CHAS­SER LE NA­TU­REL…

L’ ÉTÉ EST SOU­VENT SY­NO­NYME DE RE­CON­NEXION À L A NA­TURE. DON­NER DE L’ AIR AU CORPS SAU­VAGE CONTRAINT L E RESTE DE L’ AN­NÉE, L I BÉRER L ES PEN­SÉES. ET SI CE­LA ÉTAIT POS­SIBLE EN PLEINE CA­PI­TALE, ENTRE BI­TUME ET BÉ­TON, DE SE RE­TROU­VER À L A CAM­PAGNE. PIEDS

Vivre Côté Paris - - Le Sommaire - PAR Vir­gi­nie Ber­trand

L’été est sou­vent sy­no­nyme de re­con­nexion à la na­ture. C’est aus­si pos­sible à Pa­ris !

Ap­pré­hen­der le mé­tier de ber­ger ur­bain, dé­fri­cher un sen­tier tra­çant le Grand Pa­ris, fré­quen­ter les arbres, pra­ti­quer son art martial dans les parcs… En com­pa­gnie d’aven­tu­riers vi­sion­naires ou maîtres tai-chi, la na­ture dis­pense ses bien­faits, même en ville. Sur­tout en ville ! Cap­ter les éner­gies de la na­ture Comme l’ex­plique Lau­rence Monce, na­tu­ro­pathe et au­teur de Ces arbres qui nous veulent du bien (édi­tions Du­nod) et Dé­cou­vrir la syl­vo­thé­ra­pie (In­te­ré­di­tions), il s’agit sim­ple­ment de choi­sir entre faire du sport dans une salle sa­tu­rée d’ions po­si­tifs ou d’op­ter pour l’ex­té­rieur et « les bains de fo­rêts » pour se char­ger d’ions né­ga­tifs. « Se dé­con­nec­ter pour se re­con­nec­ter. Les arbres sont aus­si vi­vants que nous et ils dé­clenchent, en autres, par leurs sub­stances vo­la­tiles, l’hor­mone du bon­heur. On ap­prend à mar­cher plus len­te­ment, à res­pi­rer au­tre­ment, à man­ger cer­taines feuilles, à tou­cher la terre, les ra­cines, les troncs… Les co­ni­fères to­ni­fient, les feuillus apaisent. » Après s’être for­mée à l’uni­ver­si­té de Tu­rin, elle pra­tique à Ram­bouillet et en­vi­sage dé­sor­mais le bois de Bou­logne. Pour ren­for­cer l’har­mo­nie du corps et de l’es­prit, tai-chi et qi gong se dis­pensent dans les parcs pa­ri­siens. Ren­dez-vous ma­ti­nal aux Buttes-Chaumont, près du res­tau­rant Ro­sa Bon­heur le week-end, ou dans le parc Mont­sou­ris, avec l’as­so­cia­tion Les Quatre Pi­liers. « Notre ap­proche du tai-chi n’est pas mar­tiale mais éner­gé­tique, il est ques­tion du po­si­tion­ne­ment du corps, de re­cen­trage, d’écoute de l’éner­gie en­vi­ron­nante. »

