L’ES­PRIT DE NOËL

Feu de bois, ai­guilles de pin, écorces de man­da­rine… Ces ef­fluves cha­leu­reux, cen­sés com­pen­ser la mor­sure du froid, nous pro­pulsent dans une am­biance de fêtes, char­gée en émo­tion.

VOGUE Paris - - Contents - Par Mé­la­nie Nauche. Pho­to­graphe R.P. McMur­phy.

Des ef­fluves cha­leu­reux com­pensent la mor­sure du froid en nous pro­pul­sant dans une ver­sion mo­derne de Noël, char­gée en émo­tion. Par Mé­la­nie Nauche, pho­to­graphe R.P. McMur­phy

«en ma­quillage et en mode, on tente des choses ex­tra­va­gantes pen­dant les fêtes de fin d’an­née, parce qu’on a en­vie de s’amu­ser. Il en va de même pour le par­fum», ex­plique Céline Roux, di­rec­trice du stu­dio de créa­tion Jo Ma­lone. D’où ces sen­teurs contras­tées, riches en sa­veurs, qui mêlent : 1. des notes chaudes et épi­cées, clin d’oeil à nos sou­ve­nirs ol­fac­tifs, comme la can­nelle, le sa­pin cou­pé ou le chocolat chaud, et 2. des sen­sa­tions ul­tra­fraîches et vi­vi­fiantes, en écho aux fri­mas ex­té­rieurs. «L’odeur de l’hi­ver est très dif­fi­cile à re­pro­duire, car to­ta­le­ment abs­traite. Il y a quelques an­nées, nous avions es­sayé avec Oli­vier Pes­cheux, par­fu­meur chez Gi­vau­dan, de re­créer la sen­teur de la neige… Beau­coup d’es­sais pour un ré­sul­tat as­sez peu convain­cant !», ra­conte Myriam Ba­dault, di­rec­trice de la créa­tion Dip­tyque. Le chal­lenge ? Ne pas tom­ber dans une tra­duc­tion trop lit­té­rale, comme le confie Jacques Ca­val­lier-Bel­le­trud, maître par­fu­meur chez Louis Vuit­ton : «J’es­saie de conce­voir mes bou­gies comme des “dou­dous ol­fac­tifs”. L’ob­jec­tif étant de par­ta­ger la fée­rie de Noël sans tom­ber dans la ca­ri­ca­ture, avec une vraie vo­lon­té créa­tive.» Un flo­ri­lège de sen­teurs qui, même si elles sont ca­rac­té­ris­tiques de la sai­son, sont au­to­ri­sées le reste du temps. Comme le confirme le par­fum Gin­ger Bis­cuit de Jo Ma­lone, fi­na­le­ment ven­du toute l’an­née à la de­mande des clientes.

Les par­fums

Pour sa 16e édi­tion, l’Eau du Soir, qu’on ne Sillage pré­sente cha­leu­reux plus, se love dans un écrin aus­si dé­li­cat que la marche sur cous­si­nets du fé­lin. Ins­pi­rée par un ta­pis en ve­lours im­pri­mé léo­pard, cette fra­grance suave en­ve­loppe d’un voile d’ambre et de pat­chou­li : sans doute l’in­ter­pré­ta­tion la plus chic d’une soi­rée d’hi­ver. Eau du Soir Edi­tion Li­mi­tée, Sis­ley, 100 ml, 220 €.

Écorce de bou­leau + épices + man­da­rine jaune : Ba­lade The Har­mo­nist en fo­rêt condense les trois odeurs em­blé­ma­tiques de Noël dans un fla­con. Le ré­sul­tat, Gol­den Wood, puise dans la force de la na­ture de quoi imi­ter les sen­sa­tions d’un bol d’air aus­si to­ni­fiant qu’une pro­me­nade dans les sous-bois ge­lés. Gol­den Wood, The Har­mo­nist, 50 ml, 225 €.

Moon­light Shadow est un jo­li conden­sé de Arômes l’ima­gi­naire fes­tifs gus­ta­tif des fêtes: l’in­ten­si­té du cèdre, as­so­cié aux ac­cords frui­tés de figue et de cuir, rap­pelle l’opa­ci­té du chocolat. Le tout forme un jus gour­mand et joyeux comme un soir de ré­veillon. Moon­light Shadow, Les Ol­fac­to­ries, Pra­da, 100 ml, 265 €.

En guise d’ac­ces­soire ou pièce Ef­fluves de vêtement, ré­con­for­tants le bois a tou­jours te­nu une place de choix dans la créa­tion Saint Laurent, jus­qu’au par­fum. À la fois aé­rien et ca­pi­teux, Splen­did Wood évoque le sou­ve­nir d’un après­mi­di au coin du feu via une puis­sante note épicée (car­da­mome) mé­lan­gée aux éma­na­tions de bois brut. Splen­did Wood, Col­lec­tion Orien­tale, Yves Saint Laurent, 75 ml, 210 €.

La scène se passe pen­dant l’hi­ver 1955 : une troupe de Nuit théâtre gi­vrée ka­bu­ki dé­couvre l’élé­gance fran­çaise à tra­vers la bou­tique Dior. L’anec­dote ins­pire à Fran­çois De­ma­chy un jus ve­nant com­plé­ter la ro­se­raie de la mai­son, dont «la dou­ceur ca­res­sante se pique d’une pointe vive», dixit le par­fu­meur. Comme un ma­tin de dé­cembre. Rose Ka­bu­ki, Mai­son Ch­ris­tian Dior, 250 ml, 285 €.

Pre­nez les sen­sa­tions res­sen­ties lors Oud d’une re­com­po­sé ba­lade hi­ver­nale et conden­sez-les dans un fla­con : c’est L’Autre Ôud, de Mai­son Lan­côme. Un jus de 17 notes sombres et cui­rées, re­haus­sées de nuances épi­cées. L’ef­fet sur la peau ? Les ré­mi­nis­cences d’émo­tions fa­mi­lières, dans un sillage in­édit. L’Autre Ôud, Mai­son Lan­côme, 100 ml, 179,50 €.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.