L’ail des ours

Bien qu’il ne leur res­semble pas vrai­ment, l’ail des ours ap­par­tient bien à la même fa­mille que les ails blancs, roses ou vio­lets. Et il pré­sente, à quelques nuances près, les mêmes ver­tus que ses pe­tits cou­sins. Zoom sur une plante pleine de san­té.

Vie Pratique Gourmand - - SOMMAIRE - Par Cé­line Rous­sel

Jo­lie plante aro­ma­tique et mé­di­ci­nale, aux grandes feuilles et pe­tites fleurs blanches, elle ap­pa­raît au prin­temps dans les sous-bois. Ex­trê­me­ment sa­vou­reuse, elle consti­tue une vé­ri­table frian­dise pour les ours qui sortent, à peu près au même mo­ment et quelque peu af­fa­més, de leur hi­ber­na­tion, d’où son nom. Cer­tains l’ap­pellent aus­si ail sau­vage, pé­tio­lé, ou à larges feuilles. Bien que son ap­pa­rence soit trom­peuse, c’est bel et bien une al­lia­cée, comme l’ail blanc, le rose ou le vio­let. Il pré­sente d’ailleurs les mêmes ver­tus que ces der­niers, que nous avons pas­sées en re­vue avec Ka­rine Hen­no, na­tu­ro­pathe.

C’EST UN ANTIBIOTIQUE NA­TU­REL

« Cette plante contient, comme l’ail com­mun, un com­po­sé sou­fré sur­puis­sant nom­mé l’al­li­cine. La concen­tra­tion de cette sub­stance se­rait même su­pé­rieure dans l’ail des ours », ex­plique Ka­rine Hen­no. Et si c’est l’al­li­cine qui donne ce goût si fort et si par­ti­cu­lier à l’ail, c’est aus­si elle qui aide à com­battre tous les types d’in­fec­tions. La vi­ta­mine C pré­sente dans la plante joue éga­le­ment un rôle no­table dans la dé­fense de l’or­ga­nisme, car elle sti­mule les ré­ac­tions de dé­fense contre les mi­crobes. L’iode, dés­in­fec­tant, mais aus­si le ma­gné­sium et le soufre (pré­sents en grandes quan­ti­tés dans l’ail des ours) contri­buent éga­le­ment à cette ac­tion antibiotique.

IL S’OP­POSE AUX VI­RUS

L’al­li­cine n’aime pas les vi­rus, elle les dé­truit donc par contact di­rect. Comme elle est très vo­la­tile, elle agit éga­le­ment de fa­çon no­toire au ni­veau des pou­mons. « L’ail des ours fa­vo­rise la flui­di­té du mu­cus qui ta­pisse les al­véoles pul­mo­naires, pour fa­ci­li­ter l’ex­pec­to­ra­tion », pré­cise Ka­rine Hen­no. Ain­si, il peut ai­der au trai­te­ment des voies oro­pha­ryn­gées (bouche, la­rynx) et pul­mo­naires lors­qu’elles sont tou­chées par une grippe ou un rhume. La vi­ta­mine C et le sé­lé­nium s’at­taquent éga­le­ment

aux vi­rus. « L’ail des ours est une plante vrai­ment in­té­res­sante pour les per­sonnes qui ont be­soin de se for­ti­fier », af­firme Ka­rine Hen­no.

IL EST BON POUR LE VENTRE

An­ti­sep­tique, cette herbe est à même d’éli­mi­ner les bac­té­ries sources de pu­tré­fac­tion à l’in­té­rieur du tube di­ges­tif – et même les vers in­tes­ti­naux –, sou­vent res­pon­sables de bal­lon­ne­ments. « Son ac­tion antibiotique apaise d’autre part les mu­queuses in­tes­ti­nales et calme les pro­blèmes de diar­rhée (pas trop ai­guë) ou de consti­pa­tion liée à des crampes », ana­lyse Ka­rine Hen­no. Et vu qu’il contient du chlore, un oli­go­élé­ment en­trant dans la com­po­si­tion des sucs gas­triques sé­cré­tés par l’es­to­mac, c’est aus­si un al­lié pour la di­ges­tion. « En­fin, l’ail des ours est un ex­cellent ché­la­teur (dé­pu­ra­tif). Il a le pou­voir de dé­toxi­fier l’or­ga­nisme des mé­taux lourds, en les ab­sor­bant », note Ka­rine Hen­no. Tous ces prin­cipes ac­tifs sur la di­ges­tion sont sur­tout concen­trés au ni­veau des feuilles de la plante.

IL PRO­TÈGE LE COEUR

Consom­mé ré­gu­liè­re­ment, l’ail des ours, grâce à ses te­neurs en po­tas­sium et en ma­gné­sium, pour­rait ré­duire la ten­sion ar­té­rielle. At­ten­tion, il n’est tou­te­fois pas ques­tion de trai­ter un pro­blème d’hy­per­ten­sion avec cette plante, elle doit res­ter un contri­bu­teur à un trai­te­ment adap­té, d’au­tant plus qu’elle aide à flui­di­fier le sang. L’adé­no­sine, une autre sub­stance qui la com­pose, est connue pour être un puis­sant va­so­di­la­ta­teur. En somme, l’ail des ours fa­vo­ri­se­rait une meilleure cir­cu­la­tion san­guine, et il pour­rait di­mi­nuer les risques de ma­la­dies car­dio-vas­cu­laires.

IL SOIGNE LES PRO­BLÈMES DE PEAU

L’al­li­cine peut par­ti­ci­per à la ci­ca­tri­sa­tion de cer­tains pro­blèmes de peau comme des cors, des du­rillons, des fu­roncles. Elle peut même éra­di­quer une ver­rue. « Se­lon l’en­droit où se trouve la lé­sion, on peut la frot­ter avec du bulbe d’ail des ours écra­sé et mé­lan­gé à une goutte de ci­tron », conseille Ka­rine Hen­no. At­ten­tion tou­te­fois, l’al­li­cine reste ir­ri­tante, alors n’hé­si­tez pas à pro­té­ger la peau saine avec un ver­nis in­co­lore.

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