Mos­rite of Ca­li­for­nia,

Surf ’ n’ Punk

Vintage Guitare - - SOMMAIRE - par Ch­ris­tian Sé­gu­ret

Les gui­tares Mos­rite, pro­duites par Willie Mo­se­ley et son frère Andy à par­tir de 1963, res­tent les sym­boles de la Ca­li­for­nie dé­com­plexée de l’époque, lorsque les mou­ve­ments surf de la cote Ouest et coun­try de Ba­kers­field bat­taient leur plein. Ces mo­dèles à l’es­thé­tique unique ont de­puis sé­duit nombre d’ar­tistes, en par­ti­cu­lier ( et pa­ra­doxa­le­ment) des gui­ta­ristes funk, grunge ou punk comme Kurt Co­bain ou les Ra­mones qui les ont re­mis au goût du jour.

Il suf­fit de s’at­tar­der sur la page d’un dea­ler ma­jeur pour réa­li­ser à quel point la hié­rar­chie des marques est bien une réa­li­té dans le monde vin­tage. On trouve tou­jours un on­glet pour Fen­der, Gib­son, Gretsch, par­fois un on­glet Ri­cken­ba­cker ou Guild, mais ja­mais un cha­pitre lié ex­clu­si­ve­ment aux gui­tares Mos­rite, qui sont du fait sys­té­ma­ti­que­ment re­je­tées dans le fond com­mun obs­cur et avi­lis­sant des « gui­tares di­verses » . Pour­tant le construc­teur ca­li­for­nien fait par­tie, avec ses col­lègues Big­sby, Hall­mark ou Stan­dell, des pe­tites com­pa­gnies lo­cales qui ont, mo­des­te­ment mais de fa­çon no­toire, contri­bué à écrire quelques pages de l’his­toire de la gui­tare élec­trique mo­derne. Et cer­taines des in­no­va­tions de Mos­rite, en terme de de­si­gn, d’es­thé­tique ou d’élec­tro­nique, ont tra­ver­sé les époques, et jus­ti­fient que nous consa­crions au­jourd’hui un ar­ticle ( et une cou­ver­ture) à cette com­pa­gnie par­ti­cu­liè­re­ment at­ta­chante, créée par Willie Mo­se­ley dans les an­nées soixante.

Okie from Mus­ko­gee

Né à Du­rant dans l’Ok­la­ho­ma en 1935, Willie Mo­se­ley gran­dit à Ba­kers­field en Ca­li­for­nie, après que sa fa­mille y eut mi­gré en 1940. C’est la grande époque des Okies, im­mor­ta­li­sés dans le ro­man de Stein­beck, Les Rai­sins de la co­lère ( et le film épo­nyme avec Hen­ry Fon­da dans le rôle- titre), ces mi­grants ori­gi­naires de l’Ok­la­ho­ma pous­sés vers l’Ouest par la crise et les orages de pous­sière, et qui se­ront un peu les po­laks, les ri­tals de cette Ca­li­for­nie en plein boom… Une po­pu­la­tion dure au mal, prête aux tâches les plus in­grates pour sur­vivre. De cette po­pu­lace mal­me­née naî­tra un des plus grands mou­ve­ments de la mu­sique coun­try ca­li­for­nienne, le dé­sor­mais fa­meux Ba­kers­field Sound, dans le­quel, par­mi tant d’autres, s’illus­tra Merle Hag­gard, lui- même un « Okie from Mus­ko­gee » re­ven­di­qué. Ce mou­ve­ment mu­si­cal per­mit à toutes les com­po­santes de la gui­tare ca­li­for­nienne de se dé­ve­lop­per, de ses pousses an­nexes, de Big­sby à Se­mie Mo­se­ley, jus­qu’à in­di­rec­te­ment ses plus illustres re­pré­sen­tants comme Leo Fen­der, qui pro­fi­ta de cette scène vi­brion­nante pour mettre au point ses gui­tares. C’est dans cette mecque de la coun­try rive gauche que Mo­se­ley fit ses classes

Les Okies se­ront les ri­tals, les po­laks de cette Ca­li­for­nie en plein boom.

dans un groupe évan­gé­lique au sein du­quel il tint la gui­tare dès l’âge de 13 ans. Le gar­çon fut très vite to­ta­le­ment ob­sé­dé par l’ins­tru­ment, au point de ne pas en trou­ver un ca­pable de le sa­tis­faire to­ta­le­ment. Il fut ain­si très vite ame­né à en­tre­prendre de construire lui- même ses propres ins­tru­ments. Se­mie et son frère aî­né de deux ans, Andy, se mirent ain­si à cus­to­mi­ser des gui­tares et, dès 1952, Se­mie construi­sait un ins­tru­ment com­por­tant pas moins de trois manches : un manche stan­dard, un manche à l’oc­tave, et un manche de man­do­line. La même an­née, il réa­li­sa une gui­tare à double manche pour une gloire lo­cale, le mu­si­cien de coun­try Joe Ma­phis : un manche au dia­pa­son ré­duit, et un manche 6- cordes nor­mal. Joe Ma­phis était un mu­si­cien de coun­try de Los An­geles, gui­ta­riste vir­tuose aux ins­tru­ments flam­boyants et aux te­nues glit­ter et rhi­nes­tone qui au­raient fait pas­ser Li­be­race pour l’Ab­bé Pierre. Il avait son propre show té­lé­vi­sé, et du fait de cette au­dience élar­gie, était im­men­sé­ment po­pu­laire dans la ré­gion. Ce mo­dèle, qui com­por­tait l’ins­crip­tion “Joe” sur le pre­mier manche et celle de “Ma­phis” sur le se­cond, fut joué pen­dant de nom­breuses an­nées par le cé­lèbre

