SUEDE: LE SPORT OU PORTE...

Zen et bien dans ma vie - - Sport -

On le sait très bien les nor­diques sont grands blonds, spor­tifs et res­semblent tous plus ou moins à des Vi­kings. Et que dire des jo­lies sué­doises : Des James Bond Girl en puis­sance...Bon, ar­rê­tons deux se­condes la ca­ri­ca­ture...Et re­ve­nons à l’es­sen­tiel.

Le sport ! En Suède, c’est un ri­tuel. Dé­sor­mais, c’est une obli­ga­tion ! Chaque ven­dre­di, les em­ployés de la marque de vê­te­ments Björn Borg, créée par l’an­cienne gloire du tennis sué­dois, quittent le siège stock­hol­mois de la griffe pour un centre spor­tif du quar­tier. Pas d’ex­cuse ni de mots d’ab­sence ! De­puis plus de deux ans, l’heure d’en­traî­ne­ment heb­do­ma­daire est obli­ga­toire, à l’ini­tia­tive du di­rec­teur gé­né­ral Hen­rik Bunge, un qua­dra­gé­naire aux men­su­ra­tions de lut­teur bul­gare. « Si on ne veut pas faire de sport et être in­té­gré à la culture de l’en­tre­prise, on s’en va », pose sans cil­ler Hen­rik Bunge. Mais qu’on se ras­sure, per­sonne n’a cla­qué la porte à cause de l’heure de sport obli­ga­toire, ajoute-t-il. Ob­jec­tif af­fi­ché : pro­duc­ti­vi­té, ren­ta­bi­li­té, convi­via­li­té. Ce­la fait suite à une longue étude ré­cente de l’Uni­ver­si­té de Stock­holm, qui mon­trait que trans­pi­rer du­rant une jour­née de tra­vail ren­dait les em­ployés plus pro­duc­tifs et plus concen­trés. Le sport, per­met­tait éga­le­ment de ré­duire à - 20% le taux d’ab­sen­téisme au bou­lot. Cer­taines en­tre­prises sué­doises consi­dèrent donc utile de re­ven­di­quer le sport comme fon­de­ment prio­ri­taire. « La plu­part d’entre nous trouvent que c’est vrai­ment une bonne sé­quence dans la se­maine de tra­vail », s’en­thou­siasme Ce­ci­lia Niss­borg. Les Sué­dois baignent dans un fond de culture lu­thé­rienne va­lo­ri­sant l’as­cèse, l’ef­fort et l’exer­cice phy­sique par tous les temps. « On pense qu’on est en forme, fort et heu­reux si on bouge beau­coup en plein air dans la nature », confie Carl Ce­ders­tröm, cher­cheur en éco­no­mie à l’uni­ver­si­té de Stock­holm et au­teur du Syn­drome du bien-être, qui dé­nonce les dan­gers du sport et du bien-être à tout prix. D’au­tant qu’« il y a cette idée que, si on fait du sport et qu’on prend soin de son corps, on est une bonne per­sonne », note-t-il. C’est pour­quoi, les salles de sport com­mencent vrai­ment à se dé­mo­cra­ti­ser un peu par­tout dans les grandes et moyennes struc­tures. Si cette ten­dance a com­men­cé à émer­ger du­rant les an­nées 80 (grâce au Golf d’in­té­rieur ou à l’aqua­gym) les sa­la­riés prennent de plus en plus plai­sir à ac­cep­ter ce­la. Suer pour suer, au­tant que ce­la soit dans un cadre amu­sant, en­tou­rée de ses meilleures amies, non ? « Quand on entre dans cette salle, on est tous au même ni­veau. Ta place dans l’en­tre­prise n’a au­cune im­por­tance, tout le monde entre comme l’égal de l’autre », se fé­li­cite Ida Lang, comp­table chez Björn Borg. Pour Carl Ce­ders­tröm, si cette re­cherche de bien-être et de per­for­mance à tra­vers l’ac­ti­vi­té phy­sique n’est pas propre au pays nor­dique, « la Suède est vrai­ment ex­trême [no­tam­ment] en ce qui concerne les en­tre­prises qui rendent le sport obli­ga­toire au tra­vail ». Une pra­tique qu’il juge contes­table. « Quand on se met à pen­ser qu’on est une meilleure mère ou un meilleur père, un meilleur ami si on fait du sport, on peut ar­ri­ver à une si­tua­tion où l’on conclut que les per­sonnes qui ne vivent pas très sai­ne­ment, qui sont en sur­poids ou qui fument, sont de moins bonnes per­sonnes », dé­plore-t-il. Pour rap­pel, Björn Borg, est cer­tai­ne­ment le spor­tif sué­dois le plus po­pu­laire et le plus connu au monde (oui, oui, de­vant l’an­cien at­ta­quant du PSG, Zla­tan Ibra­hi­mo­vic). L’an­cien Ten­nis­man s’est donc re­con­ver­ti en conseiller spor­tif pour l’état nor­dique. C’est même lui, qui se­rait per­son­nel­le­ment à l’ori­gine de ces dé­ci­sions nou­velles en ma­tière de sport obli­ga­toire. Si les grandes struc­tures, telles qu’on les ima­gine à tra­vers le cinéma, sont les seules à consi­dé­rer le sport au tra­vail comme une obli­ga­tion, les autres de­vraient suivre le même mou­ve­ment. C’est en tout le pa­ri que s’est don­né la Suède. les ré­cents son­dages montrent que la po­pu­la­tion lo­cale voit d’un bon oeil cette dé­ci­sion.

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