GRAN CANARIA

DU SO­LEIL SUR UNE CI­VI­LI­SA­TION PER­DUE

Voyages d'Affaires - - SOMMAIRE - Re­por­tage Serge Bar­ret Pho­tos Alain Pa­ri­net

Quatre heures de Pa­ris en vol di­rect, du so­leil toute l’an­née, des plages comp­tant par­mi les plus belles du monde et une culture au­toch­tone ri­chis­sime per­met­tant d’or­ga­ni­ser un court sé­jour thé­ma­ti­sé : l’île de Gran Canaria, en plein At­lan­tique, donne un grand coup de pied dans la four­mi­lière des cli­chés bé­ton­nés.

C’est une apo­ca­lypse, les Ca­na­ries; un chaos pé­tri­fié de sept îles prin­ci­pales je­tées en plein At­lan­tique au large des côtes du grand sud ma­ro­cain. Pra­ti­que­ment au tro­pique, donc. Elles sont toutes d’ori­gine vol­ca­nique, mais pré­sentent cha­cune un ca­rac­tère dif­fé­rent. Cer­taines sont as­sez plates et très arides comme Fuer­te­ven­tu­ra, d’autres noires de lave à l’image de Lan­za­rote et d’autres en­core pas­sa­ble­ment es­car­pées à l’ins­tar de Gran Canaria.

Et c’est pré­ci­sé­ment Gran Canaria qui, pour l’ins­tant, passe sous les ailes de l’avion en phase d’at­ter­ris­sage. Des vil­lages blancs es­seu­lés dans la mon­tagne, des bour­gades, de l’ocre jaune, du brun fon­cé, du Sienne brû­lée ; du pourpre aus­si et, ça et là, des trouées de vert qui se fau­filent au fond de ca­nyons abrupts et fi­nissent par s’échouer dans le bleu­blanc des vagues de l’At­lan­tique.

L’aé­ro­port de Gran Canaria n’est pas bien loin, à une de­mie-heure tout au plus du centre-ville de Las Pal­mas de Gran Canaria, ca­pi­tale de l’île et pre­mière étape d’un sé­jour dé­co verte de trois ou quatre jours, comme il est main­te­nant sou­vent de mise dans le tou­risme d’af­faires. C’est peu, mais bien suf­fi­sant pour al­ler aux es­sen­tiels d’une île presque ronde de seule­ment 50 ki­lo­mètres de rayon.

Las Pal­mas de Gran Canaria ? Près de 400 000 ha­bi­tants et une sur­pre­nante at­mo­sphère ; très mo­derne, qua­si agi­tée... Mais aus­si une ville qui s’al­longe, fa­çon Rio, le long de sa plage de Las Can­te­ras. Avec, comme il se doit dans ces cas-là, no­tam­ment dans les grandes villes es­pa­gnoles, une foul­ti­tude de bars et de res­tau­rants et, à l’une de ses ex­tré­mi­tés, un re­mar­quable pa­lais des congrès conçu par le cé­lèbre ar­chi­tecte ca­ta­lan Os­car Tus­quets.

Il y a ce­la, il y a le port et il y a aus­si, le long des ave­nues et des rues pié­tonnes, des bâ­ti­ments clas­siques, néo-clas­siques et même mo­der­nistes. Mais il y a sur­tout Ve­gue­ta, au­tre­ment dit le centre his­to­rique, bour­ré de charme, tout ra­mas­sé qu’il est au­tour de sa ca­thé­drale dont la construc­tion dé­bu­ta au dé­but du XVIe siècle. Ce ne sont que ruelles, pla­cettes, cha­pelles, nobles mai­sons à bal­cons de bois ou­vra­gés, hauts murs chau­lés et mar­ché mu­ni­ci­pal aus­si propre qu’un sou neuf. Ve­gue­ta est aus­si le quar­tier des mu­sées avec, en fi­gure de proue, la Ca­sa de Co­lon, au­tre­ment dit la mai­son du gou­ver­neur où ré­si­da Chris­tophe Co­lomb en route vers l’in­con­nu, en 1492.

Et quelle mai­son ! Trois pa­tios suc­ces­sifs de fac­ture go­thi­co-re­nais­sance et pa­vés de ga­lets ronds, des co­lon­nades de pierre, un puits cen­tral ma­gis­tral, des plantes en pot et des per­ro­quets rouge vif et bleu pé­tard en li­ber­té, à l’image de ceux que Co­lomb rap­por­ta en ca­deau des Amé­riques à Isa­belle de Cas­tille.