Mo­se­ley ac­quit l’es­sen­tiel de ses connais­sances avec Ro­ger Ross­meisl.

mu­si­cien. À cette époque, Mo­se­ley pas­sait en fait plus de temps à construire des gui­tares qu’à les jouer, et il fit très tôt le choix de sa car­rière en pro­po­sant ses ser­vices au­près de fa­bri­cants lo­caux au­près des­quels il ac­quit les connais­sances né­ces­saires à son en­vol. Il tra­vailla tout d’abord aux cô­tés de Paul Big­sby à Dow­ney en Ca­li­for­nie, et pen­dant une courte pé­riode, il fut même em­bau­ché chez Ri­cken­ba­cker. C’est au sein de cette cé­lèbre com­pa­gnie qu’il af­fi­na ses capacités en ma­tière de lu­the­rie. Et son ap­pren­tis­sage y fut as­su­ré au­près de Ro­ger Ross­meisl, un lu­thier d’ori­gine al­le­mande, fils de Wen­zell Ross­meisl ( construc­teur des gui­tares Ro­ger en Al­le­magne) et te­nant d’une tra­di­tion de construc­teurs de la ré­gion de Mit­ten­wald ( voir les ar­ticles de Pa­trice Noël sur le su­jet). Ross­meisl avait ame­né aux USA des tech­niques de construc­tion propres à la lu­the­rie al­le­mande, comme le fa­meux ger­man carve, cette fa­çon par­ti­cu­lière de tailler les tables sur deux ni­veaux, qu’on re­trou­ve­ra chez Ri­cken­ba­cker, comme par la suite chez Mos­rite ( et même sur cer­taines Fen­der puisque Ross­meisl fit un sé­jour de courte du­rée chez ce construc­teur en 1962 et fut à l’ori­gine de mo­dèles comme la LTD qui re­te­naient éga­le­ment ce ger­man carve, sans grand suc­cès, d’ailleurs). Mais lors de son pas­sage chez Ri­cken­ba­cker, Mo­se­ley lais­sa fil­trer qu’il pro­je­tait de tra­vailler sur son propre mo­dèle, il fut re­mer­cié sans plus de dé­tail par la com­pa­gnie et se re­trou­va du jour au len­de­main sans em­ploi ; il n’avait plus le choix, et il fal­lait dé­sor­mais qu’il par­vienne à mon­ter son propre bu­si­ness. En 1956, les frères Mo­se­ley s’as­so­cièrent ain­si avec un pas­teur de la ré­gion de Los An­geles du nom de Ray Boa­tright ( qui ap­por­ta le « rite » au nom de la so­cié­té. Ils créèrent ain­si en­semble la com­pa­gnie Mos­rite. ( Se­mie Mo­se­ley te­nait à ce que son nom fût pro­non­cé MoZE­ley, et par in­ci­dence, la pro­non­cia­tion cor­recte du nom de la com­pa­gnie reste MoZE­rite). Cette as­so­cia­tion avec un pas­teur s’ex­plique par le fait que Mo­se­ley était lui- même très croyant, ayant gran­di dans une fa­mille évan­gé­liste, et il de­vint à cette époque un pas­teur très pri­sé et cha­ris­ma­tique, se­lon son ami Brian Lon­beck, qui rap­por­tait que « Se­mie fai­sait des ser­mons plein de flamme, et les gens se met­taient à par­ler dans des langues im­pro­bables ! C’était très étrange et in­tense » . On veut bien le croire... Il faut dire que l’homme avait de quoi en im­po­ser avec sa taille de 1,94 m, pour plus de 100 ki­los et un phy­sique de star de ci­né­ma, les dents blanches et bien plan­tées, le teint ha­lé et le che­veu dru, il y avait de la graine de star chez ce mo­deste pas­teur, lu­thier à ses heures. « Il y avait un peu de Glenn Camp­bell dans Se­mie Mo­se­ley, et un peu d’El­vis aus­si » , écri­vit plus tard un jour­na­liste... et ajou­tant qu’avec son phy­sique, ses ta­lents de gui­ta­riste et sa voix de ba­ry­ton cha­leu­reuse, il au­rait pu tout aus­si bien être une star lui- même. À ob­ser­ver la pho­to de Mo­se­ley aux cô­tés de Joe Ma­phis ( en page 14), on se de­mande fran­che­ment le­quel des deux per­son­nages po­sant gui­tare en main est le dis­cret lu­thier, pas­teur in­ter­mit­tent, et le­quel est la star té­lé­vi­sée. C’est vrai que Mo­se­ley man­qua alors de peu être en­ga­gé comme dou­blure pour par­ti­ci­per à un film avec El­vis Pres­ley, film dont il se re­ti­ra en der­nière mi­nute pour des

Il y avait un peu de Glenn Camp­bell en lui, et un peu d’El­vis aus­si...

rai­sons per­son­nelles et re­li­gieuses, après avoir cer­né avec hor­reur ce que pou­vait être le mi­lieu ci­né­ma­to­gra­phique hol­ly­woo­dien de l’époque…

