Plante du mo­ment – La ver­veine an­ti-in­flam­ma­toire

La dis­crète ver­veine of­fi­ci­nale, que l’on foule sou­vent sans le sa­voir dans les che­mins de cam­pagne, mérite qu’on la cueille et qu’on la cultive tant ses ver­tus mil­lé­naires la placent en tête des mé­di­ca­ments du jar­din.

Vie Pratique Féminin - - Sommaire - PAR EM­MA PAVAN

UNE PLANTE SACRÉE

Ne confon­dez pas la ver­veine of­fi­ci­nale (Ver­be­na of­fi­ci­na­lis) avec la ver­veine ci­tron­nelle, ou ver­veine odo­rante (Aloy­sia tri­phyl­la), dont le par­fum entre dans la com­po­si­tion de cos­mé­tiques, mais aus­si dans de nom­breuses re­cettes cu­li­naires. Toutes deux sont is­sues de la même fa­mille, les ver­bé­na­cées. La Ver­be­na of­fi­ci­na­lis est aus­si ap­pe­lée l’herbe aux sor­ciers

– tout un pro­gramme! Son nom scien­ti­fique vient du la­tin ver­be­nae, qui dé­si­gnait tout ra­meau d’herbe sacrée (oli­vier, lau­rier, myrte ou ver­veine) uti­li­sé lors de cé­ré­mo­nies re­li­gieuses. Ce bou­quet ser­vait de sceau sym­bo­lique : les sou­ve­rains de l’an­ti­qui­té grecque et ro­maine en frap­paient – lit­té­ra­le­ment – les trai­tés, pour les of­fi­cia­li­ser.

SES PRO­PRIÉ­TÉS

De­puis les dé­buts de la civilisati­on, la ver­veine of­fi­ci­nale est uti­li­sée pour ses ver­tus mé­di­ci­nales : elle est an­tiin­flam­ma­toire, cal­mante, ré­gu­la­trice de l’hu­meur (en cas de stress et d’an­xié­té) et bien sûr di­ges­tive. Elle est éga­le­ment très utile en cas de dou­leurs de règles, elle sou­lage le syn­drome pré­mens­truel et les crampes mus­cu­laires – an­ti­spas­mo­dique,

elle aide à équi­li­brer la pro­duc­tion d’hor­mones en drai­nant l’or­ga­nisme des sur­plus qu’il sé­crète. Toutes ces pro­prié­tés sont dues à ses fla­vo­noïdes an­ti­oxy­dants

– des an­ti-in­flam­ma­toires et des an­xio­ly­tiques. La ver­veine est riche en sub­stances qui in­ter­agissent avec les pros­ta­glan­dines sé­cré­tées par l’or­ga­nisme et qui pos­sèdent des ef­fets va­so­cons­tric­teurs. Les pros­ta­glan­dines sont des sub­stances mes­sa­gères de la douleur et de l’in­flam­ma­tion, elles peuvent soit la dé­clen­cher soit l’in­hi­ber, mais dans le cas de la ver­veine, elles agissent comme un an­ti-douleur, com­pa­rable à l’as­pi­rine.

L’as­tuce : pour dés­in­fec­ter une plaie ou sou­la­ger un aphte, ap­pli­quez un ca­ta­plasme de feuilles de ver­veine broyées pla­cées dans une gaze hu­mide et tiède : les ter­pènes conte­nus dans la ver­veine em­pêchent la pro­li­fé­ra­tion bac­té­rienne et ont un lé­ger ef­fet an­ti-douleur.

À QUOI ÇA RES­SEMBLE ?

La ver­veine of­fi­ci­nale est sur­mon­tée de pe­tites fleurs cou­leur la­vande, ses feuilles su­pé­rieures sont fines et den­te­lées, celles de la base sont lo­bées. La ver­veine of­fi­ci­nale s’épa­nouit au jar­din et sur le bal­con, en mas­sifs ou en bor­dures. Plante vi­vace tout-ter­rain, elle aime le so­leil. Pré­pa­rez vos se­mis au prin­temps pour ob­te­nir de belles tiges en été et à l’au­tomne. L’as­tuce : on consi­dère par­fois la ver­veine comme une ad­ven­tice, soit une bonne « mau­vaise herbe » qui em­pêche les sols de s’éro­der. Une très bonne ex­cuse pour ne plus la désher­ber!

COM­MENT JE L’UTI­LISE ?

La ver­veine of­fi­ci­nale se consomme en ti­sane, à par­tir de plante fraîche ou sé­chée. Uti­li­sez aus­si des ex­traits secs, sous forme de gé­lules à vous pro­cu­rer en ma­ga­sin bio, ou un ex­trait hy­dro­al­coo­lique, pres­crit par un phy­to­thé­ra­peute, à di­luer.

La ver­veine pos­sède des pro­prié­tés an­ti-in­flam­ma­toires. Si vous pre­nez un trai­te­ment de ce type, par­lez-en à votre mé­de­cin.

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