DÉ­COU­VERTE : Le mont ( Fan) Fa­ron

Vélo Tout Terrain - - DÉCOUVERTE : LE MONT ( FAN) FARON -

Sou­ve­nez-vous, der­niè­re­ment, je vous ai par­lé de la fo­rêt de Ja­nas. Dans notre dé­cou­verte de nou­veaux spots, à la suite du déménageme­nt de VTOPO dans le Var, je conti­nue à vi­si­ter ou re­vi­si­ter cer­tains spots. Le Mont Fa­ron fait par­tie de ma liste.

Même si nous y avions rou­lé avec le crew VTOPO, c’était il y a dix ans main­te­nant. Entre temps les choses ont dû chan­ger. Pour s’en rendre compte, un seul moyen : faire comme Saint Tho­mas, croire uni­que­ment ce qu’on voit ! Je suis chan­ceux car le spot n’est pas loin de la mai­son. En un peu plus de vingt mi­nutes, je suis au pied de la mon­tagne. Pour m’ac­com­pa­gner, c’est Jé­ré­my Mat­teo, pho­to­graphe et réa­li­sa­teur de ta­lent, qui se charge de cou­vrir cette jour­née. Na­tif de Mar­seille, il vit dé­sor­mais à Lille, mais il re­des­cend ré­gu­liè­re­ment dans le Sud pour voir sa fa­mille. Et avec les fêtes de fin d’an­née, c’était le mo­ment par­fait pour se croi­ser. D’au­tant plus que la météo nous est fa­vo­rable. De­puis des jours, nous avons un cli­mat très ca­li­for­nien ! Grande dou­ceur, pas de vent, ciel lu­mi­neux, c’est in­croyable. J’ai même pu consta­ter jus­qu’à 7 de­grés d’écart à la même heure, entre le bord de mer et l’in­té­rieur des terres… Faut-il se ré­jouir de ce chan­ge­ment cli­ma­tique ? La ques­tion est po­sée. Mais en at­ten­dant, il fait le bon­heur de ceux qui pra­tiquent leur sport à l’ex­té­rieur. Alors, nous al­lons en pro­fi­ter, c’est cer­tain. Néan­moins le jour J, le mis­tral s’est le­vé dans la val­lée du Rhône, il souffle fort dans les Bouches-duR­hône. Une alerte météo est même en vi­gueur

La jour­née s’or­ga­nise au­tour du té­lé­phé­rique du mont Fa­ron en com­pa­gnie de Ke­vin qui y tra­vaille

de­puis ce ma­tin. Jé­ré­my me re­joint très tôt, mais ici le vent ne s’est pas en­core le­vé. Ar­ri­vés à Tou­lon, au pied du mont Fa­ron, nous sommes at­ten­dus par Ke­vin. C’est notre bible lo­cale. Ke­vin tra­vaille au té­lé­phé­rique du mont Fa­ron. Même s’il est en main­te­nance ac­tuel­le­ment (pas Ke­vin, le té­lé­phé­rique !), c’est tout l’in­té­rêt de ve­nir rou­ler ici. Car on laisse son vé­hi­cule en bas et on or­ga­nise sa jour­née au­tour du té­lé­phé­rique ! Plan­tons un peu le dé­cor. Le mont Fa­ron avec ses 584 m près du fort de la Croix Fa­ron, c’est une mon­tagne dans la ville. Faut-il le rap­pe­ler, mais Tou­lon, c’est au bord de mer. Donc ce­la com­mence à faire un peu de dé­ni­ve­lé. Pour cer­taines des­centes, il faut presque comp­ter 400m de dé­ni­ve­lé né­ga­tif. Tour­né vers le sud et vers la rade, au­tant dire que le mont Fa­ron est écra­sé par le so­leil et que de là-haut les vues sont ex­cep­tion­nelles ! Et fait éton­nant, il n’y a au­cun souffle d’air… La tem­pé­ra­ture est juste par­faite, c’est comme un mi­cro­cli­mat ! Ke­vin, c’est vrai­ment le ri­der qu’on aime ren­con­trer : pas­sion­né, ou­vert, il est in­ta­ris­sable sur sa ré­gion et bon pi­lote. Même s’il connaît bien les alen­tours, c’est un spé­cia­liste du mont Fa­ron. Il connaît chaque sen­tier, mais aus­si l’his­toire de cette mon­tagne. Car en ef­fet, le mont Fa­ron, par sa po­si­tion do­mi­nante, est une vi­gie par­faite sur la ville, l’in­té­rieur des terres et la Mé­di­ter­ra­née. On re­trouve cette fonc­tion même dans son nom, puisque que son ap­pel­la­tion pro­vient de Pha­ron, terme du Moyen-Age si­gni­fiant phare. A l’époque, les vi­gies locales (il y a d’autres mon­tagnes au­tour de Tou­lon) com­mu­ni­quaient grâce à de la fu­mée épaisse is­sue de la com­bus­tion de paille mouillée. De nom­breux forts ont été construits par suite des conflits avec les Es­pa­gnols, les An­glais, les Ita­liens. Plus ré­cem­ment, ces der­niers ont ser­vi de for­te­resse aux Al­le­mands du­rant la Se­conde Guerre Mon­diale. Ce fut d’ailleurs un des points im­por­tants du­rant le dé­bar­que­ment de Pro­vence. Au fur et à me­sure que l’on monte, on jouit très vite de vues sur la ville. Le so­leil se lève et tout s’em­brase rapidement. Le cal­caire s’illu­mine et

