Dé­cou­verte : le Mont Ai­guille

Vélo Tout Terrain - - SOMMAIRE - Texte : Nar­baix - Pho­tos : Ni­co­las Ti­kho­mi­roff

Pour cette nou­velle aven­ture, le crew Vto­po vous em­mène au pied du Ver­cors et plus exac­te­ment face au Mont Ai­guille. Il est lo­ca­li­sé sur la com­mune de Chi­chi­lianne, comme une dent avan­cée de la fa­laise orien­tale du mas­sif du Ver­cors. C’est une des sept mer­veilles du Dau­phi­né, un bon bol d’air avant la ren­trée.

Le Mont Ai­guille : tout le monde connaît, mais per­sonne ne sait vrai­ment où le si­tuer. Il faut dire qu’il se re­père de loin et on a par­fois l’im­pres­sion qu’il est un peu par­tout à la fois.

Mais le Mont Ai­guille, c’est une dent avan­cée de la fa­laise orien­tale du mas­sif du Ver­cors, un mor­ceau dé­ta­ché des hauts pla­teaux, au sud du dé­par­te­ment de l'Isère. Il culmine à 2085mètres, et c’est une des sept mer­veilles du Dau­phi­né. L'al­pi­nisme ro­cheux y est pra­ti­qué, en par­ti­cu­lier sur la face nord-ouest puis­qu’on peut y grim­per pra­ti­que­ment 200 mètres d’aplomb. En 1957, un pe­tit avion de type Pi­per J3 Américain s’est po­sé sur la prai­rie som­mi­tale où une piste som­maire de 80 mètres de long et 20 de large avait été amé­na­gée. Il fas­cine, il at­tire, et c’est là-bas que nous nous ren­dons.

Le Mont Ai­guille est un spec­tacle à lui tout seul

Nous voi­ci par­tis des Bouches-du-Rhône de très bon ma­tin en cette pé­riode de ca­ni­cule. Nous avons deux bonnes heures et de­mie de route pour at­teindre le village de Chi­chi­lianne, dé­part de notre ran­do du jour. Pour ce par­cours, nous dé­ci­de­rons de faire deux “pe­tites” boucles, pe­tites mais cos­taudes, car nous cu­mu­le­rons deux fois six cents mètres de po­si­tif sur 17 ki­lo­mètres. Le dé­part s’ef­fec­tue­ra pré­ci­sé­ment du ha­meau de la Ri­char­dière. En ar­ri­vant sur place, nous sommes au frais : il est 8h30 et le ther­mo­mètre af­fiche 16°. En le­vant la tête, on s’aper­çoit bien que nous sommes en mon­tagne : en bas, on dé­couvre une fo­rêt dense, com­po­sée prin­ci­pa­le­ment de hêtres et de sa­pins ; plus haut, le re­gard ac­croche des fa­laises cal­caires, bien im­plan­tées. Le Mont Ai­guille n’est pas en­core vi­sible. Après nous être équi­pés nous dé­mar­rons par une piste car­ros­sable de 3 km pour 200 m de po­si­tif qui nous mène au par­king des Four­chaux. Nous lon­geons le ruis­seau du Pas de l’Ai­guille et ren­con­trons plu­sieurs ran­don­neurs à pied. Il faut dire que nous sommes au coeur de plu­sieurs dé­parts de course vers le haut pla­teau du Ver­cors. En ob­ser­vant les plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion, on s’aper­çoit que les gens viennent des deux cô­tés, Drôme et Hautes-Alpes d’une part, et Isère de l’autre. Nous pas­sons le mo­nu­ment des Four­chaux dé­dié à la ré­sis­tance dans le Ver­cors et at­ta­quons le sen­tier ba­li­sé vert jaune. La mon­tée se corse. Nous avons le choix de prendre soit le sen­tier qui ser­pente, soit le plus large et droit dans la pente. Nous op­tons pour cette der­nière op­tion afin de gar­der une belle sur­prise au re­tour. Mal­heu­reu­se­ment, notre en­traî­ne­ment en cross-coun­try un peu lé­ger, nous ra­mène vite à la réa­li­té et nous des­cen­drons des vé­los très ra­pi­de­ment pour pous­ser. Ce n’est pas grave, nous avons l’ha­bi­tude et ça nous per­met de dis­cu­ter un peu sans avoir le souffle cou­pé. Après une pe­tite heure de pous­sette et 400 mètres de po­si­tif ava­lés, deux sur­prises nous at­tendent : dans notre dos, le Mont Ai­guille, ma­jes­tueux, haut, im­mense, et tout un tas d’autres ad­jec­tifs le qua­li­fiant de beau­té de la na­ture. Une écaille se

dé­ta­chant des hauts pla­teaux, il est ma­gni­fique. L’autre sur­prise se trouve près de nous, à quelques di­zaine de mètres à peine : deux groupes de deux bou­que­tins tran­quille­ment ins­tal­lés sur la face sud du Pas de l’Ai­guille.

