REPORTAGE

LE BULLYING OU HAR­CÈ­LE­MENT EST MALHEUREUSEMENT UNE RÉA­LI­TÉ DANS LES ÉCOLES LIBANAISES. IL PEUT PRENDRE DIF­FÉ­RENTES FORMES ET S’AVÉRER DRA­MA­TIQUE POUR L’ADOLESCENT QUI EN EST VIC­TIME.

Femme Magazine - - CON­TENTS -

Bullying / Har­cè­le­ment sco­laire

L’in­ci­dent au­rait pu très mal se ter­mi­ner. Il y a quelques se­maines de ce­la, un adolescent de 15 ans, élève dans une des grands éta­blis­se­ments sco­laires du Liban, a été agres­sé par deux de ses ca­ma­rades qui lui ont ten­du un piège en l’en­traî­nant à l’ex­té­rieur d’une salle de fête. C’est la grand-mère de l’adolescent qui raconte les faits, en dé­tail, dans un mes­sage qui a cir­cu­lé sur les ré­seaux so­ciaux. «Mon pe­tit-fils de 15 ans s’est fait ta­bas­ser par deux frères, élèves au même col­lège que lui, et ce­la suite à une longue pé­riode de bullying à l’école» , ex­plique-t-elle en pré­am­bule. Les deux agres­seurs se sont achar­nés sur l’ado, lui don­nant des coups de pied sur la tête «comme sur un bal­lon de foot». Fort heu­reu­se­ment pour la vic­time, une dame qui as­siste for­tui­te­ment à la scène donne l’alerte et se porte au se­cours de l’adolescent

en­san­glan­té, avec une autre per­sonne. La jeune vic­time a été hos­pi­ta­li­sée, mais heu­reu­se­ment, le pire a pu être évi­té. Les au­to­ri­tés ont réus­si à in­ter­pe­ler les deux as­saillants, qui ont par ailleurs été ren­voyés de leur éta­blis­se­ment sco­laire. Des scènes de cette vio­lence ne se pro­duisent, heu­reu­se­ment, pas tous les jours au Liban. Mais le bullying, ou har­cè­le­ment sco­laire, n’en reste pas moins une réa­li­té. Sous ce terme, on re­trouve tout ce qui fait ré­fé­rence à une forme d’in­ti­mi­da­tion, sou­vent ac­com­pa­gnée de vio­lences phy­siques, ver­bales, voire psy­cho­lo­giques, qui se dé­roulent dans les écoles ou sur les ré­seaux so­ciaux, pen­dant une cer­taine du­rée. Il peut s’agir par exemple d’un élève, pris à par­tie, in­sul­té ou mo­qué par un cer­tain nombre de ca­ma­rades, ou en­core de ba­garres qui de­viennent qua­si sys­té­ma­tiques. Des actes non dé­voi­lés sur fond du si­lence com­plice des autres élèves qui n’osent pas s’in­ter­po­ser de peur de faire à leur tour l’ob­jet de représailles. Car les élèves spec­ta­teurs par­ti­cipent aus­si, in­cons­ciem­ment, au phé­no­mène, créant un cercle de bullying, par leur at­ti­tude pas­sive, ou pire, en en plai­san­tant. La vic­time se sent alors en­core plus per­sé­cu­tée puisque per­sonne n’in­ter­vient en sa fa­veur. Il faut no­ter qu’un même adolescent peut jouer plu­sieurs rôles dans le bullying: ce­lui qui as­siste sans in­ter­ve­nir, ce­lui qui par son com­por­te­ment pas­sif ren­force l’agres­sion, ce­lui qui dé­fend la vic­time de har­cè­le­ment, ce­lui qui est agres­sé et en­fin ce­lui qui har­cèle.

Ce phé­no­mène peut com­men­cer très tôt, dès les classes du pri­maire, et prendre de l’am­pleur à un mo­ment cru­cial pour les ado­les­cents — en pleine construc­tion de leur iden­ti­té — entre 12 et 15 ans. Le bullying se dé­roule sou­vent en classe ou en cour de ré­créa­tion. Pour la vic­time, la si­tua­tion de­vient vite in­vi­vable, en­traî­nant une pho­bie de l’école par exemple, ou un chan­ge­ment de com­por­te­ment à la mai­son.

Nour el-As­saad, fon­da­trice et di­rec­trice de l’ONG No La­bel An­ti-Bullying Or­ga­ni­za­tion, ex­plique que pour qu’un «com­por­te­ment soit consi­dé­ré comme de l’in­ti­mi­da­tion, il faut que les faits se dé­roulent de ma­nière ré­pé­ti­tive du­rant une longue pé­riode.» Se­lon elle, le bullying est hé­las très com­mun par­tout, mais «de­puis que nous avons ef­fec­tué des cam­pagnes de sen­si­bi­li­sa­tion à ce su­jet, les écoles libanaises agissent da­van­tage et es­saient de lut­ter contre.» Le har­cè­le­ment sco­laire peut prendre

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