Ma­te­lo­tage Va­ria­tions sur noeud de chaise

Noeud d’ac­croche par ex­cel­lence, éga­le­ment uti­li­sé comme noeud d’amar­rage ou noeud d’ajut, le noeud de chaise est LE noeud à connaître quand on na­vigue. Ne vous lais­sez pas dé­cou­ra­ger par son ap­pa­rente com­plexi­té : le noeud de chaise n’est pas com­pli­qué !

Voile Magazine - - Sommaire - Texte et pho­tos : Cé­cile Hoy­nant.

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donc que l’on parle du noeud de chaise ! Ce noeud fait ré­fé­rence à un usage par­ti­cu­lier peu ré­pan­du au­jourd’hui : il s’agit du noeud de chaise triple dont les trois boucles (deux pour les jambes et une pour la taille) per­mettent de his­ser un ga­bier dans la mâ­ture. Une chaise de mât ou, mieux en­core un har­nais, offre bien plus de confort et de sé­cu­ri­té. Le noeud de chaise est par­fois ap­pe­lé noeud de bou­line (dé­for­ma­tion amu­sante de l’an­glais « bow­line »), la bou­line dé­si­gnant dans l’an­cienne ma­rine à voile une ma­noeuvre frap­pée sur le bord ver­ti­cal d’une voile car­rée. Le terme an­glais « bow­line knot » fait ré­fé­rence à cet usage. Le noeud de chaise simple est le noeud d’ac­croche à boucle le plus po­pu­laire : on l’em­ploie pour frap­per une écoute sur une voile, rem­pla­cer un mous­que­ton de drisse, fixer un pa­lan, etc. Sans par­ler des usages plus tri­viaux de la vie cou­rante comme at­ta­cher un cor­dage à l’anse d’un seau. Le noeud de chaise est sou­vent uti­li­sé comme noeud d’amar­rage. Mais at­ten­tion, lorsque le dor­mant du cor­dage est sous ten­sion, il est im­pos­sible de dé­faire le noeud. Par­mi les va­riantes du noeud de chaise, ci­tons les faux ju­meaux agui et la­guis. Le noeud d’agui est un noeud d’ajut très simple à mettre en oeuvre, dont on se sert pour ral­lon­ger une amarre : il s’agit sim­ple­ment de deux noeuds de chaise aux boucles en­tre­la­cées. Rien à voir avec le noeud de la­guis, qui n’est autre qu’un noeud de chaise ca­pe­lé sur lui-même (la boucle du noeud cou­lisse sur le dor­mant). La­guis est is­su du mot « lac » (même ori­gine éty­mo­lo­gique que « la­cet »), qui dé­signe, en an­cien fran­çais, un type de col­let uti­li­sé par les bra­con­niers. Pas ques­tion de chas­ser le cou­sin du lièvre à bord de nos voi­liers. Les vic­times de cette tech­nique bar­bare sont les voiles et la bôme : ce noeud cou­lant est très pra­tique pour frap­per les bosses de ris au­tour de la bôme, étouf­fer une voile ou la ra­ban­ter. Le cur­ri­cu­lum vi­tae du noeud de chaise est im­pres­sion­nant : c’est un noeud simple que l’on peut exé­cu­ter de plu­sieurs ma­nières.

Il est fa­cile à dé­faire, même sou­qué. For­mé d’une de­mi-clé blo­quée dans un « U », sa ré­sis­tance au glis­se­ment est ex­cel­lente, ce qui le rend très fiable. Le ser­rage du noeud de chaise aug­mente avec la charge et, gé­né­ra­le­ment, le cor­dage casse avant que le noeud ne se dé­fasse (à no­ter qu’un noeud de chaise ré­duit la ré­sis­tance du cor­dage de 45%). En­fin, sa po­ly­va­lence en fait le chou­chou du bord. Mais per­sonne n’est par­fait : le prin­ci­pal point faible du noeud de chaise est sa ten­dance à se dé­faire avec le fa­seye­ment. Il est ain­si vi­ve­ment conseillé de le sé­cu­ri­ser lors­qu’il est uti­li­sé comme noeud d’ac­croche des voiles d’avant. L’usage est de faire une de­mi-clé sur le dor­mant mais Ju­lien Bar­net (Ino-Rope) vous pro­pose une al­ter­na­tive qu’il juge plus fiable. Son autre dé­faut, nous l’avons dé­jà évo­qué plus haut dans le cas de l’amar­rage, est l’im­pos­si­bi­li­té de le nouer ou de le dé­nouer sur un cor­dage sou­mis à une forte ten­sion. Une tech­nique existe néan­moins pour réa­li­ser le noeud de chaise ra­pi­de­ment. Celle-ci consiste à pré­pa­rer à l’avance une de­mi-clé gan­sée, à pas­ser le cou­rant de l’amarre dans l’an­neau à ca­pe­ler puis à le faire re­ve­nir dans la ganse. Lorsque le cor­dage se tend, le noeud de chaise se forme par « bas­cu­le­ment ». Cette as­tuce, qui fonc­tionne mieux avec une amarre ri­gide, est bien connue des mon­ta­gnards qui l’ont bap­ti­sée « noeud de guide ». Elle est d’au­tant plus pra­tique que le noeud peut être pré­pa­ré en avance et réa­li­sé à bout de bras. Les mé­thodes pour réa­li­ser le noeud de chaise, plus ou moins pra­tiques ou ori­gi­nales, ne manquent pas. Nous nous sommes res­treints à trois ma­nières de le nouer (moyen mné­mo­tech­nique du « ser­pent », noeud de chaise « au­tour de la taille » et « noeud de guide ») ain­si qu’à trois va­riantes (noeud de chaise triple, noeud d’agui et noeud de la­guis).

Le noeud de chaise est sou­vent em­ployé pour l’amar­rage, peut-être à tort car il est im­pos­sible à dé­faire lors­qu’il est sou­mis à une forte ten­sion. On est alors obli­gé de don­ner du mou avec le dor­mant de­puis le ba­teau... Dans tous les cas, un tour mort est pré­fé­rable.

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