Mi­nute de Vé­ri­té

Vélo Tout Terrain - - SOMMAIRE - par Ch­ris­tophe Vé­ri­té

Cet été a été mar­qué par une pe­tite ré­vo­lu­tion. Pas que l’on ait ré­in­ven­té la roue ou trou­vé la so­lu­tion pour avoir des vé­los à moins de 4 kg, non, rien d’aus­si ex­cen­trique. Ce­la au­rait pour­tant été une vraie avan­cée ! Mais non. Ce qui a bou­le­ver­sé cet été 2018, c’est que le sa­lon Eu­ro­bike a eu lieu dé­but juillet et non fin août comme c’était le cas de­puis sa créa­tion il y a... un bon mo­ment. Je sais bien que pour vous, gen­tils lec­teurs, ce­la n’a pas d’in­ci­dence sur votre quo­ti­dien et votre fa­çon de rou­ler. Je pense même que vous vous en fou­tez roya­le­ment. C’est vrai quoi. En quoi ce­la vous concerne-t-il ? Quel im­pact ce­la va-t-il avoir de connaître les nouveautés presque deux mois plus tôt qu’à l’ha­bi­tude ? Pour vous ? Au­cun. Pour nous ? Heu... di­sons que ce­la nous per­met­tra de pas­ser des va­cances plus tran­quilles, sans avoir à pen­ser à ce sa­lon juste après avoir pas­sé quelques se­maines les pieds en éven­tail. Pour les marques ? Là, gros im­pact, car il leur a fal­lu bos­ser plus vite qu’à l’ac­cou­tu­mée pour être dans les temps pour pré­sen­ter leurs nouveautés à nos pe­tits yeux avides de tout sa­voir. Bon, et si­non ? Ben... c’est tout. Ah, si, j’ou­bliais. A part une lé­gère pau­pé­ri­sa­tion des stands et de l’af­fluence dans les al­lées, qu’avons-nous vu ? De belles choses. Des choses tou­jours aus­si bar­rées sur cer­tains stands dont il est pieu de taire le nom ici. De beaux pro­duits. De bonnes idées. D’autres... moins abou­ties. Mais tou­jours de quoi nous faire sa­li­ver pour les an­nées à ve­nir, soyez-en cer­tains. Et si vous en dou­tez, nous avons (encore) fait le plein de nouveautés... élec­triques. A ne pas en dou­ter, l’avenir se­ra en watts et pas au­tre­ment. Ou alors, il y au­ra les watts et quelques bri­coles à cô­té. Nul n’au­rait pu pré­dire que l’as­cen­sion de ce phé­no­mène au­rait pu prendre au­tant d’am­pleur et sur­tout, aus­si vite. Des quelques as­sem­blages à la va-vite au dé­but, aux mo­dèles 2019 qui vont ar­ri­ver, l’évo­lu­tion est co­los­sale, sur­tout en si peu de temps. Des mo­teurs puis­sants, avec tou­jours plus de couple (120 Nm quand nous sommes au­tour de 90 ac­tuel­le­ment en pointe !), des bat­te­ries pro­po­sant des au­to­no­mies tou­jours plus grandes et, dans les an­nées à ve­nir, des for­mats de mo­teur encore plus com­pacts. Des char­geurs à l’am­pé­rage éle­vé qui per­mettent de char­ger presque deux fois plus vite les bat­te­ries ac­tuelles. Des consoles plus pe­tites, en cou­leur, connec­tées et ul­tra com­plètes. Et que dire des châs­sis ! Adap­tés, per­for­mants, tou­jours plus lé­gers dans les­quels on in­tègre dores et dé­jà les feux, les ac­ces­soires. Tiens, ça ne vous rap­pelle rien tout ça ? Cadre com­pacts, lu­mières in­té­grées, mo­to­ri­sa­tion plus puis­santes. Mais oui ! C’est une... mo­to ! Ah, non, on me dit dans l’oreillette que c’est bien un vé­lo à as­sis­tance élec­trique. Mais on parle aus­si de pous­ser la li­mite des sa­cro-saints 25 km/h d’as­sis­tance jus­qu’à 30 km/h, en ac­cord avec la lé­gis­la­tion eu­ro­péenne. Mouais, on ver­ra ce que ça donne. Si­non, il y a aus­si les speed-bikes qui roulent jus­qu’à 45 km/h. Mais chut... on n’en parle pas car ce ne sont plus des vé­los. Par contre, si ma mé­moire est bonne, 45 km/h, c’est la vi­tesse lé­gale d’un... scoot 50 cm3. Alors, la ques­tion que je pose est mul­tiple. Faut-il à ce point aug­men­ter la vi­tesse d’as­sis­tance ? Est-ce bien né­ces­saire pour rou­ler dans les bois ? Et que dire de ces pre­miers cham­pion­nats de France VTTAE qui ont sa­cré Ju­lien Ab­sa­lon et Na­dine Sa­pin ? Bien, pas bien ? Di­sons qu’ils ont eu le mé­rite d’exis­ter, mais, comme le cir­cuit de Coupe de France clas­sique, est-ce bien un re­flet de la vraie pra­tique ? Je dis ça, parce que la Fé­dé­ra­tion Fran­çaise de Mo­to­cy­clisme (FFM) lorgne de­puis un bon mo­ment sur nos p’tits VAE afin de les in­clure sous leur tu­telle. Et que dire de ce cham­pion­nat de France « bis » (E-VTT en­du­ro sous li­cence VTT AE FFM sur 5 étapes pré­vues) sous l’égide de cette même fé­dé qui voit là un bon moyen de gros­sir ses rangs en ra­mas­sant les pra­ti­quants de VTTAE en son sein ? Se­rait-ce un bien pour le VTTAE de quit­ter la sphère vé­lo ? Pas sûr. Car ce­la ris­que­rait de can­ton­ner l’usage du VTTAE, au même titre que ce­lui des mo­tos en fo­rêt : interdit ! Eh oui ! Si votre VAE est af­fi­lié à une fé­dé­ra­tion de mo­to, il semble logique que vous ayez les mêmes contrainte­s. Mais tout ce beau monde semble ou­blier un pe­tit dé­tail, trois fois rien en somme : les pra­ti­quants. De quel droit ose-t-on af­fi­lier une nou­velle dis­ci­pline sans, au mi­ni­mum, consul­ter ceux qui la pra­tiquent ? Peut-être que l’en­jeu fi­nan­cier est tel que ces chères têtes pen­santes se disent qu’au fi­nal, les mou­tons sui­vront ? At­ten­dez qu’on vous oblige à prendre une as­su­rance et une pla­quette d’im­ma­tri­cu­la­tion et on en re­parle, hein ? Aux armes, ci­toyens !

Le VTTAE est-il une mo­to ?

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