Deutsche Welle (French Edition)

Le travail forcé des enfants dans les mines en Centrafriq­ue

Nous sommes à l’école de Sosso Nakombo, dans la commune rurale de Basse-Kadéï. Dominique Ganama est l’unique enseignant quali é pour les 18 écoles que compte la région.

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Outre le fait qu’il est débordé par l’ampleur de sa tâche, il doit aussi affronter les familles qui retirent les enfants de l’école. Les garçons pour travailler dans les mines et les lles parce qu’elles sont enceintes.

"Dans ma salle, en classe de CM2, il y a 63 élèves qui ont payé leur droit de concours d’entrée en 6e. Mais aujourd’hui, j’ai seulement 26 élèves présents en classe. La majorité des élèves s’intéressen­t à la mine, ils ne viennent plus à l’école", dit Dominique Ganama.

Pour remédier au problème, notamment celui desenfants qui travaillen­t dans les mines, Dominique Ganama n’écarte pas le recours à la force.

"Je vais gérer ça avec les autorités de la ville. Comme ça, ils vont envoyer des forces de sécurité sur le chantier. S’ils trouvent un enfant à l’âge scolaire, on va le prendre et le maintenir à la gendarmeri­e, comme ça ses parents vont venir payer l’amende avant de le relâcher."

Mais son initiative n’a pas de base légale. Nous avons rencontré le maire de la ville, Albert Eustache Nakombo, qui reconnaît que le phénomène de décrochage scolaire est un éau, sans qu’il puisse avancer une ébauche de solution au problème.

En revanche, sur le site minier de Kpolikpo, Aristhophè­ne Gandjio Zaoro, le chef de camp, af rme interdire l’accès du site aux enfants.

"Au début du chantier, nous avons enregistré une forte présence des enfants. Mais nous ne voulons plus voir les enfants ici. Mais il y a des parents qui insistent pour amener leurs enfants avec eux. Alors, nous essayons de les convaincre progressiv­ement. Car notre image a été souillée, on nous dit que nous ne sommes pas instruits à cause de l’exploitati­on d’or. Mais cette foisci, nous prenons nos précaution­s pour que les mineurs aillent à l’école. Dans tous les cas, c’est une activité éphémère qui n’a pas de retraite dorée, c’est plutôt l’école qui o re une garantie. A la n, c'est la maladie et des soucis. Donc nous ne le voulons plus. Nos enfants doivent étudier", explique Aristhophè­ne Gandjio Zaoro

La société civile locale impute en grande partie la responsabi­lité de cette situation aux parents et espère que les mentalités vont évoluer.

Le gouverneme­nt dit être préoccupé par ce phénomène. Mais pour l’instant, la seule initiative, en matière éducative, concerne l’intégratio­n des enseignant­s non quali és par l’Etat.

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