Sur­tout, l’une des pièces contient la re­pro­duc­tion gran­deur na­ture de l’in­té­rieur et du pont de la Niña, l’une des trois ca­ra­velles du na­vi­ga­teur ré­pa­rée ici pour cause d’ava­rie lors d’une der­nière es­cale avant la grande tra­ver­sée. Du bois clair, du bois et en­core du bois. Pont, cor­dages, ca­bine et lit du ca­pi­taine, fau­teuil hié­ra­tique pour les grandes cir­cons­tances, table à cartes ma­rines et vo­lets à man­te­let... Un rêve d’en­fant, même si, a prio­ri, plu­sieurs se­maines confi­né là-des­sus avec hommes d’équi­page, pro­vi­sions et ani­maux vi­vants ne de­vait pas être une si­né­cure.

Le reste de la mai­son est tout aus­si in­té­res­sant, ex­po­sant dans ses salles le ré­cit des dif­fé­rents voyages de l’Ami­ral, mais aus­si, au pre­mier étage, une très riche col­lec­tion de pein­tures ain­si qu’une pré­sen­ta­tion – ma­quettes à l’ap­pui – de l’his­toire des Ca­na­ries en gé­né­ral et de Las Pal­mas de Gran Canaria en par­ti­cu­lier. À no­ter que le mu­sée se pri­va­tise pour des évé­ne­ments plu­tôt haut de gamme, cock­tails et soi­rées de ga­la no­tam­ment.

Pré­ci­sé­ment, dans cette his­toire de l’île, on en­trou­vri­ra ici le voile d’une ci­vi­li­sa­tion fi­na­le­ment en­core as­sez mé­con­nue et qui s’épa­nouis­sait bien avant l’ar­ri­vée des Es­pa­gnols. Avec des trous d’his­toire, de gros blancs qui rendent en­core plus mys­té­rieuse la culture des hommes qui vi­vaient là. Mais, pour al­ler plus avant, mieux vaut se rendre, à cinq mi­nutes à pied de la Ca­sa de Co­lon, au Mu­sée Ca­na­rio, fon­dé en 1879. Fa­bu­leux, pas­sion­nant et conser­vé dans un mode de pré­sen­ta­tion d’au­tre­fois, au­tre­ment dit avec des vi­trines qui n’au­raient pas dé­pa­ré un mu­sée du XIXe siècle. Ce qui ajoute au lieu un rien de charme sur­an­né. En re­vanche, en pleine mo­der­ni­té cette fois, tout est or­don­né, mu­séo­gra­phié, clas­sé et ex­pli­qué. Ce­la va des ob­jets du quo­ti­dien – cé­ra­miques, pierres po­lies, et autres meules et mor­tiers – à la pré­sen­ta­tion de l’ha­bi­tat – des huttes rondes en pierre sèche –, en pas­sant par des vê­te­ments en peau et de vieilles van­ne­ries. Mais le clou, c’est cette ga­le­rie au pre­mier étage pré­sen­tant sur toute sa lon­gueur une gi­gan­tesque col­lec­tion de crânes hu­mains et de mo­mies...

Qui sont- ils donc ces Guanches, terme gé­né­rique qua­li­fiant la to­ta­li­té des groupes oc­cu­pant l’ar­chi­pel avant l’ar­ri­vée des Eu­ro­péens ? D’où sont-ils ve­nus et pour­quoi se sont-ils ins­tal­lés sur ces îles loin­taines ? Comment vi­vaient-ils et pour­quoi ont-ils dis­pa­ru ? On sait des choses, certes, mais on ne sait pas tout, loin de là. À com­men­cer par leurs ori­gines, dont au­cune preuve cer­taine n’a été re­trou­vée. Des élé­ments lin­guis­tiques, des ana­lyses ADN et des bases de déco­ration sur les po­te­ries tendent tout de même à prou­ver qu’il s’agis­sait pro­ba­ble­ment de res­sor­tis­sants du nord-ouest de l’Afrique, d’un peuple ber­bère ar­ri­vé il y a en­vi­ron 2 000 ans avec ani­maux et graines pour les se­mis.

