­gère • Fa­cile dans les pas­sages lents ON RE­GRETTE Mé­ri­te­rait plus d’angle à l’avant pour plus de sta­bi­li­té dans la pente • Mon­tage non tu­be­less

Parce qu’elle est ergonomiqu­e, on joue vrai­ment avec la ma­nette pour pas­ser les dif­fé­rents modes d’as­sis­tance. Juste gé­nial !

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