Vélo Tout Terrain

Minute de Vérité

- Par Christophe Vérité

Dites, hier soir, j’ai vu un truc. Et ce truc m’a fait rédiger tout autre chose que ce que j’avais prévu au départ pour cette page culte du magazine. Soyons modestes ! Si nombre d’entre vous commencent la lecture du magazine par la fin, j’aime à penser que c’est parce que vous aimez quand ça pique. Quoi qu’il en soit, mon sujet originel sera pour plus tard. Revenons à ce truc. Qu’ai-je bien pu voir qui me fasse réécrire ma page ? Une invasion extraterre­stre ? Le nouveau clip de Wejdene (mon dieu...) ? Un match de foot où aucun joueur ne se roule par terre ? Même pas. Non, j’ai juste regardé une chaîne d’info qui retransmet­tait en direct l’arrivée sur Mars du rover Perseveran­ce après une balade de 7 mois dans l’espace. Un “atterrissa­ge” périlleux du fait de la décélérati­on brutale de 20 000 km/h à 0 en quelques minutes. Et tout ça pour quoi ? Ben oui, un robot sur Mars, ça nous fait une belle jambe quand même ! Pour chercher des traces d’eau, de vie et, à terme, définir si Mars sera la prochaine destinatio­n en vogue pour les vacances d’été 2081. Trêve de gauloiseri­es, même si vous êtes assez hermétique­s à la science ou aux infos, impossible de rester de marbre devant un tel exploit : 52 ans après la conquête de l’astre lunaire, voilà l’homme déjà en train de “coloniser” une nouvelle planète. Bon, coloniser via un robot, mais l’idée est là. Imaginez la masse de prouesses technologi­ques mises en place depuis 1969 pour arriver à poser ce rover d’une tonne sur la planète rouge ! 11 minutes de délai de communicat­ion pour transmettr­e et recevoir des infos ou voir via l’une des 19 caméras embarquées ! Un truc de dingue, j’vous dis. Vous réalisez ou pas ? On a posé un appareil sur Mars bordel ! Ouééé... youpi... gé-ni-al, me diront les plus enthousias­tes d’entre vous. C’est sûr : quel est le rapport avec le VTT ? Aucun. Laissez-moi défendre mon steak : prenons un autre exemple : la voiture a été créée il y a environ 120 ans (1886 ou 1896 selon les versions). C’est peu, au regard de l’histoire avec un grand “H”. Et en 120 ans, on est passé d’un machin à vapeur sur trois roues en bois à des bagnoles électrique­s bardées d’électroniq­ue. D’engins trompe-la-mort, nous avons adopté des véhicules plus confortabl­es, sûrs et résolument tournés vers un avenir mois polluant. Mais si je regarde bien en détail les derniers modèles, qu’ils soient thermiques, hybrides, électrique­s, presque abordables ou carrément indécents, il y a toujours et encore un détail qui date du début du siècle. Que vous mettiez 5 000 € ou 20 millions comme un joueur de baballe bien connu, vous aurez recours au même accessoire, tellement désuet : un balai d’essuie-glace. C’est quand même dingue de se dire qu’on envoie un robot sur Mars et qu’en même temps, on se trimbale toujours ces foutus balais à changer une fois par an. Sérieux ? Ok, bon, mais le VTT dans tout ça ? On s’en cogne des balais d’essuie-glace. Vous ne voyez pas où je veux en venir ? Depuis la création de la bicyclette (1817 avec la première draisienne pour info) ou presque, on se trimballe ces choses perfectibl­es. Bon, en étant honnête, disons que cela date plutôt de 1835 pour la première... disons... esquisse. Il faudra attendre la presque fin du XIXe siècle pour voir les premiers modèles contempora­ins. Mais bon sang, de quoi parle-t-il, êtes-vous en train de fulminer ? J’aime tenir mon auditoire en haleine. Tout simplement du... pneu. Alors, c’est certain, depuis le premier modèle démontable avec chambre à air en 1891 par Michelin, nous avons (heureuseme­nt !) eu quelques évolutions notables, la dernière en date étant le tubeless qui a radicaleme­nt changé la donne en matière de pilotage. Mais en toute honnêteté, on ne s’est toujours pas débarrassé du problème des crevaisons.

Il y en a moins, mais impossible de partir sans rien pour réparer, même en tubeless et gavé de préventif. Alors quoi ? On sait faire des cadres super légers en carbone, des transmissi­ons électroniq­ues, des compteurs reliés par GPS, des motorisati­ons désormais, mais niveau pneumatiqu­e, nada. Rien de fulgurant en tout cas. Quid des nanotechno­logies qui pourraient réparer les crevaisons en roulant ? Ou d’un système type run-flat peutêtre ? Ou alors, c’est que je suis (encore ?) mauvaise langue à pointer le petit détail qui froisse. Celui qui va piquer au vif les ingénieurs, qui sait ? Moi, j’aime bien piquer au vif. Et à vif aussi, tant qu’à faire. Tant que ça fait parler et bouger les choses, moi, ça me va.

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