CULTURE

LA BOÎTE À FA­Q­RA CLUB A ÉTÉ INAU­GU­RÉE LE 21 JUILLET PAR L’EX­PO­SI­TION «L’ART AU BOUT DE LA NUIT», DANS LE CADRE D’UN ÉVÉ­NE­MENT CULTU­REL DE GRANDE EN­VER­GURE, IN­TI­TU­LÉ «1001 NUITS, 1001 OEUVRES»*, OR­GA­NI­SÉ PAR ALICE MOGABGAB. QUAND LA NUIT INS­PIRE LA VIE.

Femme Magazine - - CONTENTS - N.R.

1001 nuits, 1001 oeuvres à Fa­q­ra Club Flee­ting Exits au Mu­sée Sur­sock

«Sou­vent il me semble que la nuit est en­core plus ri­che­ment co­lo­rée que le jour» , par cette phrase écrite par Vincent Van Gogh à sa soeur, Alice Mogabgab, l’or­ga­ni­sa­trice de l’évé­ne­ment, ré­vèle l’es­sence même de l’ex­po­si­tion 1001 nuits, 1001 oeuvres. Pré­sen­tée comme l’évé­ne­ment cultu­rel de l’été, elle ras­semble et en­tre­mêle mul­tiples mé­diums ar­tis­tiques, des beaux-arts à la mu­sique, au ci­né­ma, à la danse, axés sur la fée­rie et le mer­veilleux in­hé­rents à la nuit. La nuit, source d’ins­pi­ra­tion ma­jeure de l’his­toire de l’art, a de tout temps fas­ci­né les ar­tistes et jus­qu’à au­jourd’hui en­core.

Pein­tures, sculp­tures, pho­to­gra­phies, gra­vures, vi­déos, ins­tal­la­tions, cé­ra­miques contem­po­raines, une ving­taine d'ar­tistes ont été in­vi­tés à prendre part à l’ex­po­si­tion in­ti­tu­lée «L’art au bout de la nuit» , point d’orgue de l’évé­ne­ment 1001 nuits, 1001 oeuvres, et qui a mar­qué l’inau­gu­ra­tion, le samedi 21 juillet, de La Boîte de Fa­q­ra Club. Cette dis­co­thèque my­thique des an­nées de guerre, avait ras­sem­blé entre ses murs des Li­ba­nais de tous bords ve­nus ou­blier la vio­lence des com­bats, se re­trou­ver pour cé­lé­brer l’amour, la mu­sique, la danse, la vie. Fer­mée de­puis 1991, La Boîte rouvre ses portes au­jourd’hui à l’art.

Zi­na el-Id­li­bi, Ta­kayo­shi Sa­kabe, Jean Gi­rel, Fran­çois Sargologo, Ni­co­las Tourte, Az­za Abo Re­bieh, An­drée Hochar Fattal, Sa­muel Coisne, Gil­bert Hage, Charles Belle, Gilles Mar­rey, Malgorzata Paszko, Nan­cy Debs Ha­dad, Em­ma Rod­gers, Yo­ko Fu­ku­shi­ma, Lu­cia­no Za­no­ni et Etel Ad­nan; qu’ils aient au­pa­ra­vant ex­po­sé à la Ga­le­rie Alice Mogabgab ou dans d’autres ga­le­ries bey­rou­thines, cha­cun de ces ar­tistes en­tre­tient dans son oeuvre une re­la­tion par­ti­cu­lière à la nuit.

L’Au­ro­ra de Ha­ni­bal Srou­ji, réa­li­sée en 2002, re­pré­sente un pay­sage de nuit, une nuit qui s’éter­nise; et c’est avec cette oeuvre que s’ouvre et se ter­mine l’ex­po­si­tion. Et entre l’au­rore et l’au­rore, la nuit se dé­cline dans ses mul­tiples scin­tille­ments, ren­voyant tour à tour à une mul­ti­tude de sym­boles, d’un signe de li­ber­té à un signe de re­nou­veau, de la vie à la vie. C’est ain­si par exemple que l’artiste gra­veuse sy­rienne Az­za Abo Re­bieh pré­sente une sé­rie de 10 gra­vures réa­li­sées à Bey­routh en 2018 juste après avoir pas­sé 4 mois de dé­ten­tion dans les pri­sons sy­riennes, soit donc 120 nuits à at­tendre. «La nuit, j’en­voyais mes pen­sées vers ceux qui me connais­saient et qui ne sa­vaient pas où je me trou­vais, chaque mi­nute me sem­blait une éter­ni­té.» Quant au pho­to­graphe li­ba­nais, Gil­bert Hage, il ex­pose une autre fa­cette de la nuit, de la nuit bey­rou­thine plus pré­ci­sé­ment, à tra­vers sa sé­rie de pho­to­gra­phies, in­ti­tu­lée Strings, réa­li­sée au len­de­main de la guerre de 2006. Dans le dé­voi­le­ment de l’ac­ces­soire fé­mi­nin qu’est le string dans les lieux pu­blics de la ville, l’artiste voit le symbole d’un dé­fi à une cer­taine au­to­ri­té, celle qui s’était im­po­sée avec la «Vic­toire di­vine». Les pho­to­gra­phies ré­centes de Fran­çois Sargologo, is­sues de la sé­rie Bey­routh Em­pire ouvrent grand les portes de l’oni­risme et de la poé­sie. Au­tour de l’ex­po­si­tion «L’art au bout de la nuit», Alice Mogabgab a mis sur pied une sé­rie d’évé­ne­ments ar­tis­tiques, al­liant ci­né­ma, mu­sique, chant orien­tal, opé­ra, confé­rences.

Dans leur di­ver­si­té, dans leurs mé­diums res­pec­tifs, la sym­bo­lique est bien le point com­mun qui lie ces oeuvres. Loin de la concep­tua­li­sa­tion théo­rique de l’art contem­po­rain, ces oeuvres pré­servent leur se­cret tout en le met­tant à la por­tée de tous pour l’in­ter­pré­ter à l’en­vi, le son­der, y plon­ger et s’en im­pré­gner, pour en gar­der au fond de soi, une part d’in­time née du col­lec­tif.

MALGORZATA PASZKO.

FRAN­ÇOIS SARGOLOGO.

CHARLES BELLE.

AN­DRÉE HOCHAR FATTAL.

AZ­ZA ABO RE­BIEH.

GIL­BERT HAGE.

Newspapers in French

Newspapers from Lebanon

© PressReader. All rights reserved.