Comment ? On n’en sait rien. On se doute bien que c’est par ba­teau, mais c’est tout. Pour­quoi une telle mi­gra­tion ? On n’en a pas la moindre idée non plus. Tout ce que l’on sait, c’est qu’ils s’épar­pillèrent sur les dif­fé­rentes îles de l’ar­chi­pel et, aus­si in­croyable que ce­la pa­raisse, n’eurent plus ja­mais de com­mu­ni­ca­tion entre eux, ayant per­du au pas­sage l’usage de la na­vi­ga­tion. Ce qui ne les em­pê­cha pas d’avoir sur toutes les îles une or­ga­ni­sa­tion so­ciale très struc­tu­rée avec chef, no­blesse, plèbe et ri­tuels re­li­gieux. Ils vé­curent ain­si, dans leurs mai­sons tro­glo­dytes, à culti­ver, à pra­ti­quer l’éle­vage et à se faire la guerre entre tri­bus jus­qu’à l’ar­ri­vée, au tour­nant du XIVe siècle, des Es­pa­gnols et des Por­tu­gais qui, se­lon leurs ha­bi­tudes, les ex­ter­mi­nèrent – pas si fa­ci­le­ment tout de même – ou les ré­dui­sirent à l’es­cla­vage. Peu en ré­chap­pèrent.

CI­VI­LI­SA­TION PER­DUE

Dé­cou­vrir les gi­gan­tesques pay­sages de Gran Canaria en s’ap­puyant sur les traces tan­gibles lais­sées par cette ci­vi- li­sa­tion per­due peut d’ailleurs consti­tuer un ex­cellent fil conduc­teur du sé­jour. Pour­vu qu’on sache s’écar­ter, de temps à autre, de ce cadre un rien ré­duc­teur en vi­si­tant ici une plan­ta­tion de ba­nanes, dé­gus­tant là un rhum ca­na­rien ma­gni­fique ou en­core tes­tant ailleurs, au fond d’une val­lée, un ex­cellent ca­fé, le seul culti­vé dans l’Union eu­ro­péenne. Al­lons-y !

À tout sei­gneur tout hon­neur, on com­mence le pé­riple par le site ca­na­rii – c’est ain­si que l’on dé­signe le sous-groupe des Guanches qui vi­vaient sur Gran Canaria – de Ce­no­bio de Va­le­ron. D’abord des es­ca­liers taillés dans la roche, puis une sente écra­sée de so­leil cou­rant pen­dant une quin­zaine de mi­nutes sur le flanc de la mon­tagne, une vue épous­tou­flante sur des som­mets mauves et des val­lées pro­fondes, puis, le long du che­min, deux dra­gon­niers, arbres to­tem de toute la Ma­ca­ro­né­sie, c’est-à-dire l’en­semble d’îles com­po­sé des Ca­na­ries, des Açores, de Ma­dère et du Cap-Vert. Et sou­dain, bien ca­chée dans un pli en à-pic de la mon­tagne, s’ouvre une gi­gan­tesque ca­vi­té, comme une gueule béante ou­verte à tous les vents. Ses pa­rois sont per­cées fa­çon gruyère d’in­nom­brables al­véoles, 200 au to­tal, qui étaient en fait des gre­niers à grains creu­sés dans la roche. Et non, comme l’a long­temps pré­ten­du la lé­gende, un couvent d’in­tré­pides et très spor­tives bonnes soeurs.

Pour­quoi les avait-on ins­tal­lés là ? Parce que, une fois scel­lés par une pierre, voire par une porte, ces en-cas de di­sette étaient ab­so­lu­ment in­vi­sibles de­puis le pied de la mon­tagne. Car la vie quo­ti­dienne

à l’époque pré­his­pa­nique ne re­le­vait, pas plus qu’ailleurs sur le conti­nent, de l’en­chan­te­ment ro­bin­son­né. On se ba­gar­rait sec entre groupes d’une même île, au­tant que l’on pillait, on convoi­tait, on s’es­tour­bis­sait à coups d’armes de bois et de pierres taillées. Ou en­core de bâ­tons, le pa­lo, que l’on ma­niait avec une telle dex­té­ri­té qu’il a don­né nais­sance à un sport de com­bat en­core pra­ti­qué.

On sait que la nour­ri­ture des Guanches était com­po­sée es­sen­tiel­le­ment de cé­réales, de fa­rine de blé ou d’orge, et qu’elle a je­té les bases du go­fio, un plat très nour­ris­sant tou­jours de mise aux Ca­na­ries. Ils connais­saient donc la po­te­rie, qu’ils éla­bo­raient sans tour, comme le font en­core cer­tains ar­ti­sans ber­bères. Des pots, des mar­mites, des go­be­lets, mais aus­si des fi­gu­rines à tête mi­nus­cule, gros bras et grosses cuisses, dont l’une, celle de la déesse Ta­ra, est de­ve­nue cé­lé­bris­sime de par le monde.

