Quand la nour­ri­ture nous en met plein les yeux

Vocable (Anglais) - - Édito | Sommaire - AMÉ­LIE ARA RÉ­DAC­TRICE EN CHEF Bonne lec­ture !

Dé­gai­ner son té­lé­phone pour prendre en pho­to un plat ex­cep­tion­nel­le­ment ap­pé­tis­sant n’a plus rien d’anor­mal. À l’heure où les pho­tos de nour­ri­ture se comptent en mil­lions sur les ré­seaux so­ciaux et où le ha­sh­tag #food­porn est l’un des plus uti­li­sés sur Ins­ta­gram, ce geste est de­ve­nu d’une in­croyable ba­na­li­té aux quatre coins du globe. Mais la mul­ti­pli­ca­tion d’images de nour­ri­ture al­lé­chante dans les mé­dias de masse ne date pas d’hier. Le terme de « gas­tro­porn » fut in­ven­té bien avant la nais­sance des ré­seaux so­ciaux. C’est le jour­na­liste Alexan­der Cock­burn qui l’uti­li­sa pour la pre­mière fois dans sa cri­tique du livre

Paul Bo­cuse’s French Coo­king pour la re­vue New York Re­view of Books en 1977. Ce sont donc les chefs de la Nou­velle Cui­sine qui, en créant des plats vi­suel­le­ment éla­bo­rés, ont dé­clen­ché cette pe­tite ré­vo­lu­tion cu­li­naire et so­ciale. Dès les an­nées 1980, rendre la nour­ri­ture ap­pé­tis­sante, voire « sexy », est de­ve­nue une pré­oc­cu­pa­tion ma­jeure pour les en­seignes de res­tau­ra­tion et de grande dis­tri­bu­tion. Ce­la fait long­temps que la nour­ri­ture af­fole nos écrans, en té­moignent deux spots pu­bli­ci­taires em­blé­ma­tiques : la poire re­cou­verte de cho­co­lat de Nest­lé au dé­but des an­nées 1990 et son pen­dant bri­tan­nique, le pud­ding au cho­co­lat de Marks & Spen­cer en 2005. L’ar­ri­vée des ré­seaux so­ciaux n’a fait que trans­for­mer cette ten­dance en une vé­ri­table mode. Aux cô­tés du « food porn », nous dé­cryp­tons aus­si, dans ce nu­mé­ro, un phé­no­mène cu­li­naire qui semble ren­con­trer un suc­cès crois­sant dans les pays oc­ci­den­taux : la cui­sine ve­gan.

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