Georges An­draos s’im­plante entre les oli­viers.

Déco Magazine - - SOMMAIRE - Sté­pha­nie Gha­zal

BO­NI­FA­CIO: DES EAUX TURQUOISES QUI VIENNENT CARESSER LES PLAGES BLANCHES, DES VUES IMPRENABLES SUR LES ÎLES AU NORD DE LA SARDAIGNE, DES OLIVERAIES ET LE TRÈS PRI­SÉ CLUB DE GOLF DE SPE­RONE. C’EST DANS CE CONTEXTE DE RÊVE QU’EST SI­TUÉ CE DO­MAINE PAR­TA­GÉ ENTRE AMIS, QUI ABRI­TE­RA AU TO­TAL CINQ DE­MEURES CONÇUES PAR L’AGENCE LON­DO­NIENNE AN­DRAOS ASSOCIATES. UN AVANT-GOÛT DE L’EN­SEMBLE AVEC L’UNE DES DEUX PRE­MIÈRES DE­MEURES RÉA­LI­SÉES, LAU­RÉATE D’UN EU­RO­PEAN PROPERTY AWARD POUR LA MEILLEURE MAI­SON IN­DI­VI­DUELLE.

D’un to­tal de

40 000 mètres car­rés, le ter­rain lé­gè­re­ment pen­tu s’ins­crit dans un mi­lieu très na­tu­rel: il au­ra fal­lu construire une clô­ture dis­crète tout au­tour, qui des­cend éga­le­ment sous terre, pour gar­der vaches et san­gliers cu­rieux à l’écart! Comme quoi, à Saint-Jean luxe et na­ture ne s’op­posent pas. Dans un geste qui cé­lèbre le site et pré­serve les sen­ti­ments de li­ber­té et de fraî­cheur qui y règnent, Georges An­draos opte pour une com­po­si­tion pa­villon­naire. Pour la mai­son d’un couple fran­co­luxem­bour­geois et ses trois filles, il ré­par­tit les 1500 mètres car­rés de construc­tion en plu­sieurs mo­dules ar­ti­cu­lés au­tour de grandes ter­rasses et de cours ponc­tuées par des oli­viers. Au pro­gramme: un vo­lume pour les chambres et sa­lons d’amis et une salle de jeux, un deuxième pour les chambres à cou­cher, un troi­sième pour les ré­cep­tions et la cui­sine, et un qua­trième en bor­dure de la pis­cine, avec un es­pace bar­be­cue, une cui­sine et une salle de sport. De quoi avoir lar­ge­ment le choix entre in­ti­mi­té et convi­via­li­té, sans re­non­cer au contact avec la na­ture ni aux vues sur la mer.

Une ex­pé­rience spa­tiale tra­mée avec pré­ci­sion

Fi­dèle à son ha­bi­tude, An­draos or­ga­nise les es­paces se­lon des axes or­tho­go­naux très mar­qués. Ici, l’axe lon­gi­tu­di­nal qui re­lie les dif­fé­rentes fonc­tions dé­voile au fur et à me­sure toutes les com­po­santes de la de­meure, en pas­sant par les cours in­ter­mé­diaires et le double plan d’eau si­tué au ni­veau de l’en­trée et qui donne l’im­pres­sion de tra­ver­ser un pont. Par­tant de la salle de jeux dans le pa­villon des amis, il se ter­mine cin­quante mètres plus loin sur une sculp­ture dans le jar­din. À trois re­prises, des per­pen­di­cu­laires tra­versent la mai­son et offrent des vues sur la mer de­puis l’en­trée, connec­tant ain­si le par­vis d’ac­cès au grand es­pace de la pis­cine, du cô­té op­po­sé de la construc­tion. Entre ces lignes, la dé­cou­verte des lieux est pro­gres­sive et s’étale sur l’en­semble de la vi­site: une ex­pé­rience de l’ar­chi­tec­ture qui ras­semble vi­si­teurs et ha­bi­tants au­tour d’un res­sen­ti par­ta­gé. Lieu

de retrouvailles par ex­cel­lence, le mo­dule des ré­cep­tions s’ar­ti­cule au­tour d’une cour in­té­rieure avec un bel oli­vier et des herbes. Ser­vant à la fois de ven­ti­la­tion et de res­sources pour la cui­sine, ce jar­din ra­mène la na­ture au coeur de la mai­son. À ce pou­mon vert vient s’ajou­ter une lu­mière na­tu­relle abon­dante, qui coule à flots des ou­ver­tures ho­ri­zon­tales par les­quelles se ter­minent les murs. La toi­ture en pente, re­vê­tue de la­melles de bois de cèdre ty­piques de la ré­gion, semble alors flot­ter au­des­sus des es­paces et ap­porte sé­ré­ni­té et convi­via­li­té à l’en­semble.

Ca­drés par les murs la­té­raux en pierre bo­ni­fa­cienne et par les baies vi­trées qui connectent la mai­son au ter­rain na­tu­rel, les es­paces ex­té­rieurs ont une im­por­tance ca­pi­tale dans ce pro­jet. La pis­cine en ar­doise de Cor­nouailles est trai­tée comme

un miroir au ras du sol: avec ses dé­bor­de­ments sur les quatre cô­tés, elle fait par­tie in­té­grante du ter­rain et y trans­pose les cou­leurs du ciel et celles de la ver­dure en­vi­ron­nante, avec toutes leurs nuances et leurs va­ria­tions sai­son­nières. Au­tour de la pis­cine, les plans verts sont car­té­siens et bien dé­li­mi­tés, ponc­tués par des oli­viers. Pro­gres­si­ve­ment, les car­rés verts vont faire place à une vé­ri­table ex­plo­sion de fleurs sau­vages, re­don­nant ain­si le des­sus à la spon­ta­néi­té vé­gé­tale. Par­ti­cu­liè­re­ment sen­sible à la beau­té et à la gé­né­ro­si­té des oli­viers, An­draos a vou­lu rendre hom­mage à ces arbres qui font toute la ma­gie du ter­rain et sont à l’ori­gine de l’huile d’olive ex­quise pro­duite par le do­maine. Trans­fé­rés du­rant les tra­vaux, ils ont re­trou­vé leur place et servent de té­moins à l’his­toire du site, mais aus­si à son pré­sent et à la nou­velle vie qui y prend place.

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