Beau­té – Par­fum : un bien bio sillage

Adieu conser­va­teurs, huiles mi­né­rales, pa­ra­bens, phta­lates ou autres in­gré­dients dou­teux ! Voi­ci notre dé­co­dage, sans en­fu­mage, des créa­tions par­fu­mées qui re­ven­diquent plus de na­tu­rel et de trans­pa­rence.

Vie Pratique Feminin - - Sommaire - PAR LUC BIECQ

SONT-ILS VRAI­MENT BIO ?

Oui... ou presque. Les chartes bio en vi­gueur en France et en Eu­rope n’im­posent pas l’uti­li­sa­tion de 100 % d’in­gré­dients bio. L’or­ga­nisme cer­ti­fi­ca­teur Eco­cert ne le cache pas : « 95 % mi­ni­mum des in­gré­dients vé­gé­taux de la for­mule doivent être is­sus de l’agri­cul­ture bio­lo­gique, 10 % mi­ni­mum du to­tal des in­gré­dients doivent être is­sus de l’agri­cul­ture bio­lo­gique. »

Il reste donc 5 % de pro­duits de syn­thèse. En outre, tous les in­gré­dients ne sont pas « cer­ti­fiables » bio, comme l’eau.

QUEL RÔLE JOUENT LES HUILES ES­SEN­TIELLES ?

Un par­fum clas­sique com­prend des ex­traits d’huiles es­sen­tielles ajou­tés à de l’al­cool dé­na­tu­ré, de l’eau, des arômes et un fixa­teur. En par­fu­me­rie tra­di­tion­nelle, les huiles uti­li­sées sont na­tu­relles, sans être for­cé­ment bio. Va­lé­rie Pia­nel­li-gui­chard, bio­lo­giste, doc­teur en phar­ma­cie et P-DG de Comp­toir Sud Pa­ci­fique, nous en dit plus : « Le pro­cé­dé clas­sique d’ex­trac­tion est à la va­peur, mais il ar­rive qu’on uti­lise des agents chi­miques. Je pri­vi­lé­gie le na­tu­rel quand c’est pos­sible. »

NA­TU­REL, ÇA VEUT DIRE SANS DAN­GER ?

Non. Les plantes peuvent être toxiques (la ci­guë, le lau­rier­rose, le mu­guet…). Bio ou pas, les huiles es­sen­tielles sont très sou­vent pho­to­sen­si­bi­li­santes. L’in­dus­trie clas­sique par­vient à ôter cer­tains com­po­sés pho­to­sen­si­bi­li­sants des par­fums pour en faire des eaux fraîches, plus fa­ciles à por­ter l’été. Mais les cos­mé­tiques tra­di­tion­nels, par­fums com­pris, ne sont pas les meilleurs amis de la pla­nète, même si les pro­grès sont réels.

SYN­THÈSE

OU PAS SYN­THÈSE ?

Les créa­teurs de la nou­velle gamme bio Eau de Mars pré­cisent d’em­blée que leurs créa­tions sont « sans phta­lates, sans ben­zo­phé­none, sans co­lo­rants ajou­tés ». Quant aux al­dé­hydes, des com­po­sés or­ga­niques qui existent à l’état

na­tu­rel, ils sont uti­li­sés, dans leur ver­sion syn­thé­tique de­puis 1921, date de sor­tie du Nu­mé­ro 5 de Cha­nel, créé par Er­nest Beaux. La par­fu­me­rie tra­di­tion­nelle mixe de­puis tou­jours les pro­duits de syn­thèse et le na­tu­rel. « Le pro­blème, c’est que cer­taines mo­lé­cules ex­traites de fruits ne sont pas ex­trac­tibles en quan­ti­té suf­fi­sante », tem­po­rise Va­lé­rie Pia­nel­li-gui­chard. La créa­trice tient aux vé­ri­tables arômes de va­nille. « La nôtre vient de Ta­hi­ti ou des Co­mores, pas d’un ex­trait ar­ti­fi­ciel. » Pour la reine des épices, la de­mande aug­mente tan­dis que la pro­duc­tion baisse. La va­nil­line, cet arôme de la fa­mille des al­dé­hydes, rem­place sou­vent – et avec pa­nache – la va­nille na­tu­relle.

BIO, DONC BA­NAL ?

Les nez qui créent un par­fum ré­pon­dant au ca­hier des charges du bio dis­posent d’un choix d’in­gré­dients dix fois moins im­por­tant que dans l’in­dus­trie clas­sique. Cette contrainte n’em­pêche pas la créa­ti­vi­té. De jeunes marques pro­posent des fra­grances qui com­prennent entre 3 et 10 % d’huiles es­sen­tielles, contre 7 à 15 % pour un par­fum. Les com­po­si­tions tournent au­tour d’un à deux in­gré­dients : elles sont sou­vent fines et fraîches, avec tou­te­fois quelques pro­po­si­tions plus en­le­vées.

L’un des tout pre­miers par­fums dont on re­trouve la trace dans des textes an­ciens est ce­lui de Cléo­pâtre : 16 in­gré­dients, dont des fleurs d’iris, de ge­nêt et de la gomme de té­ré­ben­thine dans une huile vé­gé­tale.

Va­nille Pas­sion Cet hom­mage à la reine des épices pro­pose un ex­trait de va­nille na­tu­rel qui vient non pas de la gousse mais de la va­nille verte. Comp­toir Sud Pa­ci­fique, 49 €,comp­toir-sud-pa­ci­fique.com

Musc Gin­gembre Une eau de toi­lette fraîche, équi­li­brée et simple comme les clas­siques de cette gamme. « Les so­ly­flores », Mel­vi­ta, 20 €, mel­vi­ta.com

Douce Ophé­lia So­laire, sé­dui­sante, avec une ber­ga­mote gla­cée par­mi les notes de tête. Eau de Mars, 39 €,eau­de­mars.com

L’en­voû­tanteUn orien­tal as­su­mé et 100 % bio, com­po­sé par le nez Ka­tell Plis­son.Aco­relle, 39 €, aco­relle.fr

Fo­rêt bo­réale Quatre la­bels bio et vé­gans, 100 % made in France, pour cette ode aux sen­teurs de ber­ga­mote, de baie rose et de san­tal. Pur Eden, 20 €,pu­re­den.fr

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