Ils ru­minent quelques brins d’herbe et ils ne semblent pas du tout fa­rouches. Le bou­que­tin étant une es­pèce mam­mi­fère pro­té­gée, ils ne sont pas in­quié­tés par notre pré­sence. Nous avons le temps de les pho­to­gra­phier, de les im­mor­ta­li­ser en vi­déo, ils y pas­se­ront sur toutes les cou­tures. A cet en­droit, nous sommes à la li­mite de la ré­serve du parc ré­gio­nal du Haut Ver­cors, un ter­ri­toire unique par sa taille de 17000 hec­tares. La Ré­serve des Hauts-Pla­teaux s’étend sur 10% du ter­ri­toire du Parc na­tu­rel ré­gio­nal du Ver­cors. On peut y ob­ser­ver la plu­part des es­pèces mon­ta­gnardes : mar­motte, aigle royal, cha­mois… ain­si que des es­pèces plus rares comme le lièvre va­riable, le loup, la chouette. Cer­taines es­pèces comme le bou­que­tin des Alpes, le vau­tour fauve ou la mar­motte ont fait l’ob­jet de ré­in­tro­duc­tion au cours des der­nières an­nées. Nous sommes donc contraints de stop­per notre as­cen­sion à cet en­droit ma­té­ria­li­sé par le pan­neau du parc. Mais pas de re­gret, le spec­tacle était au ren­dez-vous.

La des­cente s’ef­fec­tue­ra par le sen­tier jus­qu’à tra­ver­ser le cours d’eau sous le mo­nu­ment des

Four­chaux avant de prendre en rive sud par le bois des Granges. Elle est joueuse et glis­sante sur les ai­guilles d’épi­neux. La terre, bien noire, re­couvre la ma­jo­ri­té du sen­tier. Les drifts et ap­puis s’en­chaînent.

Nous évo­luons en li­mite du Parc Ré­gio­nal, ce qui nous oblige à quelques de­mi-tours

Nous re­trou­vons le par­king du par­cours spor­tif non loin du ha­meau de la Ri­char­dière et nous mon­tons cette fois-ci en face sud vers le col de l’Au­pet. L’as­cen­sion se fait à nou­veau par une piste car­ros­sable sur 2 km et 200 mètres de po­si­tif. Il fait dé­jà plus chaud à ce mo­ment-là, mais nous sommes ra­pi­de­ment en fo­rêt sous des hêtres cen­te­naires. Nous em­prun­tons à nou­veau le sen­tier ba­li­sé jaune vert, qui part ici à droite, di­rec­tion le col de l’Au­pet. La pente s’ac­cen­tue, et donc comme lors de la pre­mière as­cen­sion, nous sommes contraints à la pous­sette... peu im­porte, le dé­cor est ma­gique. Nous aper­ce­vons les fa­laises du ro­cher du Par­quet et du ro­cher de Cha­moux. Mal­gré une pé­riode de sé­che­resse, en­fin peut-être pas ici,

DANS NOTRE DOS, LE MONT AI­GUILLE, MA­JES­TUEUX, HAUT, IM­MENSE, ET TOUT UN TAS D’AUTRES AD­JEC­TIFS LE QUA­LI­FIANT DE BEAU­TÉ DE LA NA­TURE…

il y a en­core quelques pas­sages boueux à fran­chir. A la sor­tie du bois, au-des­sus de nous en aplomb, le Mont Ai­guille est en­core là mais sous une autre fa­cette, celle de la face nord. Il ap­pa­raît en­core plus grand, plus haut. Mal­heu­reu­se­ment, nous se­rons une nou­velle fois ar­rê­tés dans notre pro­gres­sion par le pan­neau in­di­quant la li­mite de la ré­serve. Qu’im­porte, nous en pro­fi­tons pour pi­que­ni­quer et pro­fi­ter plei­ne­ment de ce spec­tacle na­tu­rel. Puis, après avoir pris de nom­breux cli­chés, nous fai­sons de­mi-tour. La des­cente se­ra ra­pide, au­cun cailloux comme chez nous, c’est du ve­lours, on aime ça aus­si.

La jour­née s’achève en mi­lieu d’après-mi­di au­tour d’une bois­son fraîche. Nous avons en­core quelques heures de route pour re­trou­ver l’étuve du Sud. ■

Y al­ler :

De Gre­noble par l’A51N puis la D1075 di­rec­tion Sis­te­ron jus­qu’à Clelles, prendre à droite di­rec­tion Chi­chi­lianne, 1 km avant le village prendre à droite la D7b di­rec­tion le ha­meau de la Ri­char­dière.

De Mar­seille Gap par l’A51 sor­tie Sis­te­ron Nord di­rec­tion Gre­noble jus­qu’à Clelles, prendre à gauche di­rec­tion Chi­chi­lianne, 1 km avant le village prendre à droite la D7b di­rec­tion le ha­meau de la Ri­char­dière.

Y sé­jour­ner : https://chi­chi­lianne.fr/he­ber­ge­ment/ A voir :

La faune sau­vage sur les contre­forts et hauts pla­teaux du Ver­cors.

A faire :

Ran­do au dé­part du village.

Es­ca­lade sur le mont Ai­guille ni­veau 3a/b/c, 2 heures. www.aven­tu­re­trieves.com/fo­ret­la­by­rinthe/

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