Des dé­buts dif­fi­ciles

Mo­se­ley choi­sit donc plu­tôt de construire des gui­tares, et il en pro­dui­sit ain­si plus de 50 000. Au dé­part, chaque gui­tare était cus­tom, faite à la main, et construite où c’était pos­sible, dans des ga­rages, des ate­liers de for­tune. En 1959, Andy par­tit s’ins­tal­ler à Na­sh­ville pen­dant un an pour faire connaître la marque, ven­dant quelques ins­tru­ments au Grand Ole Opry, et aux mu­si­ciens de tour­née. La même an­née les ate­liers dé­mé­na­gèrent à Oil­dale en Ca­li­for­nie, juste au nord de Ba­kers­field. En 1962 l’usine s’ins­tal­la sur Pa­na­ma Lane où furent créés les pre­miers mo­dèles Joe Ma­phis. Pen­dant des an­nées, la com­pa­gnie Mos­rite sur­vé­cut ain­si en construi­sant des gui­tares à la main et sur me­sure pour un cer­tain nombre de clients fi­dèles, les ate­liers se dé­pla­çant en per­ma­nence au gré de la crois­sance tran­quille de la pe­tite com­pa­gnie. Les usines trou­vèrent un nou­vel em­pla­ce­ment plus stable dans la ville de Ba­kers­field, pas loin du Conven­tion Cen­ter, juste de l’autre cô­té de la voie fer­rée. Ba­kers­field était une ville en pleine ex­pan­sion, après sa qua­si des­truc­tion par un trem­ble­ment de terre en 1952, et elle ab­sor­ba alors les flux de mi­grants suc­ces­sifs, d’abord de l’Ok­la­ho­ma, puis du Mexique, des clients idéaux pour le genre mu­si­cal coun­try, et toutes les ac­ti­vi­tés an­nexes qui pou­vaient s’y rap­por­ter, en par­ti­cu­lier la construc­tion d’ins­tru­ments de mu­sique, les gui­tares en pre­mier chef. Pas mal de pe­tites com­pa­gnies de gui­tares étaient alors ba­sées dans la ville, comme Hall­mark, Stan­dell ou en­core Grug­gett. La plu­part de ces com­pa­gnies furent flo­ris­santes dans les an­nées 60, mais après le Sum­mer of Love de 1967, les choses des dé­gra­dèrent, et Stan­del puis Han­dell ( dont les gui­tares sont dé­sor­mais ra­ris­simes) firent ra­pi­de­ment faillite, et les pièces dé­ta­chées se re­trou­vèrent alors en vente de fa­çon anar­chique, gé­né­rant un com­merce de gui­tares- Fran­ken­stein dans toute la ré­gion ( voir page 16).

No­kie Ed­wards, gui­ta­riste des Ven­tures, tom­ba amou­reux des Mos­rite.

En­ter the Ven­tures

Lorsque Mos­rite dé­bu­ta ses nu­mé­ros de sé­rie, le mo­dèle nu­mé­ro 001 fut ache­té par Don Rich, mer­veilleux chan­teur et gui­ta­riste et fu­tur pi­lier du groupe de Buck Owens, qui réa­li­sa pour­tant l’es­sen­tiel de sa car­rière avec une Te­le­cas­ter en ban­dou­lière. « C’était une très belle gui­tare » , confirme Gene Moles, lui- même gui­ta­riste mon­nayant alors ses ta­lents dans les stu­dios de Ba­kers­field, et qui tra­vaillait éga­le­ment au contrôle qua­li­té de la com­pa­gnie Mos­rite. « C’était un ins­tru­ment bien conçu. Il avait un manche étroit et un pro­fil bas, si bien qu’il n’y avait pas be­soin d’exer­cer trop d’ef­fort pour la jouer. Elle était équi­pée de speed frets qui fa­vo­ri­saient les glis­sés de haut en bas du manche sans être blo­qué par des ra­len­tis­seurs : les frettes hautes » . Moles ache­ta donc la Mos­rite n° 002. Il s’était lié d’ami­tié avec No­kie Ed­wards, le gui­ta­riste des Ven­tures, un des pion­niers de la dis­to, qui pas­sait sou­vent chez lui pour dis­cu­ter et échan­ger quelques plans ( ils com­po­sèrent plu­sieurs titres qui furent des gros suc­cès pour les Ven­tures). Un jour, No­kie s’ar­rê­ta chez Moles à Ba­kers­field en com­pa­gnie de sa femme. Il se di­ri­geait vers LA pour des séances d’en­re­gis­tre­ment avec les Ven­tures et tom­ba im­mé­dia­te­ment amou­reux de la Mos­rite de Moles. Il de­man­da à ce der­nier de lui pré­sen­ter Se­mie, ce qui fut fait dans la fou­lée. No­kie fit aus­si­tôt l’ac­qui­si­tion d’un exem­plaire ( il s’agis­sait au dé­part d’un mo­dèle Joe Ma­phis), un ins­tru­ment qui al­lait de­ve­nir plus tard le mo­dèle Ven­tures, sans su­bir de mo­di­fi­ca­tion, avec une simple ad­jonc­tion du lo­go du groupe en haut de la tête. ( Au­jourd’hui, une gui­tare de ce mil­lé­sime dé­pas­se­ra al­lè­gre­ment les 10 000 dol­lars si un dea­ler par­vient à mettre la main sur un des rares spe­ci­men comme ce­lui pré­sen­té en page 11, pro­ve­nant de l’in­ven­taire de Ga­ry’s Clas­sic Gui­tars). En un temps re­cord, tous les membres des Ven­tures se