Par­cou­rir de nou­veaux ter­ri­toires

L’équipe de Voyage Mé­tro­po­li­tain pro­pose de jouer les ex­plo­ra­teurs des ter­ri­toires de la mé­tro­pole. Jens De­nis­sen, ur­ba­niste-pay­sa­giste, a ini­tié ce col­lec­tif en 2014, qui pro­pose une dé­cou­verte au­tant géo­gra­phique que so­cio­lo­gique des zones pé­ri­ur­baines, à tra­vers la ran­don­née. Leur der­nier pro­jet, en col­la­bo­ra­tion avec d’autres as­so­cia­tions, est la consti­tu­tion pour 2020 du Sen­tier mé­tro­po­li­tain du Grand Pa­ris, un par­cours de ran­don­née de 600 km. « Il mon­tre­ra les cou­lisses, les his­toires et les mo­nu­ments or­di­naires et in­con­nus de la mé­tro­pole. Il ra­con­te­ra un ter­ri­toire en trans­for­ma­tion, entre ville et na­ture, et ré­vé­le­ra notre pa­tri­moine mé­tro­po­li­tain com­mun. » Tou­jours avec cette vo­lon­té d’inau­gu­rer de nou­velles voies afin de mieux vivre la ville, de re­créer ce lien à la na­ture mais aus­si so­cial entre les ha­bi­tants, Cli­na­men tra­vaille de­puis quinze ans à l’in­tro­duc­tion de l’agri­cul­ture en ville. Guillaume Le­ter­rier, à l’ini­tia­tive de cette as­so­cia­tion in­dé­pen­dante au sys­tème col­lé­gial, sans sub­ven­tion, forme des ber­gers ur­bains. Il est éga­le­ment dé­ve­lop­peur ter­ri­to­rial de la co­opé­ra­tive des Ber­gers ur­bains. On peut s’y es­sayer le temps d’un week-end et par­tir en tran­shu­mance. « Ce­la peut prendre la forme d’un stage de dé­com­pres­sion pour les pa­ri­siens ou de vé­ri­tables ini­tia­tions. Nous re­met­tons aus­si des ter­rains en culture, vi­ti­cul­ture et ma­raî­chage. Nos es­paces sont tou­jours par­ti­ci­pa­tifs. Le rythme de l’agri­cul­ture re­donne une sai­son­na­li­té à la ville. » Sa pas­sion gagne : plus de 450 bé­né­voles l’ont re­joint. Des champs culti­vés, il y en a aus­si à Nan­terre, juste der­rière La Dé­fense. De­puis vingt-cinq ans, Ro­ger des Prés mène la Ferme du Bon­heur, met en scène l’évi­dence de la na­ture en ville et re­lève un sa­cré dé­fi ex­pé­ri­men­tal : culti­ver un sol pol­lué au-des­sus de l’échan­geur de l’au­to­route A14 qui est de­ve­nu po­ta­ger et ver­ger. Quoi de plus na­tu­rel pour cet ac­teur-jar­di­nier-culti­va­teur, in­ven­teur de l’agro-poé­sie. Sa ferme agrège culture et agri­cul­ture, bals électro et api­cul­ture, spec­tacles d’arts vi­vants et mois­sons. Walk on the wild side ? Oui, pour rendre la ville moins sté­rile et plus so­li­daire. Alex Voyer, lui, la joue car­ré­ment sau­vage avec ses aco­lytes de Pa­ris Wild Swim­ming dont le cercle ne cesse de s’agran­dir. Il donne ren­dez-vous au pe­tit ma­tin ca­nal de l’Ourcq ou bas­sin de La Villette pour des courses de na­ta­tion de deux et cinq ki­lo­mètres. « La qua­li­té de l’eau de la Seine est bonne, il n’y a plus d’usines sur ses berges de­puis long­temps, de nom­breux re­le­vés bac­té­rio­lo­giques sont faits. » Ici, on l’a bien com­pris, on est à la cam­pagne !

1. Le ber­ger de la Ferme du Bon­heur. Cette ferme a été créée il y a plus de vingt ans par Ro­ger des Prés, ar­tiste, ac­teur et pay­san vi­sion­naire ur­bain. Tra­vail de la terre, créa­tion ar­tis­tique, la ferme cultive le bon­heur al­ter­na­tif et com­mu­nau­taire. Son P.R.E, parc ru­ral ex­pé­ri­men­tal, s’étend sur le toit de l’au­to­route A14 et la ferme avec théâtre, ré­si­dences d’ar­tistes et fes­ti­vals es­ti­vaux s’aligne dans l’axe his­to­rique Tui­le­ries-La Dé­fense. Une jo­lie pers­pec­tive d’ave­nir…

2. Séance de syl­vo­thé­ra­pie en fo­rêt de Ram­bouillet par Aqua­li­brat­ti­tude, bien­tôt dis­po­nible dans le bois de Bou­logne. 3. Pra­tique du tai-chi « Corps Vi­vant Corps Conscient » en plein air au parc Mont­sou­ris par Les Quatre Pi­liers Pa­ris. 4. Le Voyage mé­tro­po­li­tain, or­ga­ni­sa­tion d’ex­plo­ra­tions pé­destres col­lec­tives, in­vite à des marches d’un à deux jours qui ex­plorent le Grand Pa­ris. Ici, la plage de la base des loi­sirs de Ja­blines lors du pre­mier « voyage » en 2014 de Ches­sy à Ville­pa­ri­sis.

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