Sur le mont Fa­ron, pas moins de 9 forts veillent sur la rade

Ke­vin nous dé­voile de nou­veaux iti­né­raires qui offrent tous de ma­gni­fiques points de vue

le brou­ha­ha de la ville monte dou­ce­ment à nos oreilles. Le mont Fa­ron est tou­jours très boi­sé, les pins d’Alep s’ac­crochent dans les failles calcaires et donnent cette touche de carte pos­tale au sec­teur. Une fois en haut, on est sub­ju­gué par la vue. A l’ouest la fo­rêt de Ja­nas et le Cap Si­cié, à l’est Hyères et les îles de Por­que­rolles. Face à nous, la rade de Tou­lon, ses navires de croi­sière et sa flotte mi­li­taire. Der­rière, la pres­qu’île de Saint-Man­drier et ses ins­tal­la­tions se­cret dé­fense. Ré­gu­liè­re­ment, le pa­tri­moine mi­li­taire sur­git. De nom­breux forts et ins­tal­la­tions mi­li­taires (pour cer­taines tou­jours en ac­ti­vi­té) oc­cupent la mon­tagne. Nous ar­ri­vons à la gare du té­lé­phé­rique. Nous pour­sui­vons la route gou­dron­née som­mi­tale car il est pos­sible d’ac­cé­der au site en voi­ture. Une route à sens unique, très pri­sée des cy­clistes, en fait le tour. D’ailleurs le di­manche des beaux jours, il peut y avoir foule au mont Fa­ron. Ke­vin veut nous mon­trer quelques belles traces, dont cer­taines nou­velles. Il sou­haite aus­si nous gui­der dans le pa­tri­moine lo­cal du mont Fa­ron, chaque pierre a son his­toire. On ap­prend que la mon­tagne est truf­fée de ga­le­ries mi­li­taires, mais com­plè­te­ment in­ac­ces­sibles. Cer­tains forts sont comme des ice­bergs, une sur­face sou­ter­raine presque plus im­por­tante que ce qu’on voit en ex­té­rieur ! Nous en­chaî­nons les points de vue, à cer­tains en­droits, quand l’ho­ri­zon s’ouvre vers le nord, on aper­çoit les Alpes en­nei­gées ! Fan­tas­tique. Ici les sen­tiers sont tous ro­cailleux et tech­niques. Il faut avoir un bon ba­gage pour ve­nir y rou­ler. Les pentes sont fortes, en peu de ki­lo­mètres on ar­rive dé­jà en bas. Si vous ve­nez rou­ler ici, pen­sez aus­si que c’est un site sen­sible, très pri­sé par les Tou­lon­nais, qu’ils marchent ou courent. Il faut donc ap­pli­quer toutes les règles de bonne conduite que vous con­nais­sez, en­core plus ici pour cette mon­tagne dans la ville. Cer­tains sen­tiers sont dé­sor­mais in­ter­dits au VTT, il faut res­pec­ter la ré­gle­men­ta­tion car en plus les meilleurs sen­tiers pour le bike sont tou­jours

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