Mi­nute de Vé­ri­té

Vélo Tout Terrain - - SOMMAIRE - Par Ch­ris­tophe Vé­ri­té

Peut-être avez-vous vu ou en­ten­du pas­ser l’in­fo, mais notre gou­ver­ne­ment va in­ves­tir 350 mil­lions d’Eu­ros sur sept ans pour dé­ve­lop­per un plan vé­lo ! Wa­hou ! Ça, c’est de la bonne nou­velle, non ?

Si on fait un cal­cul simple, ce­la re­vient à consa­crer en­vi­ron 0,7 € par an et par ha­bi­tant pour dé­ve­lop­per le vé­lo. Une paille. Et l’am­bi­tion ul­time de nos chères têtes pen­santes est de por­ter à 9% la part des dé­pla­ce­ments à vé­lo d’ici l’ho­ri­zon 2024. Sa­chant que nous en sommes ac­tuel­le­ment à 3% pour les tra­jets do­do-bou­lot, ça fait pas mal de pain sur la plan­chette. Je ne sais pas vous, mais moi, si je de­vais choi­sir entre ma ba­gnole ou ma bé­cane qui sont des gouffres en es­sence à l’an­cienne et qui peuvent coû­ter un bras, voire les deux, en en­tre­tien à l’an­née suite à un usage quo­ti­dien, je me jet­te­rais comme un as­cète en fin de diète sur le pre­mier vé­lo qui dé­pas­se­rait de mon ga­rage ! Bon, en toute hon­nê­te­té, je n’ai pas à faire ce choix puisque là, au mo­ment où j’écris ces lignes et de­puis quelques an­nées dé­jà, j’ai la chance de tra­vailler de chez moi. Et sa­chant que les bu­reaux de notre vé­né­rable ma­ga­zine sont à plus de 700 km, ça pi­que­rait les mol­lets d’y al­ler en pé­da­lant. Quoi qu’il en soit, si je de­vais choi­sir, ce se­rait vite vu. Dé­jà, parce que j’aime ça (pé­da­ler, hein !), en­suite parce que ce­la pol­lue moins (si on prend en compte la fac­ture car­bone-com­po­site de la fa­bri­ca­tion de nos vé­los) et aus­si parce que ça coûte beauuuuuu­coup moins cher et que ça fait beauuuuuu­coup de bien dans mon corps. Mais pour re­ve­nir à cette dé­ci­sion his­to­rique (au­cun gou­ver­ne­ment n’a ja­mais consa­cré au­tant de pé­pettes au vé­lo), ce­la ne s’ar­rête pas là. Se­lon des études éta­blies par des gens bien sous tous rap­ports, il pa­raît que 2% de la po­pu­la­tion fran­çaise adulte (dont une ma­jo­ri­té de femmes) ne sait pas faire de vé­lo… Quoi ? Et vingt autres pour­cents se disent « peu à l’aise sur un vé­lo. » Le plan vé­lo pré­voit donc de rendre un ap­pren­tis­sage à l’école obli­ga­toire, dès le pri­maire. Ça, c’est bien aus­si ! Et il se­ra plus fa­cile de ré­vi­ser son vé­lo que sa gram­maire ou ses maths il me semble ! Mais par contre, si l’école four­nit bien le fier des­trier pour les le­çons d’ap­pren­tis­sage, qu’en se­ra-t-il à la mai­son ? Même si notre ex­cellent dos­sier du mois pas­sé pour rou­ler avec vos bam­bins vous pro­po­sait des vé­los à par­tir de 300 €, en­core faut-il : 1) ache­ter le­dit vé­lo, 2) pou­voir le sto­cker, 3) prendre le temps de rou­ler avec sa pro­gé­ni­ture. Très com­pli­qué pour nombre d’entre vous. Donc, l’idée de base n’est pas mau­vaise, mais, comme pour le reste de l’ap­pren­tis­sage à l’école, il faut que ça suive à la mai­son. Autre point qui peut cha­touiller : l’im­ma­tri­cu­la­tion des vé­los neufs ou d’oc­ca­sion pour lut­ter contre le vol des quelques 300000 vé­los par an ac­tuel­le­ment. Mouais. Pour moi, im­ma­tri­cu­la­tion = fli­cage et amendes, comme tout bon conduc­teur pos­ses­seur d’un per­mis. Et non me­sure an­ti­vol. Per­so, de­puis que je roule sur un vé­lo, je n’ai ja­mais eu à dé­plo­rer de vol. Parce que je suis at­ten­tif, prudent, et que j’an­ti­cipe avant de pleu­rer quelques mil­liers d’eu­ros par­tis en deux se­condes d’in­at­ten­tion. Et il me semble aus­si que chaque vé­lo a un nu­mé­ro de sé­rie, bien suf­fi­sant pour iden­ti­fier un pro­duit vo­lé ; dans ce cas, pour­quoi im­ma­tri­cu­ler en plus ? Peut-être pour ver­ba­li­ser plus fa­ci­le­ment en ville, où les hordes de ca­mé­ras vous traquent (1300 + 13000 en es­pace pu­blic type RATP, etc...) rien qu’à Pa­ris ? Pour re­ve­nir à nous mou­tons, le plan vé­lo en l’oc­cur­rence, il fau­dra voir si au bout de ces sept ans, les 350 M€ sont bien ar­ri­vés à des­ti­na­tion et que leur usage a été bon. Car il se­ra à la charge des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales de gé­rer ces fonds pour dé­ve­lop­per les in­fra­struc­tures et as­su­rer ain­si la “conti­nui­té” des pistes cy­clables ac­tuelles. Ga­rages à vé­los sé­cu­ri­sés, ponts, tun­nels et j’en passe, sont au pro­gramme des ré­jouis­sances. C’est bien, c’est vrai. Mais qu’en est-il du VTT ? Car là, on ne parle que du vé­lo en ville. Or, bon nombre de gens ne vivent pas là. Et pra­tiquent en mode spor­tif. Dé­ve­lop­per les iti­né­raires la­bel­li­sés par exemple ? Pas au pro­gramme... Et là, comme un éclair qua­si di­vin, une idée m’en­va­hit : plu­tôt que de fi­ler des primes (ré­duites de­puis peu d’ailleurs) à l’achat ou d’ins­tau­rer une in­dem­ni­té ki­lo­mé­trique pour ceux qui iraient au taf à vé­lo, pour­quoi ne pas faire plus simple et plus fac­tuel : bais­ser ou an­nu­ler la TVA sur les vé­los. Rien de mieux qu’une bonne taxe en moins pour do­per les ventes il me semble. 400 € de moins sur un vé­lo à 2000 €, ça, c’est du concret et ce­la fa­vo­ri­se­rait l’es­sor du vé­lo. Mais c’est moins mé­dia­tique qu’une an­nonce à 350 mil­lions d’Eu­ros et ça rap­por­te­rait moins aus­si. CQFD.

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