INTERVIEW

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Isabelle Adjani

ELLE AP­PA­RAÎT DER­RIÈRE SON PUPITRE SOUS LE CIEL ÉTOI­LÉ DE BEY­ROUTH, SCULPTURALE DANS UNE ROBE SI­GNÉE ELIE SAAB. LA FA­ÇADE DU MU­SÉE SURSOCK RE­VÊT SES PLUS ÉCLATANTES LU­MIÈRES. DANS LE JAR­DIN, UNE VOIX AUX CENT TIMBRES S’ÉLÈVE DANS LA NUIT… SI­LENCE. MU­SIQUE. ISABELLE ADJANI EST LÀ, DE­BOUT, ELLE LIT OU PLU­TÔT RÉ­IN­VENTE TOUR À TOUR MAR­GUE­RITE DU­RAS, CA­MILLE LAU­RENS, FRAN­ÇOISE SA­GAN, MA­RIA CASARÈS, EMI­LY DICKINSON… ET D’AUTRES EN­CORE, POUR CLÔ­TU­RER EN ÉMO­TIONS MA­JEURES SUR UN POÈME DE NA­DIA TUÉNI. «CES LEC­TURES, COMME ELLE LE DIT SI BIEN, DE­MEURENT DES MO­MENTS À LA FOIS ÉPHÉ­MÈRES ET INOUBLIABLES. ELLES S’INS­CRIVENT EN NOUS POUR TOU­JOURS…»

In­vi­tée au Li­ban par l’Uni­ver­si­té amé­ri­caine de Bey­routh, qui lui a dé­cer­né un doc­to­rat ho­no­ri­fique (lit­te­ra­rum hu­ma­na­rum) pour l’en­semble de sa car­rière ain­si que pour son in­ves­tis­se­ment dans di­verses causes, Isabelle Adjani a pa­ral­lè­le­ment pré­sen­té «Lec­tures In­times de Du­ras à Dickinson» au Mu­sée Sursock le 5 juin, lec­ture pro­po­sée par Va­lé­rie Six et or­ga­ni­sée à Bey­routh par 62 events by Jo­syane Bou­los. L’ac­trice fran­çaise la plus cé­lé­brée et la plus pri­mée de son temps a ré­pon­du aux ques­tions de Femme Ma­ga­zine.

VOUS ÉTIEZ À CANNES EN MAI. QUE RE­PRÉ­SENTE POUR VOUS CE FES­TI­VAL?

C’est à la fois la fête du ci­né­ma et le ci­né­ma de la fête: pen­dant que les ar­tistes jouent un rôle sur les écrans, d’autres, par­fois les mêmes, jouent un rôle dans des soi­rées qui n’en fi­nissent pas… mais l’en­jeu prio­ri­taire, c’est le ci­né­ma, et dans toutes les sé­lec­tions, par­ti­cu­liè­re­ment la quin­zaine, très ci­né­phile, il est pos­sible de dé­cou­vrir des ta­lents du monde en­tier, et dans celle of­fi­cielle en mai der­nier, il y a eu la belle sur­prise du film de la réa­li­sa­trice li­ba­naise Na­dine La­ba­ki, avec le prix du ju­ry. Mais la par­ti­ci­pa­tion à ce fes­ti­val reste épui­sante parce qu’il est presque im­pos­sible d’échap­per à la fo­lie de Cannes une fois sur place…

COM­MENT FAITES-VOUS POUR GÉ­RER LES PAPARAZZI TOU­JOURS À L’AF­FÛT D’UNE PHOTO VO­LÉE?

Ils se gèrent tout seuls! Après tout, ils ne volent que l’image, pas les âmes! Nous vi­vons une nou­velle so­cié­té où le culte de l’image prise à tout mo­ment pour tout et n’im­porte quoi, pour être ex­po­sée sur les ré­seaux so­ciaux, fait par­tie de nos vies au quo­ti­dien, c’est in­évi­table même quand on n’est pas un per­son­nage pu­blic…

LA PRESSE VOUS QUA­LI­FIE D’ICÔNE DU CI­NÉ­MA, QU’ESTCE QUE CE­LA SI­GNI­FIE POUR VOUS?

Icône du ci­né­ma? C’est un peu beau­coup, non? Sur­tout si on est tou­jours vi­vante! Ça me fait rire. Il est vrai que l’image est de plus en plus un culte, de­ve­nu l’ob­ses­sion contem­po­raine si bien an­ti­ci­pée par An­dy Wa­rhol et son fa­meux quart d’heure de cé­lé­bri­té… lar­ge­ment dé­pas­sé au­jourd’hui! Pour moi les icônes du ci­né­ma sont celles qui ont été les pre­mières à fas­ci­ner le monde en­tier, ces Eu­ro­péennes exi­lées à Hol­ly­wood comme Mar­lene Die­trich ou Gre­ta Gar­bo…

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