Le vil­lage d’Ata­laya est au­jourd’hui l’un des plus im­por­tants centres de pro­duc­tion de po­te­rie de Gran Canaria, et c’est là qu’Isa­bel Quin­ta­na Ro­dri­guez re­çoit, dé­montre, fait vi­si­ter son pe­tit mu­sée, né­go­cie dans sa bou­tique et, sur­tout, or­ga­nise des ate­liers de po­te­rie tra­di­tion­nelle pour des groupes pou­vant al­ler jus­qu’à 40 per­sonnes. La séance se pour­suit par la vi­site d’une mai­son tro­glo­dyte trans­for­mée en éco-mu­sée, car c’est ain­si que vé­curent nombre des ha­bi­tants de l’île, pour cer­tains jusque dans les an­nées 60.

Les champs alen­tour bruissent du feuillage de mil­liers de ba­na­niers, plan­ta­tion fa­vo­rite dans ce coin du nord de l’île, et conduisent via des routes en la­cets aux char­mantes bour­gades que sont San­ta Bri­gi­da et sur­tout Te­ror, si mal nom­mée tant elle dis­tille dans ses murs chau­lés une vraie dou­ceur de vivre. Les vieux sont à leur place, sur les bancs de­vant l’église. Les fa­çades des nobles mai­sons des XVIIe et XVIIIe siècles sont bar­rées par de longs bal­cons de bois ty­piques de l’ar­chi­tec­ture ca­na­rienne, des bou­quets d’aca­cias om­bragent les rues pié­tonnes et les bou­tiques à sou­ve­nirs som­nolent. Mais ça, c’est hors sai­son, parce que l’été, par­don ! Les bus sont au coude à coude sur les par­kings, et tout dis­pa­raît sous des hordes de tou­ristes qui gâchent sé­rieu­se­ment l’am­biance.

LE CALME AVANT L’APO­CA­LYPSE

Des vil­lages blancs, tout pe­tits vil­lages se­rei­ne­ment ra­mas­sés au­tour de leur église, il y en a comme ça un peu par­tout sur l’île. Fa­ta­ga, par exemple. Qui coule des jours tran­quilles dans une oa­sis do­mi­née par des mon­tagnes de lave noire. Tout y est : la pe­tite église bien sûr, les ruelles es­car­pées, les mai­sons basses de pierres sèches, les toits de tuiles dé­co­lo­rées par le so­leil, les murs blancs des jar­dins d’où jaillissent des bou­quets de bou­gain­vil­liers et deux ou trois bo­de­gas au centre de tout ce­la. C’est tout et c’est beau­coup, c’est sur­tout né­ces­saire avant d’at­ta­quer une mon­tée vers l’un des sites my­thiques de Gran Canaria.

Des ca­nyons, des veines de ver­dure, des monts dé­chi­rés, des strates de laves noires, des routes éper­dues lon­geant des ra­vins ver­ti­gi­neux, une plaine de roches rousses, un monde apo­ca­lyp­tique presque hos­tile. Heu­reu­se­ment, le bleu du ciel est

là, ras­su­rant, convain­cant une fois pour toutes qu’on est en­core bien sur terre. Puis, dans une fo­rêt de pins, vient un par­king en ren­fon­ce­ment, point de dé­part d’une as­cen­sion de 45 mi­nutes, à pied et ca­hin-ca­ha sous un so­leil as­sas­sin. Tout là-haut, à 1 810 m d’al­ti­tude, on aper­çoit deux gi­gan­tesques mo­no­lithes plan­tés ici pour ce qui semble être l’éter­ni­té. Der­nier ef­fort, et la ré­com­pense est là : une es­pla­nade na­tu­relle ocre rouge où trônent au mi­lieu d’un grand rien deux sen­ti­nelles es­seu­lées, dont l’une, le Roque Nu­blo, ne fait pas moins de 80 m de hau­teur. C’est tout sim­ple­ment su­blime. Un mys­tère évident règne sur le lieu, un je-ne-sais-quoi de ma­gique sans doute dû aux âmes lais­sées par les Guanches qui vé­né­raient le lieu. La vue est évi­dem­ment épous­tou­flante.

