Ibis Ripley GX

5 689 € |12,9 kg taille M | Déb. av : 130 mm | Déb. ar : 120 mm Pra­tique : XC, ran­do, trail

Vélo Tout Terrain - - SOMMAIRE - Texte : Si­mon André - Pho­tos : André Jacques

Le Ripley fait peau neuve pour res­ter à la page. Cette nou­velle ver­sion est la qua­trième évo­lu­tion d’un vé­lo qui fut l’un des pre­miers mo­dèles de trail ver­sa­tiles en 29’’. Une ma­chine qui colle par­fai­te­ment à son nom car comme le cé­lèbre per­son­nage de fic­tion de Pa­tri­cia Highs­mith, Mr Ripley offre deux vi­sages…

Ibis est une marque em­blé­ma­tique de notre sport. Elle a su tra­ver­ser les an­nées et res­ter fi­dèle à sa phi­lo­so­phie, que ce soit au ni­veau du mo­dèle d’en­tre­prise ou des pro­duits.

Le Ripley re­pré­sente to­ta­le­ment cette idée : c’est un vé­lo presque in­clas­sable, que ce soit par son look ou ses per­for­mances. Cette qua­trième gé­né­ra­tion a bien évo­lué à tous les ni­veaux. Elle ne peut pas re­nier, au pre­mier coup d’oeil, la fi­lia­tion avec le Rip­mo. C’est plus qu’un air de fa­mille, on peut par­ler d’un véritable pe­tit frère, choix to­ta­le­ment as­su­mé par l’autre marque de San­ta Cruz. Les in­gé­nieurs ont gen­ti­ment ap­pe­lé ce pro­jet Mi­ni-Mo du­rant toute la phase de concep­tion avant de le bap­ti­ser de son vrai nom - Ripley - au mo­ment du lan­ce­ment com­mer­cial. Le châs­sis a gar­dé un agen­ce­ment de suspension très proche du Rip­mo avec un sys­tème DW Link (du nom de son gé­ni­teur, Dave Weagle) bien plus clas­sique que par le pas­sé.

On se sou­vient qu’à sa sor­tie, le Ripley ar­bo­rait un sys­tème in­no­vant de mi­cro-biel­lettes, que l’on pou­vait ap­pa­ren­ter à deux ex­cen­triques. Sys­tème ef­fi­cace sur le ter­rain mais qui ne pous­sait pas à réa­li­ser des vé­los légers, avec une géo­mé­trie mo­derne et simple au ni­veau de l’en­tre­tien… Ibis a re­vu sa co­pie pour pro­po­ser des ajus­te­ments bien plus conven­tion­nels, avec deux pe­tites biel­lettes qui tournent dans le sens ho­raire pour re­lier les deux tri­angles avant et arrière. L’amor­tis­seur est fixé di­rec­te­ment sur le tri­angle avant et re­lié au tri­angle arrière via une ex­ten­sion en carbone, pour avoir un tube de selle le plus droit pos­sible. Un agen­ce­ment payant ni­veau poids, d’au­tant que plu­sieurs ar­ti­cu­la­tions sont mon­tées sur pa­lier Igus, mais aus­si ni­veau géo­mé­trie. L’an­cien sys­tème ne per­met­tait pas d’avoir des bases courtes et sur­tout, un tube de selle cor­rec­te­ment pla­cé pour of­frir une po­si­tion de pé­da­lage op­ti­male sur ce type de ma­chine. Si on ana­lyse les chiffres, ce nou­veau Ripley fait dans le mo­derne sans cas­ser les codes, c’est-à-dire qu’il est plus court de l’arrière et plus long de l’avant, avec un angle de di­rec­tion plus ou­vert et un dé­port de fourche court. Mais le plus in­té­res­sant à nos yeux reste le po­si­tion­ne­ment du tube de selle, presque droit avec peu de dé­port et sur­tout, « mé­ga » court. Une as­tuce qui tranche au ni­veau des lignes et des codes es­thé­tiques du seg­ment. Elle per­met d’avoir une po­si­tion de pé­da­lage droite quelle que soit la hau­teur de selle et offre la pos­si­bi­li­té d’uti­li­ser des tiges de selle té­les­co­piques avec un maxi­mum de dé­bat­te­ment.

Qu’en est-il des per­for­mances ?

Nous nous étions éton­nés des ca­pa­ci­tés de l’an­cienne gé­né­ra­tion qui, mal­gré une géo­mé­trie très « old school », per­met­tait d’avoir un vé­lo dy­na­mique et à l’aise dans le tech­nique grâce à des sus­pen­sions ter­ri­ble­ment ef­fi­caces. Un cas d’école pour mon­trer qu’étu­dier uni­que­ment les chiffres sur le pa­pier est une er­reur gros­sière au mo­ment de dé­ter­mi­ner si un deux-roues est bon ou pas… Ce qui est d’au­tant plus in­té­res­sant, c’est que les sus­pen­sions du nou­veau Ripley 4 sont iden­tiques en termes de tech­no­lo­gie uti­li­sée avec un amor­tis­seur mé­trique qui dé­ve­loppe la même course (45 mm).

