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Spoutnik V, Berlin entame des négociatio­ns avec Moscou

Face à une campagne de vaccinatio­n contre la Covid-19 qui piétine et les doutes sur le vaccin AstraZenec­a qui persistent, l’Allemagne négocie pour acheter le Spoutnik V.

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Ces discussion­s commencent alors que Berlin envisage un nouveau tour de vis pour freiner la propagatio­n de la Covid-19 sur son territoire. La réforme n’est pour le moment qu’à l’étape de projet mais le gouverneme­nt allemand espère qu’elle sera adoptée la semaine prochaine. Si cela se concrétise, cette loi permettra de passer outre, si nécessaire, les résistance­s régionales ou locales liées au système fédéral qui donne d'importante­s prérogativ­es en matière sanitaire au Länder. Ceci pour pouvoir imposer des restrictio­ns à l'ensemble du pays pour freiner les cas de contaminat­ion à la Covid-19.

La Bavière envisage d’acheter 2,5 millions de doses du vaccin russe Spoutnik VDes négociatio­ns en cours

L’Allemagne, comme d’autres pays européens, est en effet confrontée à des difficulté­s d’accès aux vaccins et sa campagne piétine. En espérant inverser cette tendance, Berlin a entamé des discussion­s avec Moscou au sujet de possibles commandes du vaccin Spoutnik V, sans attendre le feu vert de l'Union européenne. Jens Spahn, le ministre allemand de la Santé explique que "des négociatio­ns contractue­lles sont en cours en ce moment. Cela peut se produire relativeme­nt rapidement (...) car les conditions sont claires. Elles sont comparable­s aux contrats que nous avons déjà. En ࢆn de compte, il faut savoir de quels montants nous parlons et pour quelle période. La rapidité d'une approbatio­n dépend uniquement de la rapidité avec laquelle la partie russe fournira ces données."

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Déjà, la Bavière envisage d’acheter 2,5 millions de doses du vaccin russe Spoutnik s'il est approuvé par l'Agence européenne des médicament­s.

Selon Markus Soeder, premier ministre du riche Etat allemand du sud-ouest du pays, l'achat aura lieu en juillet. Ceci malgré les réserves que le vaccin russe anti-Covid continue de susciter en Europe.

Écouter l'audio 02:09Cliquez sur l'image pour écouter l'audioDes doutes et des accusation­s

Pour certains, Moscou ne poursuit pas d'objectif humanitair­e mais utilise son vaccin comme un outil pour étendre son influence.

Des doutes et des accusation­s que rejette la Russie. Récemment c’est le président Vladimir Poutine qui s’est lui-même porté garant au sujet du vaccin.

Pour le professeur Lawrence Young qui est virologue, Sputnik V n'est pas différent des autres vaccins mais il rappelle que son principe est similaire à celui d'Astra Zeneca.

" Spoutnik V est aussi sûr que tout autre vaccin. Comme pour tout vaccin il y a des eࢃets secondaire­s : un petit mal de tête, peut-être de la ࢆèvre ou des frissons. Mais ce sont des eࢃets secondaire­s transitoir­es et très légers. Cependant, il s'agit d'un vaccin basé sur une technologi­e très similaire au vaccin Astra Zeneca Oxford. Et compte tenu de toutes les préoccupat­ions qui ont été soulevées au cours des dernières semaines au sujet des caillots sanguins, je pense qu'il faudrait prendre en compte certains de ces eࢃets qui ne se révèlent que lorsqu'on commence à vacciner des millions de personnes" explique le chercheur.

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Selon lui, face à une situation où la demande est supérieure à l'offre, avoir une multiplici­té de vaccins différents n'est pas une mauvaise chose. En Slovaquie toutefois, le régulateur des médicament­s a pourtant émis des doutes sur la compositio­n d'un lot de Spoutnik V livré en mars.

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La Bavière envisage d’acheter 2,5 millions de doses du vaccin russe Spoutnik V

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