PE­TIT SAINT-TRO­PEZ

Et puis c’est la re­des­cente vers la mer et les sta­tions bal­néaires qui ont fait à la fois la ré­pu­ta­tion de l’île à l’éter­nel so­leil, mais aus­si son image cou­ci-cou­ça, due au sur­em­ploi des bé­ton­neuses dans les an­nées 70-80. Ce­la existe en­core bien sûr, no­tam­ment du cô­té de Puer­to Ri­co, dont on fe­rait bien de condam­ner les ar­chi­tectes pour cruau­té plas­tique. Mais pas­sons. Et di­ri­geons-nous vers le ra­vis­sant port de Mo­gan pour s’at­tar­der quelques ins- tants sur ses quais co­lo­rés. Des ba­teaux de plai­sance, mais des ba­teaux de pêche aus­si, un gla­mour qui fait plus dans la Mé­di­ter­ra­née que l’At­lan­tique, des mai­sons blanches à bal­con­net dont on a sou­li­gné les arêtes par des touches de cou­leurs et des res­tau­rants ou ca­fés in­nom­brables. Au fond, et en plus ac­ces­sible, un pe­tit Saint-Tro­pez.

Pas bien loin, à une tren­taine de km, viennent les deux plus fa­meuses sta­tions bal­néaires de Gran Canaria, Mas­pa­lo­mas et Playa Del Ingles. Elles en­cadrent une cé­lé­bris­sime mer de sable ; en fait, une ré­serve na­tu­relle com­po­sée de dunes at­tei­gnant dix mètres de hau­teur pour une lon­gueur de huit ki­lo­mètres et un en­fon­ce­ment dans les terres d’un ki­lo­mètre. 2 Un vrai sud ma­ro­cain...

Pour leur part, les deux sta­tions bal­néaires pro­posent tout ce qu’on trouve ha­bi­tuel­le­ment dans les sta­tions in­ter­na­tio­nales, avec une évi­dente conno­ta­tion de tou­risme arc-en-ciel à Playa del Ingles et un tou­risme clai­re­ment plus chic à Mas­pa­lo­mas. La mer est bleue et pas trop agi­tée, le so­leil est là à lon­gueur d’an­née, la qua­li­té hô­te­lière frise l’ex­cel­lence et l’ur­ba­ni­sa­tion y est in­dé­nia­ble­ment plus maî­tri­sée qu’ailleurs. Bref, en y ajou­tant le cô­té cultu­rel, tous les in­gré­dients d’un tou­risme contem­po­rain sont là. Le tout à quatre heures de Pa­ris en vol di­rect.

11 — Au nord del’île, le port de Las Nieves, pit­to­resque vil­lage de pê­cheurs aux mai­sons co­lo­rées.

22 — Les Guanches, ha­bi­tants del’ar­chi­pel avant les Es­pa­gnols, ado­raient Ta­ra, déesse de la fer­ti­li­té, dont la sta­tue est pré­sen­tée au mu­sée Ca­na­rio.

11 — Comme toutes les grandes villesd’Es­pagne, Las Pal­mas de Gran Canaria a vu ses ar­tères bour­geoises se mettre au Mo­der­nisme au XXe siècle.

2 2 — Der­nière es­cale avant l’Amé­rique. La Ca­sa de Co­lon hé­ber­gea le na­vi­ga­teur en 1492 et en conserve le sou­ve­nir.

Des pay­sages à la John Ford, des ca­nyons à en rendre ja­loux l’Ari­zo­na, une vé­gé­ta­tion en­dé­mique de cac­tus, d’eu­phorbes et de fi­guiers de bar­ba­rie : le bar­ran­co – la val­lée en dia­lecte ca­na­rien – de Fa­ta­ga offre le spec­tacle sai­sis­sant d’une na­ture à l’état brut, mâ­ti­née d’oa­sis et de pe­tits vil­lages au­then­tiques.

Près d’Agaete, la char­mante cha­pelle de Las Nieves, da­tant du XVIe siècle, se dé­tache du re­lief noir de lave.

Ac­cro­ché entre ciel et terre, vé­né­ré par les Guanches, le Roque de Nu­blo semble ques­tion­ner l’in­fi­ni de sa haute sta­ture mo­no­li­thique.

1 — Le cen­tre­ville de Ter­ror et ses mai­sons ty­piques de l’ar­chi­tec­ture ca­na­rienne.1

22 — La ri­chesse des pay­sages et de la culture en fe­rait presque ou­blier que Gran Canaria est aus­si une des­ti­na­tion bal­néaire.

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