Les Ven­tures étaient ( et res­tent) de vé­ri­tables lé­gendes au Ja­pon.

conver­tirent aux charmes des Mos­rite et des titres comme “Walk Don’t Run” ou le thème mé­mo­rable de Ha­wai Po­lice d’Etat furent joués sur des ins­tru­ments de Mo­se­ley. Le groupe connais­sait alors un suc­cès phé­no­mé­nal, leurs al­bums s’écou­laient par di­zaines de mil­lions, et leur suc­cès était alors pla­né­taire. Mo­se­ley avait un peu dé­cro­ché le jack­pot, car le groupe avait as­sis sa ré­pu­ta­tion sur des ins­tru­men­taux exé­cu­tés à la gui­tare, et qu’à ce titre, même les Beatles ne pou­vaient ri­va­li­ser avec la force de frappe des Ven­tures en tant qu’am­bas­sa­deurs de la 6- cordes, fai­sant fi­gu­rer les gui­tares en large place sur les po­chettes de leurs al­bums. Le ré­sul­tat ne se fit pas at­tendre long­temps. La de­mande fut im­mé­diate, les ventes ex­plo­sèrent et une nou­velle usine fut créée grâce aux fonds des Ven­tures qui de­man­dèrent en échange la dis­tri­bu­tion ex­clu­sive des mo­dèles Mos­rite. En 1963, le mo­dèle phare de la pro­duc­tion Mos­rite fut re­bap­ti­sé MK I Ven­tures Mo­del. Le sup­port des Ven­tures s’avé­ra ca­pi­tal, en par­ti­cu­lier en Ex­trême- Orient. Le mo­dèle Ven­ture se ven­dait 462 dol­lars, une pe­tite somme à l’époque, mais le mar­ché ja­po­nais fut néan­moins inon­dé de gui­tares ca­li­for­niennes.

Les belles an­nées

La pro­duc­tion ex­plo­sa alors, et les frères se trou­vèrent à la tête d’un beau pac­tole qui leur per­mit d’agran­dir consi­dé­ra­ble­ment leur offre de mo­dèles, et ac­ces­soi­re­ment d’in­ves­tir dans d’autres ac­ti­vi­tés, comme leur la­bel pho­no­gra­phique ( voir p. 20). Au som­met de leur pro­duc­tion en 1968, Se­mie et Andy Mo­se­ley, qui avaient lar­ge­ment em­bau­ché et se trou­vaient dé­sor­mais à la tête d’une équipe de 107 em­ployés, pro­dui­saient jus­qu’à 1000 gui­tares par mois : des acous­tiques, des élec­triques so­lid­bo­dy, des double et triple- manches, des basses, des do­bros et des man­do­lines. Les offres de ra­chat com­men­çaient à se mul­ti­plier, signe de la bonne san­té de l’en­tre­prise. Le dis­tri­bu­teur Sears & Roe­buck Co pro­po­sa ain­si plu­sieurs mil­lions de dol­lars pour ra­che­ter la so­cié­té, mais Mo­se­ley re­fu­sa. Il ra­che­ta la com­pa­gnie Do­bro en 1966, et ra­pi­de­ment la mai­son sor­tait des do­bros à ne sa­voir qu’en faire… d’abord sous le nom

de Do­bro, puis sous le nom de Mos­rite ou de Mo­bro. La pro­duc­tion de ces ins­tru­ments à ré­so­na­teur dé­bu­ta à Gar­de­na, où l’usine Do­bro avait dé­mé­na­gé en 1965, avec des an­ciennes pièces de la com­pa­gnie, puis elle fut trans­fé­rée à Ba­kers­field. Les nou­veaux mo­dèles firent leur ap­pa­ri­tion, comme le Ca­li­for­nian, une gui­tare élec­trique qui pré­sen­tait un corps de do­bro et une manche de Mos­rite, ou les acous­tiques Ce­le­bri­ty 1, 2 et 3, la Se­re­nade, une autre acous­tique, que Mo­se­ley dis­tri­buait al­lè­gre­ment dans les églises au tra­vers du pays… Mal­heu­reu­se­ment le deal de dis­tri­bu­tion avec les Ven­tures se cas­sa la fi­gure après cinq an­nées de bonne co­or­di­na­tion et de ventes ex­po­nen­tielles. Un nou­vel ar­ran­ge­ment fut éta­bli avec la Tho­mas Or­gan Co, qui construi­sait éga­le­ment les gui­tares Vox. Cette col­la­bo­ra­tion fut dé­sas­treuse et les ventes se ca­lèrent sur un mode dé­crois­sant à par­tir de ce jour. Andy, le frère de Willie Mo­se­ley, po­sa plus tard can­dide- ment la ques­tion de sa­voir si ce fut ef­fec­ti­ve­ment une bonne idée de si­gner un contrat de dis­tri­bu­tion ex­clu­sif de trois ans avec une com­pa­gnie qui fa­bri­quait elle- même des gui­tares, un concur­rent donc. La ré­ponse semble fi­gu­rer dans une ques­tion ( « Est- ce que ce fut une cons­pi­ra­tion, un acte pré­mé­di­té ? » ) , po­sée mal­heu­reu­se­ment un peu tard. Mos­rite fut dé­cla­ré en faillite en 1969, le jour de la Saint Va­len­tin. On no­te­ra, de fa­çon an­nexe, qu’à la suite de la faillite de Mos­rite, mais éga­le­ment de celles de Hall­mark ou Stan­dell ( voir plus haut), Ba­kes­field de­vint en quelques se­maines une sorte de ca­pi­tale des « pièces dé­ta­chées » pour gui­tares, du au fait que des ventes aux en­chères de ma­té­riel furent alors réa­li­sées, et que cer­tains ou­vriers furent payés en pièces, les com­pa­gnies étant bien in­ca­pables de leur as­su­rer un sa­laire. On vit alors fleu­rir aux quatre coins de la ville des gui­tares hy­brides, construites avec des équi­ments pro­ve­nant de di­verses sources, que les col­lec­tion­neurs bap­tisent au­jourd’hui des « Part- Rite » , puisque les pièces Mos­rite y pré­do­minent. Gene Moles se fit une spé­cia­li­té de ce genre d’ins­tru­ment qu’il si­gnait GM. Mais il n’est pas rare de trou­ver des ins­tru­ments réunis­sant des pièces pro­ve­nant de trois, voire quatre construc­teurs dif­fé­rents, tous lo­ca­li­sés à Ba­kers­field.

