Gol­den Globe : une af­faire de ma­rins et une his­toire de potes !

Ils rêvent d’ins­crire leur nom dans le sillage de Sir Ro­bin Knox Johns­ton, le seul des neuf concur­rents à avoir bou­clé le pre­mier tour du monde sans escale, au terme de 313 jours de mer. Mais cin­quante ans après, les concur­rents du Gol­den Globe se re­trouv

Voile Magazine - - Sommaire - Texte : Ber­nard Ru­bin­stein. Pho­tos : Ch­ris­tophe Fa­vreau, Jean-Marc Ar­thot et l’au­teur.

DE­PUIS PLUS D’UN MOIS,

ils sont en mer. Heu­reux, même si le plus dur reste à ac­com­plir, af­fron­ter le dé­sert li­quide de l’In­dien et du Pa­ci­fique. Ils étaient dix-sept ma­rins le 1er juillet der­nier à quit­ter la pla­nète Terre. A l’heure où ces lignes sont écrites, après vingt jours de course, ils ne sont plus que douze à la hau­teur du pot au noir. Cer­tains, pas­sée l’eu­pho­rie du dé­part, n’ont pas te­nu très long­temps, à l’image du Bri­tan­nique Er­tan Bes­kardes, de l’Aus­tra­lien Ke­vin Far­bro­ther bien­tôt re­joint par l’In­dien Abi­lash To­my, par­ti sur la ré­plique du Su­hai­li. Il se­rait fa­cile de les blâ­mer. La mer s’en est char­gée, leur rap­pe­lant sans mé­na­ge­ment qu’il faut un men­tal in­oxy­dable, une dé­ter­mi­na­tion sans faille pour ac­cep­ter cette vie qua­si mo­nas­tique où l’on dort l’oeil ri­vé sur le com­pas, les sens tou­jours en éveil. C’était dé­jà vrai il y a cin­quante ans, quand neuf ma­rins quit­taient les côtes an­glaises du­rant l’été 1968 pour ce pre­mier tour du monde en so­li­taire et sans escale. Dans notre so­cié­té ré­gie par le té­lé­phone por­table et le nu­mé­rique, c’est tou­jours vrai, mais à la puis­sance 10.

REN­TRER DANS LA CLASSE CHI­CHES­TER

Quant aux deux autres concur­rents, le Fran­çais Antoine Cou­sot et l’Amé­ri­cain Ist­van Ko­par, ce sont des pro­blèmes de ré­gu­la­teur d’al­lure qui les ont contraints de s’ar­rê­ter pour ré­pa­rer. Ils quittent donc le Gol­den Globe, rè­gle­ment oblige, mais conservent le pri­vi­lège de ren­trer dans la classe Chi­ches­ter, celle créée par les or­ga­ni­sa­teurs pour les ma­rins fai­sant escale. Pour tous les autres, le quo­ti­dien se dé­cline en gestes simples qui confèrent à la vie au grand large ce parfum d’ex­cep­tion. Phi­lippe Pé­ché, ré­ga­tier dans l’âme, le pre­mier à res­pec­ter le stop à Lan­za­rote aux Ca­na­ries, pren­dra le temps de re­lire la Bible. Chaque ma­tin, à l’heure du ré­veil, Jean-Luc Van Den Heede s’im­po­se­ra un tour d’ins­pec­tion sur le pont avant de se pré­pa­rer son pe­tit-dé­jeu­ner agré­men­té de Pe­tit-Beurre Lu. Ça ne s’in­vente pas. Il nous l’a confié avant le dé­part au même titre que bon nombre de concur­rents avec les­quels nous avons pris le temps de dia­lo­guer. La route est en­core longue jus­qu’aux Sables d’Olonne. Ten­ter le moindre pro­nos­tic sur le nom du vain­queur se­rait bien pré­somp­tueux. En re­vanche, j’af­firme avec cer­ti­tude que ces quatre jours pas­sés aux Sables à cô­toyer ces can­di­dats à l’aven­ture fut un vrai bon­heur, pré­texte à des scènes où trans­pi­rait la convi­via­li­té. On a vu le grand Sir Ro­bin en­cou­ra­ger un par un cha­cun des concur­rents. Tout comme on a as­sis­té à cette pho­to his­to­rique ras­sem­blant Phi­lippe Pé­ché, le bi­zuth, aux cô­tés des vieux bris­cards, Loïck Pey­ron, Alain Gau­tier et VDH. C’était aux Sables d’Olonne et nulle part ailleurs, le 1er juillet 2018.

La quête d’une vic­toire anime Phi­lippe Pé­ché, ici à la ma­noeuvre sur le pont de PRB lors de son pas­sage à Lan­za­rote.

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