24 heures avec MSC Tires

Dis­tri­bu­teur de Maxxis sur l’Eu­rope du Sud pen­dant plus d’une dé­cen­nie, MSC a au­jourd’hui dé­ci­dé de se lan­cer dans l’aven­ture du pneu­ma­tique en son nom propre. Il faut dire que l’ex­pé­rience ac­quise au­près d’un des plus grands ma­nu­fac­tu­riers de la pla­nète

Vélo Tout Terrain - - CONTENTS - Texte et pho­tos : Ben­ja­min La­coste

Entre les pneu­ma­tiques et MSC, on peut dire qu’il y a comme une his­toire d’amour.

Nous sommes au dé­but des an­nées 2000, ou fin des 90 se­lon que vous ai­mez les verres à moitié vides, ou à moitié pleins, Maxxis n’est en­core pas connu en Eu­rope. A cette époque, Luis Marías Sor­ribes, qui vient de mon­ter MSC Bikes, dé­marche le ma­nu­fac­tu­rier. Le cou­rant passe entre les deux hommes d’af­faires. Il va s’en­suivre plus de dix an­nées du­rant les­quelles le pe­tit es­pa­gnol va faire de la marque taï­wa­naise un in­con­tour­nable dans le sec­teur du vé­lo eu­ro­péen. Les re­la­tions sont telles que le ma­nu­fac­tu­rier va al­ler jus­qu’à col­la­bo­rer avec Fer­ran Marías Sor­ribes, fils de Luis, pour dé­ve­lop­per de nou­veaux des­sins de pneus. Et puis comme ce­la ar­rive par­fois dans un couple, les choses ont évo­lué. A la tête de Maxxis, l’or­ga­ni­sa­tion bouge, une nou­velle gé­né­ra­tion de di­ri­geants se met en place, les stra­té­gies de dé­ve­lop­pe­ment évo­luent, et mal­gré la po­si­tion de pre­mier dis­tri­bu­teur de la marque en Eu­rope (ima­gi­nez que MSC dis­po­sait en per­ma­nence de 2 mil­lions d’eu­ros de stock de pneu­ma­tiques Maxxis), l’Es­pa­gnol est écar­té des pro­jets d’ave­nir. Fort heu­reu­se­ment, en vieux bris­cards des af­faires, la fa­mille Marías Sor­ribes a sen­ti le vent tour­ner et de­puis trois ans s’était mis à tra­vailler sur leurs propres mo­dèles de pneu­ma­tiques. Après plu­sieurs tests in­fruc­tueux avec un four­nis­seur, c’est fi­na­le­ment vers une boîte mon­tée il y a quelque temps par d’an­ciens in­gé­nieurs de chez Maxxis, iro­nie du sort, que la nou­velle his­toire de MSC Tires va s’écrire. Le pro­jet c’est de vendre 150000 pneu­ma­tiques (toutes pra­tiques confon­dues) à l’ho­ri­zon 2019. Pour ce­la, il n’est pas ques­tion de se lan­cer dans des consi­dé­ra­tions mar­ke­ting à tout-va, mais de faire dans le prag­ma­tique : chaque pro­duit se­ra com­pré­hen­sible de tous, à com­men­cer par son nom qui évo­que­ra l’usage à en faire. Au dé­but, l’offre se concen­tre­ra sur des pra­tiques

Le choix de par­tir sur un prix com­pé­ti­tif ne doit pas faire ou­blier que le pro­duit est vrai­ment haut de gamme

gé­né­ra­listes : route, cross-coun­try, trail, et un peu en­du­ro. Après vien­dra plus de spé­cia­li­sa­tion en fonc­tion de la pra­tique, du ter­rain, des condi­tions cli­ma­tiques pré­cises, etc... Mais avant il a fal­lu construire le pneu­ma­tique. Et comme le ré­pète Fer­ran Marías Sor­ribes, ce­la passe par trois élé­ments. D’abord la car­casse qui doit être ri­gide tout en ayant de la flexi­bi­li­té. L’ob­jec­tif était d’être à la hau­teur de celle de Maxxis, nor­mal tant elle est une ré­fé­rence. Grâce au tra­vail réa­li­sé avec les ex-in­gé­nieurs de la marque, le but a été ra­pi­de­ment at­teint au point même de dé­pas­ser le maître se­lon l’Es­pa­gnol. Deux car­casse se­ront pro­po­sées : Pro Shield (tis­su ren­for­cé mais avec un la­té­ral plus fin) et le Su­per Shield qui of­fri­ra plus de pro­tec­tion. Et puis il y a la gomme. Là, c’est plus dur de trou­ver le bon mé­lange pour ar­ri­ver au ré­sul­tat es­comp­té, car tout se fait en Chine. Alors for­cé­ment, ça prend du temps à pré­pa­rer, en­voyer, pour faire les tests ter­rains ici en Es­pagne. Des fois, la gomme est top pour le cross-coun­try, un ren­de­ment de fou, mais après deux jours de rou­lage, les cram­pons se dé­chi­quettent, bons à mettre à la pou­belle. Donc ça re­part en la­bo, etc... Si le triple com­pound, c’est-à-dire la com­bi­nai­son de trois du­re­tés de gomme est fi­na­le­ment le meilleur com­pro­mis, MSC Tires va pro­po­ser aus­si des doubles et simples den­si­tés de gomme, afin d’avoir une large gamme de prix. D’au­tant qu’en cross-coun­try, le double den­si­té est lar­ge­ment in­té­res­sant (moins lourd par exemple). Et il reste le des­sin. Là, Fer­ran Marías Sor­ribes fait par­ler son ex­pé­rience, et on peut dire qu’elle est plu­tôt bonne quand on ap­prend que le Race TT, l’Ar­dent ou en­core le Mi­nion sont nés ici à Gavà dans la ban­lieue de Bar­ce­lone. Ne soyez donc pas éton­nés lorsque vous ver­rez les pneus MSC Tires avec des si­mi­li­tudes. Mais par exemple si l’on prend le Rol­ler, il est en fait l’évo­lu­tion de ce qu’au­rait dû être le Race TT de Maxxis, en pas­sant de 3 à 5 lignes de cram­pons. Tous ces pneus ar­rivent dès à pré­sent dans les ma­ga­sins, et conti­nue­ront d’évo­luer au fil des mois pour pro­po­ser une offre plus com­plète et aus­si in­no­vante (un pneu qui com­pen­se­rait l’iner­tie des roues 29’’ ça vous di­rait ?). A suivre de près donc!

L’IM­PRI­MANTE 3D Au­jourd’hui, l’im­pri­mante 3D fait ga­gner un temps consi­dé­rable aux in­gé­nieurs. Elle per­met de don­ner vie au pro­jet, et de se rendre ra­pi­de­ment compte des er­reurs à rec­ti­fier avant de faire le moule dé­fi­ni­tif de l’em­preinte.

LE DES­SIN L’his­toire com­mence souvent par un des­sin grif­fon­né sur le coin d’une table. Fer­ran Marías Sor­ribes est à la ma­noeuvre. On lui doit no­tam­ment le des­sin Maxxis Race TT, de l’Ar­dent et même du Mi­nion. Beau C.V. !

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