Phoe­nix, Ca­li­for­nia

Mais il en fal­lait plus pour dé­cou­ra­ger les deux frères, for­més à la dure, ha­bi­tués à com­po­ser avec les flux et

Ba­kers­field de­vint une ca­pi­tale des pièces dé­ta­chées de gui­tares.

Les frères Mo­se­ley se trans­for­mèrent alors en VRP...

re­flux du des­tin avec une égale constance et sans ja­mais se plaindre. Les Mo­se­ley ten­tèrent ain­si de vendre eux- mêmes leurs gui­tares, pièce à pièce, en les pro­po­sant aux échoppes res­tées fi­dèles. Bref, ils jouaient le rôle de dis­tri­bu­teurs et de VRP en plus des tâches ad­mi­nis­tra­tives et de construc­tion qui leur res­taient dé­vo­lues. Ils réus­sirent à vendre ain­si 280 gui­tares dans l’an­née, c’est à dire cin­quante fois moins que la quan­ti­té écou­lée deux an­nées plus tôt, et leur vo­lon­té de sur­vie était re­mar­quable. Mais les dé­bi­teurs et l’ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine, tou­jours im­pla­cables, ne l’en­ten­daient pas de cette oreille. Un jour, en ren­trant à leur bou­tique, les deux frères trou­vèrent des scel­lés sur les portes. La jus­tice avait frap­pé. Mo­se­ley, alerte et vin­di­ca­tif, consa­cra son éner­gie jusque- là af­fec­tée à la concep­tion et la réa­li­sa­tion de ses gui­tares à la dé­fense de l’oeuvre de sa vie qu’il crai­gnait de se voir confis­quée. La for­tune ac­cu­mu­lée au fil des suc­cès lui per­mit de s’as­su­rer la meilleure dé­fense pos­sible, une pré­cau­tion ja­mais in­utile dans ce genre de pro­cé­dure aux États- Unis. Bien lui en prit. En 1970 une dé­ci­sion de jus­tice per­mit à Se­mie Mo­se­ley de ré­cu­pé­rer l’usage du nom Mos­rite. Sans perdre

