Pa­villon de la Ser­pen­tine Gal­le­ry Une cour dans un jar­din

CONFIÉ À L’AR­CHI­TECTE MEXI­CAINE FRI­DA ES­CO­BE­DO, LE PA­VILLON DE LA SER­PEN­TINE GAL­LE­RY DE CET ÉTÉ CONVER­TIT UNE PAR­TIE DES JAR­DINS DE KEN­SING­TON EN UNE COUR IN­TÉ­RIEURE. UNE IM­PRES­SION D’IN­TI­MI­TÉ ET DE CONVI­VIA­LI­TÉ QUI EN­VE­LOPPE LES VI­SI­TEURS ET ÉVOQUE LES R

Déco Magazine - - ARCHI - NEWS - Sté­pha­nie Gha­zal Ou­vert jus­qu’au 7 oc­tobre.

C’est la pre­mière fois, après le tout pre­mier pa­villon conçu en 2000 par Za­ha Ha­did, qu’une ar­chi­tecte est in­vi­tée à titre in­di­vi­duel pour le ren­dez-vous an­nuel de la Ser­pen­tine Gal­le­ry. Fri­da Es­co­be­do, l’ar­chi­tecte mexi­caine dont les pro­jets se dis­tinguent par le dy­na­misme in­jec­té dans les es­paces pu­blics, est éga­le­ment la per­sonne la plus jeune à avoir été sol­li­ci­tée pour cet exer­cice. De quoi s’at­tendre à une fraî­cheur dans l’ap­proche et une in­ter­ven­tion sin­gu­lière. Le pro­jet pro­po­sé par Es­co­be­do ré­pond à cette at­tente avec son jeu d’écrans trans­lu­cides et sa ma­nière de com­po­ser avec la lu­mière, les re­flets et les cou­leurs du jar­din. Conçu comme une cour in­té­rieure dans Hyde Park, le pa­villon de­vient une in­vi­ta­tion à par­ta­ger un se­cret, et le lieu d’une ex­pé­rience sen­so­rielle pla­cée sous le signe de la lé­gè­re­té et de la cu­rio­si­té.

Des ma­té­riaux simples, une struc­ture com­plexe

C’est une maille de tuiles lo­cales en ci­ment gris qui en­ve­loppe l’es­pace «in­té­rieur» du pa­villon. Agen­cées en un écran ajou­ré qui fait écho aux ce­lo­sia mexi­caines, les tuiles ac­quièrent une trans­pa­rence sur­pre­nante, créent un dia­logue conti­nu entre le pa­villon et son en­vi­ron­ne­ment, et sub­di­visent ce der­nier en une grille de vert, de bleu et de pierre. Dans cette com­po­si­tion, les angles dif­fé­rents ré­vèlent cha­cun une fa­cette du ma­té­riau. Sur les arêtes, les on­du­la­tions des tuiles de­viennent vi­sibles, don­nant une nou­velle di­men­sion aux la­melles tis­sées. Avec sa toi­ture in­cli­née à la sous-face mi­roi­tante et son plan d’eau, le pro­jet d’Es­co­be­do est une com­po­si­tion de sur­faces qui se ren­voient constam­ment des re­flets, des sil­houettes et des cou­leurs pas­sa­gères, dans une danse ryth­mée par le cli­mat et les dé­pla­ce­ments des vi­si­teurs. Spa­tia­le­ment, le pa­villon est for­mé de deux rec­tangles qui se che­vauchent: l’un est pa­ral­lèle à la Ser­pen­tine Gal­le­ry et l’autre au mé­ri­dien de Green­wich. Le rap­port ponc­tuel au contexte bâ­ti vient alors se ma­rier à une no­tion uni­ver­selle. L’ar­chi­tecte parle du pro­jet comme d’une bous­sole, un ou­til qui per­met non seule­ment de se lo­ca­li­ser mais aus­si de com­prendre ce que l’es­pace so­cial peut être. Et pour cause: le pa­villon se veut in­clu­sif, ac­ces­sible à tous. Il pro­pose une ex­pé­rience qui re­lève plus du res­sen­ti que de la men­ta­li­sa­tion, et in­vite à s’ap­pro­prier l’es­pace pu­blic par le jeu: les vi­si­teurs qui au­ront mis les pieds dans l’eau lais­se­ront der­rière eux des traces éphé­mères, ré­flé­chies par le pla­fond mi­roi­tant.

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