Comme l’an­cienne ver­sion, il faut prendre un peu de temps pour ajus­ter par­fai­te­ment la pré­con­trainte de l’amor­tis­seur au ter­rain et à son ni­veau. Nous avons pu consta­ter qu’un faible écart de pres­sion pou­vait ra­pi­de­ment chan­ger le com­por­te­ment de l’en­semble, sur­tout en des­cente. La suspension est souple sur les cinq pre­miers millimètre­s

LE RIPLEY 4 EST COMME SON HOMONYME DE FIC­TION. AVEC LUI, VOUS AL­LEZ DÉ­COU­VRIR UNE VIE DE RÊVE

OÙ CHAQUE MI­NUTE DE RIDE VOUS PROCURERA UN PLAI­SIR ÉNORME

puis le main­tien est plus im­por­tant, entre 10-15 mm. En­fin, ce­la de­vient plus li­néaire. Si on ta­lonne, il suf­fit de rem­pla­cer la cale Fox de 0.6 par une plus grosse ou in­ver­se­ment, si on ne prend ja­mais le dé­bat­te­ment.

Pe­tit ca­chot­tier !

Il faut sou­li­gner que ce nou­veau Ripley masque bien son jeu. Sous ses airs sages et ses lignes tout en ron­deurs se cache un vé­lo ca­pable de faire presque tout. Nous avons été sur­pris par ses ap­ti­tudes au pé­da­lage, sur­tout avec les larges jantes et pneus en 2.6. Le vé­lo ré­pond bien et per­met de grim­per par­tout avec un grip phé­no­mé­nal et un confort proche d’un bike du seg­ment su­pé­rieur. Ce qui nous a aus­si épa­tés, c’est la fa­ci­li­té de prise en main. Nous n’avons pas eu be­soin d’un mo­ment de ro­dage pour com­prendre comment cette mon­ture fonc­tion­nait. On peut même dire que ce fut l’in­verse. Vous par­tez à la co­ol et le Ripley vous emporte avec un rythme lé­ger, sans vous prendre trop d’éner­gie. On com­mence à sen­tir que notre moteur est à tem­pé­ra­ture et on veut mettre les che­vaux pour al­ler cher­cher un KOM ou faire ex­plo­ser son PR sur ses seg­ments fa­vo­ris. Le Ripley ré­pond pré­sent et nous aide à nous sur­pas­ser. Et si après

L’IBIS RÉ­AGIT COMME UN PUR-SANG, SURVOLANT LES OBS­TACLES AVEC UNE LÉ­GÈ­RE­TÉ ET UNE FA­CI­LI­TÉ DÉCONCERTA­NTES. ÇA VA VITE, TRÈS VITE !

Ibis 1, Ca­na­pé 0

Vous l’au­rez com­pris, nous avons été bluf­fés par cette nou­velle gé­né­ra­tion du Ripley (agréable sen­sa­tion !). On peut dire que c’est une ré­vé­la­tion, tant il est fa­cile dans tous les do­maines. Ce vé­lo pos­sède le re­mède miracle pour vous rendre meilleur, sans avoir re­cours au do­page. Nous ne nous at­ten­dions pas à prendre au­tant de plai­sir sur des sor­ties bien dif­fé­rentes, proches soit du XC clas­sique, soit de l’en­du­ro lé­ger. Voi­là un vé­lo ul­tra-po­ly­va­lent qu’il fau­dra « peau­fi­ner » au ni­veau des spé­ci­fi­ca­tions des roues, sui­vant votre usage. Un bike qui, au pre­mier coup d’oeil, ne laisse pas trans­pa­raître un tel po­ten­tiel. Ja­mais on n’au­rait pensé qu’il en avait au­tant ! On se de­mande, du coup, si Ibis n’au­rait pas trou­vé, fi­na­le­ment, le nom par­fait pour son mo­dèle de trail… ■

Ma­ga­zine VÉ­LO TOUT TER­RAIN

Ma­ga­zine VÉ­LO TOUT TER­RAIN

Ma­ga­zine VÉ­LO TOUT TER­RAIN

Le se­cret du Ripley est dans la po­si­tion de son tube de selle et l’agen­ce­ment de la suspension arrière. Ibis a trou­vé la re­cette pour avoir un ef­fet de chaîne op­ti­mal en dé­but de dé­bat­te­ment, quand on a be­soin de re­lan­cer ou de conser­ver la vi­tesse. Cet ef­fet de­vient moindre quand on rentre dans le dé­bat­te­ment, pour avoir un maxi­mum de confort et de grip.

Les jantes mai­son sont en alu avec un pro­fil asy­mé­trique et une lar­geur généreuse. Si vous sou­hai­tez rou­ler avec des pneus moins larges, on vous re­com­mande de re­gar­der l’autre lar­geur de jantes dis­po­nible car avec 35 mm de lar­geur in­terne, on doit obli­ga­toi­re­ment mon­ter de gros bou­dins. Le mon­tage de l’en­semble est qua­li­ta­tif. Sur­tout, nous n’avons ren­con­tré au­cun pro­blème tout au long de notre test.

Ma­ga­zine VÉ­LO TOUT TER­RAIN

Sur nos pre­mières sor­ties avec la po­si­tion très droite, nous nous sommes sen­tis un peu à l’étroit sur notre Ripley en taille M. On a pensé à chan­ger la lon­gueur de la po­tence. En fait, il fal­lait sim­ple­ment élar­gir le cintre pour trou­ver le bon équi­libre. Un jeu d’en­fant avec le gui­don Ibis carbone et ses ral­longes en alu qui per­mettent de pas­ser de 740 à 800 mm en quelques se­condes.

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