une se­maine, l’en­tre­pre­neur se re­mit à construire à nou­veau des gui­tares dans la ville de Pump­kin Cen­ter en Ca­li­for­nie où il ou­vrit un nou­vel ate­lier. Mais les belles an­nées étaient dé­sor­mais der­rière lui, et s’il par­vint à main­te­nir une ac­ti­vi­té constante au fil des mois et à pro­duire des ins­tru­ments de qua­li­té re­mar­quable, ja­mais le suc­cès ne se re­pré­sen­ta avec la vi­gueur des grandes an­nées. La plu­part des ins­tru­ments construits à cette époque étaient ex­por­tés vers le Ja­pon, pays où les Mos­rite étaient res­tés très po­pu­laires, en grande par­tie du fait du suc­cès des Ven­tures dans ce pays. La com­pa­gnie Mos­rite sem­blait en outre avoir l’âme voya­geuse, comme si un in­suc­cès chro­nique la pous­sait alors à cher­cher for­tune sous d’autres cieux et, au cours des vingt an­nées qui sui­vront, elle se trou­va dé­pla­cée à Ok­la­ho­ma Ci­ty, Ok­la­ho­ma, à Jo­nas Ridge en Ca­ro­line du Nord, puis à Boon­ville, dans l’Ar­kan­sas. Comme il était ins­tal­lé en Ca­ro­line du Nord, Mo­se­ley in­vi­tait sou­vent son ami Brian Lon­beck, l’ex- gui­ta­riste de Bar­ba­ra Man­drell, a lui rendre vi­site. « Il vou­lait que j’ap­prenne à construire ses gui­tares, il me lo­geait quand je ve­nais lui rendre vi­site et nous tra­vail­lions sur les gui­tares toute la se­maine, il m’ap­pre­nait à les construire, et me fai­sait tout faire sauf avec la dé­fon­ceuse, j’ima­gine qu’il avait peur pour mes doigts ! » . Vi­si­ble­ment le sou­ci de trans­mettre son sa­voir et ses concepts de­ve­nait pres­sant pour Mo­se­ley. Six mois après avoir ins­tal­lé son usine dans sa der­nière lo­ca­li­té, à Boon­ville dans l’Ar­kan­sas, Mo­se­ley tom­ba gra­ve­ment ma­lade. Les mé­de­cins diag­nos­ti­quèrent un can­cer des os. Il dé­cé­da six se­maines plus tard, en août 1992. Peu de temps avant la fin de son bu­si­ness, Mo- se­ley vou­lait construire 40 exem­plaires de 1992 40th An­ni­ver­sa­ry, une gui­tare ma­gni­fique avec un corps en me­ri­sier. Il n’en construi­ra fi­na­le­ment qu’une, qu’il of­fri­ra à son ami Brian Lon­beck. Ce fut la der­nière gui­tare qu’il construi­sit avant de mou­rir. La femme de Mo­se­ley, Lo­ret­ta, conti­nua à pro­duire les gui­tares pen­dant en­vi­ron un an après sa mort, et de­puis 2008 vend des Mos­rite cus­tom par leur site web. Ré­cem­ment la com­pa­gnie a pro­duit des mo­dèles Se­mie Mo- se­ley ’ 63 et 65 ba­sés sur leur mo­dèles construits pen­dant ces deux an­nées, faites en­tiè­re­ment à la main et avec exac­te­ment les mêmes spé­ci­fi­ci­tés que les mo­dèles d’époque. La fille de Se­mie, Da­na Mo­se­ley est éga­le­ment un lu­thier et conti­nue de construite des Mos­rite. Nous l’avons évo­qué, les Mo­se­ley s’aven­tu­rèrent éga­le­ment dans la pro­duc­tion pho­no­gra­phique. Ir­by Man­drell était pro­prié­taire d’un ma­ga­sin de mu­sique sur Ocean­side qui ven­dait les Mos­rite comme des pe­tits pains. Un jour il contac­ta Mo­se­ley pour lui si­gna­ler que sa fille, ado­les­cente, ne man­quait pas de ta­lents. Ef­fec­ti­ve­ment, la jeune femme, outre son phy­sique des play­mate, avait

La femme de Mo­se­ley conti­nua à pro­duire des gui­tares pen­dant un an.

Mos­rite Re­cords

des atouts mu­si­caux in­con­tes­table, pra­ti­quant avec un égal ta­lent la gui­tare, le ban­jo, la man­do­line, et même la pe­dal steel, et chan­tant de fa­çon fort ho­no­rable. Mo­se­ley mit en route son pro­jet de longue date qui consis­tait à mon­ter un la­bel. En par­tie pour uti­li­ser les fonds im­por­tants liés au suc­cès de son entre- prise, et en par­tie pour lais­ser libre cours à sa fibre ar­tis­tique et à son pas­sion pour la mu­sique. La jeune Man­drell fut ain­si la pre­mière ar­tiste si­gnée sur le la­bel. Elle al­lait de­ve­nir une ar­tiste coun­try d’en­ver­gure na­tio­nale. Bar­ba­bra en­re­gis­tra “Don’t Hold Your Breath”, une chan­son si­gnée par Billy Mize, pour sa pre­mière séance pro­duite par Mo­se­ley. Brian Lon­beck, un mu­si­cien de Ba­kers­field, al­lait y par­ti­ci­per à la gui­tare, et il res­te­rait un des pi­liers du groupe de Man­drell et un des meilleurs am­bas­sa­deurs des gui­tares Mos­rite. Les Mo­se­ley res­tèrent très proches de Man­drell tout au long de sa car­rière. Lors­qu’elle fut vic­time d’une ac­ci­dent de voi­ture dans les an­nées 80, Se­mie Mo­se­ley lui construi­sit une canne qui fai­sait éga­le­ment of­fice de gui­tare, une des­cen- dante des cannes- vio­lons po­pu­laires au XVIIIe siècle dans la vieille Eu­rope. Lorsque le la­bel fut lan­cé et connut ses pre­miers suc­cès, c’est Andy qui se concen­tra sur cette ac­ti­vi­té tan­dis que Se­mie se re­cen­trait sur ses pre­mièes amours, les gui­tares. Au­jourd’hui, Andy fait tour­ner un stu­dio d’en­re­gis­tre­ment à Na­sh­ville avec son fils Mike.

Mo­dèles

Les gui­tares Mos­rite sont ré­pu­tées pour leur de­si­gns ré­vo­lu­tion­naires, leurs manches étroits et confor­tables et équi­pés de frettes très basses, et leurs mi­cros au son par­ti­cu­lier, et au ni­veau de sor­tie de che­val… Le prin­ci­pal mo­dèle fut bien sûr le mo­dèle Ven­ture qui de­vien­dra par la suite le mo­dèle Mark I, le vais­seau ami­ral de cette flotte. Pa­ra­doxa­le­ment, la base de ce mo­dèle avait été créée pour Joe Ma­phis, mais comme le contrat avec les Ven­tures s’était dé­ve­lop­pé très ra­pi­de­ment, il fut dé­ci­dé d’ap­pe­ler “Ven­tures” ce mo­dèle. Les tout pre­miers mo­dèles Ven­tures étaient fait avec des manches col­lés, un corps bor­dé d’un fi­let et un gros lo­go Ven­tures et Mos­rite. Moins de 250 uni­tés de ces gui­tares furent construites, qui flirtent au­jourd’hui avec la barre des 10 000 dol­lars sur le mar­ché vin­tage. Dans le cou­rant de l’an­née 1964 le mo­dèle fut pro­duit sans le fi­let au­tour du corps, et

