L’interview Mi­chaël Youn

Bien­tôt à l’af­fiche de « L’Es­prit de fa­mille » – une jo­lie co­mé­die bien­tôt dif­fu­sée sur France 2 – l’hu­mo­riste pré­pare éga­le­ment un nou­veau film et un album. C’est dans une am­biance dé­ten­due que l’ex-tru­blion du PAF a à toutes nos ques­tions.

Vie Pratique Féminin - - SOMMAIRE - Par Ni­cole Ré­al

Qui vous a pro­po­sé ce rôle ?

Comment ré­su­me­riez-vous ce té­lé­film ?

Cette co­mé­die tendre et émou­vante fait pas­ser un mo­ment agréable tout en sen­si­bi­li­sant sur le don d’or­gane. Ri­chard Ber­ry. En 2006, il a don­né un rein à sa soeur Ma­rie qui, sans cette greffe, n’au­rait pas sur­vé­cu. La fille de Ri­chard, Co­line, vou­lait ra­con­ter cette his­toire mais sur le ton de la co­mé­die.

Concer­nant le don d’or­gane, avez-vous eu l’oc­ca­sion de vous po­ser la ques­tion ?

J’ai l’im­pres­sion que, pour sauver l’un de nos proches, la ré­ponse est oui sans hé­si­ter. En­suite, don­ner un or­gane n’est pas si fa­cile. Pen­dant deux ans, entre l’at­tente de l’opé­ra­tion et les ré­sul­tats des exa­mens médicaux, Ri­chard Ber­ry a vé­cu un vé­ri­table cal­vaire. Au­jourd’hui, il est en pleine forme mais il lui a fal­lu trois mois pour se re­mettre de l’opé­ra­tion.

Êtes-vous hy­po­con­driaque ?

Non pas du tout, je suis le contraire. Ce sont les mêmes an­goisses que l’hy­po­con­drie mais avec des symp­tômes in­ver­sés. Comme je n’aime pas les mé­de­cins, même si je suis ma­lade à cre­ver je me re­fuse à al­ler consul­ter. Ce dé­ni est ma fa­çon d’ex­pri­mer ma peur face à la ma­la­die et à la mort.

Avez-vous l’es­prit de fa­mille ?

Je suis fils unique donc l’es­prit de fa­mille à trois n’est pas le même que dans une fa­mille nom­breuse. J’aime évi­dem­ment mes pa­rents mais de­puis que je suis pa­pa, je suis pas­sé de la po­si­tion de fils à celle de père, j’ai donc ac­quis cet es­prit pour la fa­mille que j’ai fon­dée.

Êtes-vous heu­reux de faire « seule­ment » l’acteur ?

Écrire, réa­li­ser et jouer c’est très ex­ci­tant mais aus­si épui­sant. Chaque fois, pour me­ner à bien un pro­jet, je vieillis de dix ans. Faire juste l’acteur sur les films des autres, ce n’est pas du travail mais presque des va­cances.

Avec l’âge, votre sens de l’hu­mour a-t-il évo­lué ?

Je ris des mêmes choses qu’à mes dé­buts mais je ne fais plus rire de la même ma­nière. Au bout d’un mo­ment, j’en ai eu marre de m’en­tendre dire : « À part mon­trer tes fesses, qu’est-ce que tu sais faire ? ».

Vous avez vous-même pro­vo­qué cette si­tua­tion…

C’est vrai, j’ai bien ex­ploi­té ce fi­lon mais, par la suite, j’ai eu en­vie de chan­ger de re­gistre, car j’ai l’im­pres­sion d’être un peu plus in­té­res­sant qu’une paire de fesses qui court en hur­lant !

Pour­quoi avoir culti­vé à l’ex­cès ce cô­té tru­blion ?

Il me semble, qu’à mes dé­buts, j’ai fait l’er­reur mo­nu­men­tale de vou­loir être ai­mé par tout le monde. J’étais à la re­cherche d’une cer­taine re­con­nais­sance. Ce­la ne m’a pas ren­du ser­vice. Après un pe­tit travail sur moi-même, j’ai ar­rê­té de me prendre la tête. Au­jourd’hui, je m’en fous com­plè­te­ment.

Pre­nez-vous le temps d’al­ler voir vos confrères sur scène ?

Je vais seule­ment voir le spec­tacle des co­pains. Je sors ra­re­ment car, dé­sor­mais, le soir j’aime par-des­sus tout res­ter avec ma femme et ma fille. J’ai le plus beau des spec­tacles à la mai­son avec la plus grande de tous les co­miques : ma fille de trois ans.

Que pen­sez-vous de la té­lé­vi­sion ac­tuelle ?

Je pense que j’ai eu la chance de faire par­tie des der­nières per­sonnes à dis­po­ser d’une to­tale li­ber­té sur une grande chaîne. Je ne su­bis­sais au­cune pres­sion et je m’amu­sais comme un fou. Au­jourd’hui, la té­lé­vi­sion est de­ve­nue com­pli­quée et mes col­lègues ani­ma­teurs n’ont pas l’air de s’écla­ter.

Sur le plan pro­fes­sion­nel, comment vous sen­tez-vous ?

J’aime faire rire les gens. C’est dans cet acte gé­né­reux que je me sens le plus à l’aise. De temps à autre, par plai­sir un peu nar­cis­sique mais aus­si par cu­rio­si­té, je tourne des drames. Très long­temps, j’ai été en co­lère. Mais, grâce à l’hu­mour, dé­sor­mais j’ai trou­vé ma place dans la so­cié­té et je suis plus se­rein.

Quels sont vos pro­jets ?

Cô­té mu­sique, je pré­pare un nouvel album avec mon équipe ha­bi­tuelle. Cô­té ci­né­ma, j’écris une co­mé­die ins­pi­rée de l’émission « Ren­dez-vous en terre in­con­nue ». J’ai de­man­dé à Fré­dé­ric Lopez, Dja­mel Deb­bouze, Franck Dubosc et Flo­rence Fo­res­ti de jouer leur propre rôle.

Son­gez-vous à re­ve­nir sur scène ?

Oui mais pour chan­ter mon nouvel album. Mon spec­tacle se­ra un peu hy­bride car il y a au­ra aus­si des blagues et des sketchs.

Pour­quoi avez-vous été si ému de chan­ter avec Les En­foi­rés ?

Pour moi, Les En­foi­rés c’est un rêve de gosse. En­fant, je les re­gar­dais à la té­lé. J’ache­tais aus­si tous les disques de Jean-Jacques Gold­man. Et un jour, in­croyable, je chante avec Gold­man à cô­té de moi !

L'ac­trice Ma­rie De­nar­naud donne la ré­plique à Mi­chaël Youn et Ary Abit­tan.

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