Qui pres­crit les pro­duits de phy­to­thé­ra­pie ?

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Si boire une in­fu­sion pour mieux di­gé­rer ou pas­ser une nuit pai­sible est a prio­ri sans risque, l’uti­li­sa­tion ré­gu­lière et intensive des plantes re­quiert l’avis d’un spé­cia­liste. Connaître les plantes à as­so­cier, ne pas pres­crire celles qui ont des ef­fets contraires et, lors d’une for­mu­la­tion, sa­voir pré­ser­ver les pro­prié­tés des plantes, tels sont les rôles du mé­de­cin phy­to­thé­ra­peute. En France, la phy­to­thé­ra­pie n’est pas re­con­nue en tant que spé­cia­li­té mé­di­cale. Les phy­to­thé­ra­peutes sont donc des mé­de­cins gé­né­ra­listes qui ont sui­vi - en com­plé­ment et en de­hors du cur­sus des études mé­di­cales - une for­ma­tion post-uni­ver­si­taire, dans une fa­cul­té qui dis­pense un en­sei­gne­ment spé­cia­li­sé de phy­to­thé­ra­pie sanc­tion­né par un di­plôme, ou dans une ins­ti­tu­tion pri­vée. Les phy­to­thé­ra­peutes sont donc pour cette rai­son as­sez rares. Le Conseil de l’ordre des mé­de­cins pré­cise qu’à la dif­fé­rence de l’ho­méo­pa­thie et de l’acu­punc­ture, il n’y a pas lieu de men­tion­ner « phy­to­thé­ra­pie » sur la plaque ni sur les or­don­nances, la phy­to­thé­ra­pie fai­sant par­tie de l’al­lo­pa­thie. La si­tua­tion est tout autre en Al­le­magne, où la phy­to­thé­ra­pie fait par­tie in­té­grante du pro­gramme de for­ma­tion des mé­de­cins. En France, la for­ma­tion ini­tiale des phar­ma­ciens en fa­cul­té com­porte un en­sei­gne­ment de la phar­ma­cog­no­sie (étude des mé­di­ca­ments d’ori­gine na­tu­relle) et de la botanique.

Consul­ter un phy­to­thé­ra­peute

La du­rée d’une pre­mière consul­ta­tion chez un phy­to­thé­ra­peute est sou­vent as­sez longue, une heure en­vi­ron. Le phy­to­thé­ra­peute cherche d’abord à éta­blir un bi­lan com­plet en vous aus­cul­tant et en vous in­ter­ro­geant sur vos symp­tômes et vos an­té­cé­dents. Il s’at­tache éga­le­ment à connaître votre mode de vie, dans la pers­pec­tive de com­prendre les causes de la ma­la­die.

Les consul­ta­tions sui­vantes sont plus courtes et peuvent se ré­pé­ter sur une pé­riode de plu­sieurs mois. Cette du­rée dé­pend bien évi­dem­ment de la nature du trai­te­ment.

Dans tous les cas, les ef­fets de la phy­to­thé­ra­pie sont pro­gres­sifs : les pré­pa­ra­tions à base de plantes mé­di­ci­nales, moins concen­trées que les mé­di­ca­ments al­lo­pa­thiques, ont une ac­tion plus lente à ap­pa­raître. En contre­par­tie, elles peuvent être uti­li­sées sur de longues pé­riodes.

Le « ter­rain » du ma­lade en phy­to­thé­ra­pie

Se­lon le mé­de­cin phy­to­thé­ra­peute, une ma­la­die ne sur­vient pas sans rai­son. Elle est sou­vent le signe d’un dés­équi­libre dans la ma­nière de vivre, de se nour­rir, de s’oc­cu­per de soi (ce que l’on ap­pelle cou­ram­ment l’hy­giène de vie). L’abus de nour­ri­ture, d’al­cool, de mé­di­ca­ments, le manque d’exer­cice phy­sique ou de som­meil sont les prin­ci­pales causes de dys­fonc­tion­ne­ment. Il est donc fort pro­bable que le phy­to­thé­ra­peute s’at­tarde sur ces ques­tions lors de la consul­ta­tion afin de dé­ter­mi­ner le contexte (ou « ter­rain ») sur le­quel s’est ins­tal­lée l’af­fec­tion. En ef­fet, face à une at­teinte, l’or­ga­nisme met en route des ac­tions pour com­pen­ser, frei­ner ou, plus ra­re­ment, fa­ci­li­ter le pro­grès de la ma­la­die. Les sys­tèmes neu­ro-psy­cho­lo­gique, hor­mo­nal et im­mu­ni­taire, ain­si que le sys­tème d’éli­mi­na­tion des dé­chets dé­ter­minent le ter­rain d’une per­sonne saine ou ma­lade. C’est en agis­sant sur ces sys­tèmes que le mé­de­cin phy­to­thé­ra­peute op­ti­mise le trai­te­ment.

Choi­sir le bon trai­te­ment de phy­to­thé­ra­pie

Une fois po­sé le diag­nos­tic, le mé­de­cin dé­ter­mine le trai­te­ment le plus ap­pro­prié. Il peut op­ter pour une as­so­cia­tion entre plantes et trai­te­ment al­lo­pa­thique. Si vous sui­vez dé­jà un trai­te­ment mé­di­ca­men­teux, il étu­die le de­gré de com­pa­ti­bi­li­té entre ce­lui-ci et ses propres pres­crip­tions (n’ou­bliez pas de si­gna­ler tout trai­te­ment pris par ailleurs). Il choi­sit la forme sous la­quelle la plante doit être prise (in­fu­sion, gé­lules, tein­ture mère, etc.) et dé­ter­mine les doses quo­ti­diennes. Il peut conseiller soit une pré­pa­ra­tion à faire soi-même sous forme de ti­sane ou de dé­coc­tion, soit des pré­pa­ra­tions prêtes à l’em­ploi. Par­fois, le phy­to­thé­ra­peute pres­crit des pré­pa­ra­tions que le phar­ma­cien réa­lise dans son of­fi­cine. Il s’agit prin­ci­pa­le­ment de gé­lules conte­nant des ex­traits secs ou des poudres, ain­si que des pré­pa­ra­tions li­quides à base d’ex­traits ou de tein­tures mères.

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