Andy Mo­se­ley di­rige au­jourd’hui un stu­dio à Na­sh­ville

avec un manche fixé par l’in­tér­mé­diaire de quatre vis et d’une plaque au pro­fil sin­gu­lier. Les lo­gos Mos­rite et Ven­tures furent consi­dé­ra­be­le­ment ré­duit. Ces mo­dèles Ven­tures étaient construits avec un corps en aulne, sculp­tées du fa­meux ger­man carve, un manche en érable deux pièces et une touche rap­por­tée en pa­lis­sandre, pa­rées de 22 frettes ex­trê­me­ment basses. Le nu­mé­ro de sé­rie était im­pri­mé au fer dans le pa­lis­sandre de la touche, au ni­veau de la 22e frette ( voir pho­to page 12). Les mi­cros étaient des simples- bo­bi­na­gees à haut ni­veau de sor­tie ( en­vi­ron 10 à 11 k), re­cou­verts d’un ca­pot noir mar­qué en re­lief d’une ins­crip­tion men­tion­nant « Mos­rite of Ca­li­for­nia » . Les mé­ca­niques étaient des Klu­son à double lignes équi­pées de bou­tons mé­tal­liques ovale. Le sillet était de na­ture par­ti­cu­lière, en mé­tal tu­bu- laire mar­qué d’en­coches pour le pas­sage des cordes, et beau­coup de mu­si­ciens ont rem­pla­cé ces sillets par des sillets en os plus clas­siques pour ga­gner du son. On no­te­ra éga­le­ment la pré­sence d’une frette zé­ro, autre hé­ri­tage de la lu­the­rie al­le­mande ( voir page 22). La plaque de pro­tec­tion était quant à elle consti­tuée d’un plas­tique en trois plis ( blanc, noir, blanc) et por­tait le sé­lec­teur à trois po­si­tions ain­si que les deux bou­tons de contrôle, vo­lume et to­na­li­té. La ca­vi­té du manche, une fois ce­lui- ci re­ti­ré, ré­vé­lait gé­né­ra­le­ment la date im­pri­mée sim­ple­ment au tam­pon en­creur avec le mois, le jour et l’an­née ( par exemple : DEC 12 1966). Les po­ten­tio­mètres sont des Cen­traLab, et leur nu­mé­ro­ta­tion per­met de da­ter ai­sé­ment la gui­tare. Par exemple la marque pou­vait in­di­quer 134- XXYY. Le XX in­di­quait l’an­née, par exemple 66 pour 1966, et YY la se­maine par exemple : 01, si l’ins­tru­ment avait été construit la pre­mière se­maine de jan­vier). Le che­va­let était consti­tué de six pontets in­idi­vi­duels ajus­tables, et d’un vi­bra­to de concep­tion mai­son, chro­mé. Plus tard, en 1965, un autre mo­dèle Joe Ma­phis vit le jour, ba­sé sur le Com­bo. La ligne com­plète de mo­dèles Ven­ture consis­tait alors en la Mark I ( cette dé­si­gna­tion per­du­re­ra après que l’as­so­cia­tion avec les Ven­tures prit fin en 1968), Mark II et Mark V ( sor­tie en 1966), la basse Mark X et la

L’as­so­cia­tion com­mer­ciale avec les Ven­tures prit fin en 1968.

Mark XII ( sor­ties en 1964) qui était une douze- cordes élec­trique ( la Mark XII était gé­né­ra­le­ment équi­pée d’un stop tail, mais il en existe avec des vi­bra­tos). En 1965 sor­tit le mo­dèle Ven­tures II, table plate ( sans le ger­man carve) et manche court, ce de­si­gn dé­plai­sait à Mo­se­ley qui le rem­pla­ça très vite par une nou­velle mou­ture avec le ger­man carve, des manches plus longs et une plaque plus large pour com­pen­ser la place ac­crue sur le corps. La ligne Ven­tures dé­bu­tée en 1963 s’ar­rê­ta en 1967 lorsque l’ac­cord avec les mu­si­ciens du groupe prit fin. C’est éga­le­ment en 1966 que sor­tirent les gui­tares hol­low­bo­dy Ce­le­bri­ty ( I, II et III, voir page 18) et com­bo, de même que les acous­tiques Bal­la­dere et Se­re­nade. En 1965 sor­tit le mo­dèle Joe Ma­phis, si­mi­laire à un Mos­rite com­bo mais sans les ouïes. Par la suite, dans les an­nées 70 et 80, bien d’autres mo­dèles sor­tirent, qui ne par­vinrent pas à la no­to­rié­té des mo­dèles an­té­cé­dents, comme la Blues­ben­der, ou la 300 et la 350 de style Te­le­cas­ter. On no­te­ra éga­le­ment que des co­pies de Mos­rite furent construites au Ja­pon par First­man, dès les an­nées 70, et ces mo­dèles ont été dé­taillés et com­pa­rés aux ori­gi­naux par notre ami Gé­rard Beu­zon dans le nu­mé­ro 6 de notre ma­ga­zine.

