Pa­trick Perrin mar­chand des mar­chands

Vivre Côté Paris - - Cosmoparisien - PAR VIR­GI­NIE BER­TRAND.

Un sa­lon comme un ca­bi­net de col­lec­tion­neur, c’était l’en­vie de Pa­trick Perrin il y a vingt ans. Le PAD – Pa­villon des arts et du de­si­gn – cé­lèbre aus­si les dix ans de sa ver­sion lon­do­nienne.

Le PAD Pa­ris – du 29 mars au 6 avril aux Tui­le­ries – fète ses vingt ans, son ca­det de Londres ses dix ans. Ce mar­chand des mar­chands (d’arts !) a réus­si son pa­ri d’ex­por­ter outre-Manche au sein de la ca­pi­tale fi­nan­cière mon­diale “l’art de vivre à la fran­çaise, une so­phis­ti­ca­tion qui n’existe pas ailleurs is­sue du foi­son­ne­ment ar­tis­tique, de l’his­toire, des com­man­di­taires”, entre es­thé­tisme et éclec­tisme. Le sa­lon pa­ri­sien (plus de 40 000 vi­si­teurs) ou le lon­do­nien (30 000 vi­si­teurs) illus­trent la quinte ga­gnante de son ini­tia­teur: arts pre­miers, an­ti­qui­tés, arts dé­co­ra­tifs, art mo­derne, de­si­gn contem­po­rain. Chaque do­maine s’en­ri­chit de l’autre. “À chaque fois qu’il y a une spé­cia­li­té com­plé­men­taire, je suis pre­neur, si ce­la est fait avec goût par le mar­chand. No Li­mite à l’offre du PAD, si ce n’est l’ex­cel­lence”. “Re­gar­dez, Pierre Ber­gé et Yves Saint Laurent col­lec­tion­naient tout”. Pa­trick Perrin ouvre le ren­dez-vous aus­si à la nou­velle gé­né­ra­tion. Chas­seur, chi­neur, á la cu­rio­si­té in­sa­tiable, il fa­vo­rise la dé­cou­verte au sein du PAD en conviant de jeunes mar­chands des Puces ou des ga­le­ries émer­gentes. De Jacques La­coste, ré­fé­rent des an­nées 1930-50, Yves Gas­tou dé­cou­vreur de

ten­dances, en pas­sant par la ga­le­rie James spé­cia­li­sée en de­si­gn bré­si­lien ou la ga­le­rie BLS avec les de­si­gners an­glais, la Car­pen­ters Work­shop Gal­le­ry avec les frères Cam­pa­na, Kreo et sa tri­bu de si­gna­tures… les époques et les ta­lents dia­loguent en say­nètes, de stand en stand, entre les oeuvres des grands ma”tres de la pein­ture mo­derne. Pa­trick Perrin cultive la sur­prise “le ré­sul­tat est ce mé­lange fan­tas­tique” qui dé­crit les ima­gi­naires des dif­fé­rentes dé­cen­nies, les in­fluences entre ar­tistes. La ga­le­rie de bi­joux d’ar­tistes Mi­nimas­ter­piece fait son en­trée et le duo Da­vid Su­du­ca et Thier­ry Me­rillou, ar­chi­tectes et spé­cia­listes du de­si­gn du XXe signent la mise en scène du stu­dio du PAD, pièce exem­plaire ima­gi­née au sein du sa­lon, source d’ins­pi­ra­tion et im­mer­sion dans l’uni­vers de dé­co­ra­teurs. Pro­messe plus que te­nue, au-delá d’ex­po­ser á l’in­ter­na­tio­nal le gožt fra­nèais, le PAD Pa­ris double le nombre de ga­le­ries lon­do­niennes. La rive gauche… Et tou­jours pour tou­jours.

Votre Pa­ris in­time ?

Dé­fi­ni­ti­ve­ment les Puces de Saint-Ouen. Il y a un tel vi­vier de mar­chands donc de mar­chan­dise. Ils n’ont

Vos en­droits de chine ?

pas tou­jours des moyens im­por­tants donc ils sont dans l’obli­ga­tion de la dé­cou­verte, d’in­ven­tion de mise en scène.

Vos haltes pour un dé­jeu­ner de mar­chands?

Le Gour­met des Ternes, le meilleur res­tau­rant de viande, 87, bd de Cour­celles, 75008. Le Paul Bert, un bis­trot, pa­ri­got jus­qu’au ro­gnon á la mou­tarde ou le tar­tare de boeuf et ex­cel­lentes frites mai­son, 18, rue Paul Bert, 75011. L’Écailler du Bis­trot, pour la ver­sion pois­son du Paul Bert, 22, rue Paul Bert, 75011. Le Stre­sa, pour une échap­pée ita­lienne, 7, rue Cham­biges, 75008. Le Grif­fon­nier, pour sa cui­sine de bis­trot, au­then­tique, joyeuse, 8, rue des Saus­saies, 75008.

Vos adresses quand vous êtes aux four­neaux?

Les fro­mages de Bar­thé­lé­my, 51, rue de Gre­nelle, 75007. Les viandes de Ba­jon, 29, rue de l’Ab­bé Gré­goire, 75006. Les foies gras de La­fitte, 8, rue Jean du Bel­lay, 75004. La char­cu­te­rie de Gilles Ve­rot, 3, rue Notre-Dame-des-Champs, 75006.

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