Lu pour vous "Fou­tez-nous la paix"

Vos Chiens - - Le Programme -

Dans cet ou­vrage ré­cent 1), l’au­teur

( re­late l’en­quête qu’elle a réa­li­sée au­près de ces pe­tits pro-duc­teurs de fro­mages et autres vins qui, dans plu­sieurs ré­gions, s’op­posent à ces groupes ten­ta­cu- laires qui tentent d’im­po­ser l’idée que l’unique ave­nir de notre pay­san­ne­rie ré­side en une agri­cul-ture pro­dui­sant à bas coût d’énormes quan­ti­tés de den­rées stan­dar­di­sées. Pe­tits pro­duc­teurs ren­con­trant les plus grandes dif­fi­cul­tés lors­qu’ils tentent de pro­duire hors des normes pré­co­ni­sées par cette uni­for­mi­sa­tion des­truc­trice tant des pro­duits de la ferme que de ses modes de culture et d’éle­vage. Pro­duc­teurs qui, s’ils se heurtent évi­dem­ment aux mul­ti­na­tio­nales, ont aus­si à af­fron­ter quel­que­sunes des ad­mi­nis­tra­tions et or­ga­ni­sa­tions pro­fes­sion­nelles ayant cé­dé au chant de ces si­rènes lob­byistes, ad­mi­nis­tra­tions qui prennent un ma­lin plai­sir à mettre des bâ­tons dans les roues de ceux qui tentent d’échap­per à la nor­ma­li­sa­tion. Soit, pour les pre­mières, en pous­sant le sta­kha­no­visme jus­qu’à l’ab­surde,

( 2) soit, pour les se­condes, en res­ser­rant au maxi­mum les ro­bi­nets fi­nan­ciers qu’ils contrôlent. Et qui vous dé­pêchent des contrô­leurs ve­nant me­su­rer entre les pieds de vigne la hau­teur de la “vé­gé­ta­tion concur­ren­tielle” ou qui, après avoir dé­cré­té

( 3) qu’un âne au­rait une pres­sion éco­lo­gique sur le mi­lieu équi­va­lente à celle de six bre­bis, obligent un éle­veur nor­mand dont les mou­tons paissent en li­ber­té à choi­sir entre se sé­pa­rer de ses équi­dés ou d’une bonne quan­ti­té d’ovins, bu­reau­crates re­fu­sant d’ad­mettre que si, de­puis des temps im­mé­mo­riaux, les longues oreilles ac­com­pagnent les bre­bis dans les prés-sa­lés, c’est à cause de leur (mau­vais) ca­rac­tère qui, com­bi­né à leur ins­tinct ter­ri­to­rial, les amènent à cour­ser re­nards et chiens er­rants ten­tant d’ap­pro­cher les lai­neux. Ayant, à contre coeur, choi­si de conser­ver son gagne- pain, le Nor­mand fait au­jourd’hui cette re­marque : « J’ai plus de pro­blèmes avec les ser­vices ad­mi­nis­tra­tifs mais main­te­nant je me fais bouf­fer mes agneaux ! » 4).

( Pages fai­sant dé­cou­vrir quelques ins­ti­tuts, or­ga­nismes de cer­ti­fi­ca­tion, d’ap­pel­la­tions, “co­mi­tés de pro­cu­reurs ame­nés à avoir un droit de vie ou de mort sur leurs col­lègues” et

( 5) dont les ana­lyses de contrôle sont le fait de la­bo­ra­toires ven­dant les pro­duits chi­miques aux ex­ploi­tants dont ils vé­ri­fient la bonne ap­pli­ca­tion de

( 6) normes qu’ils ont eux-mêmes éla­bo­rées. Le cercle se­ra fer­mé sa­chant que les pro­duits de la ferme se­ront ap­pré­ciés par des col­lègues du vé­ri­fié qui, parce que pas­sés sous les fourches cau­dines de l’in­dus­trie chi­mique, n’au­ront au­cun in­té­rêt à fa­vo­ri­ser la dis­si­dence. Et qui ver­ront leur tâche fa­ci­li­tée par des agents de l’ad­mi­nis­tra­tion aux­quels on im­pose de jus­ti­fier leur dé­pla­ce­ment à la cam­pagne en cher­chant la pe­tite bête chez les ex­ploi­tants. Dé­marche plus ai­sée lors­qu’on vise un pe­tit, le gros sa­chant se dé­fendre, lui. Ou­vrage, donc, non seule­ment très ins­truc­tif mais aus­si de lec­ture fa­cile. Mais qui, au mo­ment où on le re­ferme, laisse un re­gret à l’ama­teur d’ani­maux fa­mi­liers, sec­teur igno­ré bien qu’of­frant au­tant d’em­plois que l’agri­cul­ture dite clas­sique dès que l’on ad­di­tionne éle­veurs ( chiens, chats, NAC, …), fa­bri­cants d’ali­ments, com­mer­çants 7), ar­ti­sans, pen­sion

( neurs, dres­seurs, vé­té­ri­naires, com­por­te­men­ta­listes à tous ceux su­bis- sant aus­si le sta­kha­no­visme ad­mi­nis­tra­tif. Et fai­sant es­pé­rer qu’isa­belle SAPORTA se penche sur ce su­jet d’au­tant plus in­té­res­sant que le fonc­tion­ne­ment d’un monde de l’ani­mal fa­mi­lier, res­té très dis­cret à ce jour, est mé­con­nu non seule­ment du pu­blic mais sou­vent de ses ac­teurs eux-mêmes. Pour mé­moire : quel mé­dia s’est fait l’écho des chiens ayant, comme chaque an­née, par­ti­ci­pé en nombre au Sa­lon de l’agri­cul­ture ? Ou : pour­quoi le bon­heur des chiens et des chats dé­pend-il, au mi­nis­tère, de la Di­rec­tion Gé­né­rale de l’ali­men­ta­tion ? Se­rait-ce un reste de cette pré­his­toire où ils ser­vaient par­fois d’ap­port pro­téi-nique ?

• Co­cker An­glais : 1. Gal­li­na­gos All This Time à Mle Si­mo­nel­li et Tour­nier 64 pts. • Sa­moyède : 2. Fall In Love Fo­rest Oha­ra of Bloom White à Mlle Mit­ko­va 45 pts. • York­shire : 3. Mar­ga­ri­ta du Ga­lop du Globe à Mme Rinck-ho­chard 40 pts. • Co­ton de Tu­léar : 4. James West des Jar­dins de Gos­sy­pium à Mme Vincent 39 pts. • Bi­chon Fri­sé : 5. I-want-itAll des Portes de Ha­nau à Mme Erb 36 pts. • Chi­hua­hua Poil Court : 5. Ja­mai­ca du Do­maine San Se­bas­tian à M. Mal­grat 36 pts. • Bos­ton Ter­rier : 7. Ious­ton des Gar­diens du Bois Cler­bault à Mlle La­rouble 35 pts. • Bas­set Hound : 8. Hec­tor du Ha­ras de la Vergne à Mme La­tour 33 pts. • Chi­hua­hua Poil Court : 8. Ja­ca­di A Dit da Min­ha Quin­ta à Mme Cal­da­ra­ric 33 pts. • Chi­hua­hua Poil Long : 8. Ja­pa­nese Gift de l’isle au Vert Cô­teau à M. Ala­rion 33 pts.

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