( Pho­to : Ga­ry’s Clas­sic Gui­tar)

Ce très rare exem­plaire du tout dé­but de pro­duc­tion ( 1963) fait par­tie du stock de Ga­ry’s Clas­sic Gui­tar à Cin­cin­na­ti, qui nous a ai­ma­ble­ment four­ni ce cli­ché. La gui­tare ex­hibe les ca­rac­té­ris­tiques propres aux tout pre­miers mo­dèles Ven­tures sor­tis des usines : un large lo­go « Ven­tures » sur la tête, un fi­let tout au­tour du corps. Les gui­tares de ce mil­lé­sime sont par­ti­cu­liè­re­ment re­cher­chées et dé­passent lar­ge­ment la barre des 5 chiffres.

( Pho­to : Ga­ry’s Clas­sic Gui­tars)

Le nu­mé­ro de sé­rie, comme sur ce mo­dèle de 1963, était gra­vé dans le pa­lis­sandre de la touche, entre les deux der­nières frettes.

( Pho­to : DR)

Andy Mo­se­ley, frère de Se­mie, avec une basse Mos­rite au NAMM Show de 1967

( Pho­to : DR)

Larry Col­lins, des Col­lins Kids, et sa double- manche si­gnée Mos­rite

( Pho­to : DR)

Le gui­ta­riste Joe Ma­phis ( à gauche), une star de la té­lé­vi­sion de l’époque, pos­sé­dait plu­sieurs dou­ble­manches Mos­rite. Il en pré­sente deux en com­pa­gnie de Willie Mo­se­ley ( à droite)

( Pho­to : X)

Mos­rite pro­po­sa éga­le­ment quelques mo­dèles acous­tiques de fac­ture fort ho­no­rable, comme ce mo­dèle Se­re­nade da­té de 1965

( Pho­to : X)

Une pu­bli­ci­té pour Mos­rite da­tée de 1968, juste avant la faillite, à l’oc­ca­sion du NAMM show te­nu à Chi­ca­go au mois de juin, et pré­sen­tant l’en­semble de la col­lec­tion de l’époque.

( Pho­to : DR)

Ma­gni­fique exem­plaire de mo­dèle Ven­tures Mark XII, de 1966, la ver­sion 12- cordes du mo­dèle Ven­tures.

( Pho­to : Chi­ca­go Mu­sic Ex­change)

Un mo­dèle Mos­rite Ven­ture de 1966 dans une ma­gni­fique fi­ni­tion Can­dy Aplle Red

1966 Ven­ture MK1

( Pho­to : Chi­ca­go Mu­sic Ex­change)

Un ma­gni­fique exem­plaire de Mos­rite Ce­le­bri­ty III, éga­le­ment bap­ti­sé Mo­del 220, da­té de 1968. Ce mo­dèle à deux pans cou­pés ne se­ra pro­duit que pen­dant une pe­tite an­née, puis re­pris en 1972. Mal­gré leur ap­pa­rence, les mi­cros sont des sim­ples­bo­bi­nages.

( Pho­to : Chi­ca­go Mu­sic Ex­change)

La ver­sion 12- cordes de la Ce­le­bri­ty, la CE III Mark XII. On no­te­ra les mé­ca­niques en plas­tique. La gui­tare ne fut pro­duite qu’en 1968 et reste une des Mos­rite les plus rares.

( Pho­to : DR)

Se­mie Mo­se­ley te­nant entre ses mains, bien des an­nées plus tard, la gui­tare qu’il réa­li­sa ado­les­cent. Elle est mu­nie de trois manches, de haut en bas : un manche gui­tare à l’oc­tave, un manche gui­tare stan­dard, et un manche man­do­line.

( Pho­to : DR)

Mos­rite reste cé­lèbre pour ses mo­dèles double ( voire triple) manches, comme ce mo­dèle Joe Ma­phis, équi­pé d’un manche 6- cordes et d’un manche 12- cordes, construit en 1967.

( Pho­to : Dave Mat­chette).

Un mo­dèle Ven­tures da­té de 1968

( Pho­to : DR)

Le gui­ta­riste Brian Lon­beck et Bar­ba­ra Man­drell ( son père Ir­by à droite) à quatre mains sur une double- manche Mos­rite

( Pho­to : DR)

Le bre­vet pour le mo­dèle Ven­ture, dé­po­sé en mai 1964 par Mo­se­ley, et dé­taillant le vi­bra­to spé­ci­fique, ne se­ra at­tri­bué que deux ans plus tard.

( Pho­to : X)

L’évo­lu­tion des têtes des Ven­tures au fil des an­nées : à droite, un exem­plaire de 1963, le lo­go Ven­tures est très large et le lo­go Mos­rite est si­tué bas sur la tête. Au centre, le lo­go Mos­rite est re­cen­tré et le lo­go Ven­tures est consi­dé­ra­ble­ment ré­duit, sur ce mo­dèle de 1966. A droite, sur un exem­plaire de 1968, le lo­go Ven­tures a dis­pa­ru, et les mé­ca­niques Klu­son à bou­tons mé­tal­liques ont été rem­pla­cées par des Klu­son à bou­ton de plas­tique.

Se­mie Mo­se­ley, qui per­son­ni­fie la com­pa­gnie au­tant que ses mo­dèles, pose pour une pu­bli­ci­té dans les an­nées 70.

( Pho­to : X)

Un do­bro Mos­rite de concep­tion ori­gi­nale, avec un corps de hol­low­bo­dy et deux mi­cros sim­ples­bo­bi­nages.

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