YO­LANDE LA­BA­KI LE PAS­SÉ RE­CONS­TI­TUÉ

YO­LANDE LA­BA­KI EX­POSE À LA GA­LE­RIE AÏ­DA CHERFAN «RE­CONS­TRUC­TION VIR­TUELLE». LES TOILES SONT COMME UNE SUC­CES­SION D’ÉTAPES, DE DÉVOILEMENTS, D’OCCULTATIONS, DE RÉ­VÉ­LA­TIONS… ET LE RÉ­SUL­TAT EST ÉBLOUIS­SANT.

Femme Magazine - - EXPOSITION - D.G.

C’est dans un coin de son gre­nier que l’ar­tiste peintre Yo­lande La­ba­ki tombe par ha­sard sur une boîte de dis­po­si­tifs dé­co­lo­rés par le pas­sage du temps, ce temps qui ef­face les phases de nos vies pas­sées, même les plus tê­tues. Ces images vides de toute pré­sence l’ins­pirent. La voi­là qui re­monte dans le temps et «re­po­si­tionne les élé­ments dis­pa­rus et les des­ti­na­tions ef­fa­cées, dans un monde vir­tuel créé sur me­sure…» «Cette aven­ture, confie l’ar­tiste, a été dé­clen­chée par des photos af­fa­dies par le temps. J’ai vou­lu les faire re­vivre et li­vrer un mes­sage d’op­ti­misme. Dire qu’en fin de compte rien ne meurt. Que l’on peut res­sus­ci­ter les choses, même celles que l’on croit à ja­mais dis­pa­rues. Mes toiles veulent re­don­ner es­poir. Dire que tout peut re­com­men­cer. Que rien n’est dé­fi­ni­tif. Dire aus­si que par­fois, il faut sa­voir tour­ner la page et re­par­tir avec ses ba­gages en em­por­tant avec soi son pas­sé, son his­toire, son vé­cu et les re­cons­ti­tuer au­tre­ment.»

Dans ces toiles, nous voyons des dan­seurs nous in­ter­pel­ler, des femmes aux jambes gal­bées nous sé­duire, des mu­si­ciens nous en­chan­ter, des frois­se­ments de tis­sus sen­suels, des cha­peaux ve­nus d’un autre temps, des masques, des gares et des aé­ro­ports et sur­tout des va­lises (le thème des ba­gages est ré­cur­rent dans les toiles), signe de dé­parts certes, mais aus­si de re­trou­vailles… sur­tout avec soi-même.

La­ba­ki a par­fai­te­ment réus­si son pa­ri. Cha­cun de ses ta­bleaux ra­conte une his­toire qui lui est propre et qui nous in­ter­pelle. Tou­jours en quête de pra­tiques nou­velles qui fonc­tionnent comme au­tant d’es­paces de li­ber­té, elle ir­ra­die ses oeuvres d’une lu­mi­no­si­té et d’une vé­ra­ci­té in­croyables, les formes se dis­solvent dans la pein­ture. Une tech­no­lo­gie ap­prise par l’ar­tiste à New York dans la pres­ti­gieuse School of Vi­sual Art où elle dé­couvre la sé­ri­gra­phie et les pos­si­bi­li­tés of­fertes par pho­to­shop.

Yo­lande La­ba­ki s’est fait connaître de­puis des an­nées. On l’a connue «sur­réa­liste, wa­rho­liste, phé­ni­cien­niste, abs­trac­tion­niste», au­jourd’hui on dé­couvre ses der­niers ef­fets qui dé­pous­sièrent et bous­culent. «Ces oeuvres, dit-elle, sont le ré­sul­tat d’une sym­biose entre des ou­tils ve­nus du pas­sé, aux­quels j’ai vou­lu re­don­ner vie avec une tech­no­lo­gie du pré­sent.»

HAREM.

ATE­LIER.

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