LA CUI­SINE D’UNE AR­TISTE COLLEUSE D’IMAGES

C’est la cui­sine d’une ar­tiste. Celle de Ca­the­rine Lu­pis Tho­mas. Un drôle d’en­droit qui ac­com­pagne le quo­ti­dien d’une fa­mille et fait vi­brer la pas­sion pour le col­lage, jusque sur les murs de cet es­pace de vie convi­vial.

Vivre Côté Paris - - LE SOMMAIRE - TEXTE Mar­tine Du­teil

Celle de l’ar­tiste Ca­the­rine Lu­pis Tho­mas qui ac­cueille sa pas­sion pour le col­lage.

Son tra­vail rap­pelle ce­lui de Jacques Ville­glé. Des pho­to­gra­phies ar­ra­chées dans les rues ou les ma­ga­zines, Ca­the­rine Lu­pis Tho­mas ré­cu­père le sou­ve­nir d’his­toires an­ciennes pour en com­po­ser d’autres. Re­pé­rée puis ex­po­sée dans plu­sieurs ga­le­ries à Pa­ris, Sen­lis (où elle vit), et à Ber­lin (où elle vit aus­si), elle as­semble des images, au­jourd’hui es­sen­tiel­le­ment des pho­tos per­son­nelles de rues ou d’ar­chi­tec­tures, en y ajou­tant col­lages et/ ou pein­ture. La rue, la ville l’ins­pirent. Le mur réa­li­sé pour « Ur­ban Na­tion » au Mu­seum Bu­low Strasse à Ber­lin, en est une belle illustration ( ur­ban-na­tion. com). Mais re­ve­nons à Sen­lis, dans l’an­cien couvent re­con­ver­ti en ap­par­te­ments qui a em­pi­lé les siècles, les époques, les vies jus­qu’à ce jour où une ar­tiste est ve­nue em­bras­ser de son ima­gi­naire, un es­pace à vivre et à créer. Ca­the­rine Lu­pis Tho­mas oc­cupe trois ni­veaux de la de­meure his­to­rique. La cui­sine est ac­cueillante, in­vi­tante. Elle en­cadre de toute sa convi­via­li­té une vie de fa­mille où l’on s’af­faire, l’on échange, et l’on pré­pare ce qui se­ra le re­pas du mi­di ou du soir. L’idée étant d’être et de res­ter en­semble le plus pos­sible. Avec quatre mètres sous pla­fond, le coin cui­sine ne de­vait pas être trop do­mi­nant. Pour ce­la, Ca­the­rine Lu­pis Tho­mas l’a choi­si avec un îlot cen­tral concept « bul­thaup b3 » re­vê­tu de stra­ti­fié gris an­thra­cite avec champs en alu­mi­nium, alors que cô­té mur le même concept est réa­li­sé en pom­mier avec un plan de tra­vail en alu­mi­nium. De­puis huit ans, rien n’a bou­gé. Elle aime la fonc­tion­na­li­té de ces lignes qui ont pris le temps d’ob­ser­ver les ha­bi­tudes, les gestes des uti­li­sa­teurs. Cô­té élec­tro­mé­na­ger, un four avec mi­cro-ondes in­té­gré, une plaque de cuis­son à gaz, un tep­pa­nya­ki – plaque chauf­fante – et une hotte as­pi­rante Gag­ge­nau ac­com­pagnent l’en­semble. « Je vou­lais quelque chose de lu­mi­neux, mais pas de blanc. J’ai donc op­té pour du bois clair qui ré­pond au mur ha­billé de mé­lèze brut, à peine pon­cé. » Il s’agit d’un jeu de lattes de dif­fé­rentes tailles, agen­cé de fa­çon aléa­toire par la me­nui­se­rie Fre­nois à Mou­zon. Au sol, un par­quet en chêne vieilli de fa­bri­ca­tion fran­çaise ( la-maison-du-bois. com). Dans la même pièce, une che­mi­née en acier noir po­li, Au­tour du feu ( au­tour-feu-pa­ris.fr) ap­porte des ac­cents de mo­der­ni­té au cadre his­to­rique. Les meubles aux ré­fé­rences scan­di­naves, chi­nés y ont trou­vé leur place. Les oeuvres de Ca­the­rine aus­si. Au mur, une pho­to d’un de ses pre­miers col­lages donne la ré­plique à un ca­na­pé ha­billé de ve­lours rouge, un fau­teuil de Pierre Pau­lin re­cou­vert d’un tis­su vert anis, et une table et des chaises en chêne des an­nées 1970. Un lieu per­son­nel où l’in­no­va­tion de la cui­sine ac­com­pagne l’es­prit libre de l’ar­tiste. Ca­the­rine Lu­pis Tho­mas, Fa­mi­ly De­si­gn Pro­ject. 25, rue de Meaux, 60300 Sen­lis et 22, Em­ser Strasse, 10719 Ber­lin-Wil­mers­dorf. Ins­ta­gram Ca­the­rine Lu­pis Tho­mas. ca­the­ri­ne­lu­pis­tho­mas.book.fr Bul­thaup Es­pace Tro­ca­dé­ro. 25 bis, rue Ben­ja­min Frank­lin, 75116. Tél. 01 56 90 19 19. bul­thaup.com

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