HU­MEUR

Femme Magazine - - CONTENTS - L. Z.

Ma­da­mea­bey­routh

Oui, Ma­dame n’est pas née de la der­nière pluie. Oui, chat échau­dé jure qu’on ne l’y re­pren­dra plus. Oui, les rap­ports hu­mains dans toutes leurs com­plexi­tés n’ont pas fi­ni de ré­ser­ver de bonnes mais aus­si de mau­vaises sur­prises. Alors, oui, on se pré­serve. On se pro­tège. L’autre n’au­ra le meilleur de nous-même qu’une fois qu’il au­ra prou­vé sa bonne foi. Au­trui, c’est «il», et «elle». C’est un(e) ami(e) de longue date ou un(e) par­fait(e) étran­ger(e). Qu’im­porte. On se bar­ri­cade. D’em­blée.

Bais­ser la garde, on ne le fait que quand l’on est avec ceux que l’on aime. Nos – meilleurs – amis. Notre amour. Là où l’on se dit que l’on ne craint rien. En ter­rain si proche! Si connu, a prio­ri. Alors on ôte ce masque qui nous fait pa­raître si fort. On se laisse aller à faire des confi­dences. On af­fiche nos failles, nos fra­gi­li­tés. Oui, nous aus­si…

Mais ce ter­rain, aus­si, peut s’avé­rer mi­né. Et c’est là que le coup – le plus dur – ar­rive de la part de ceux en qui l’on avait dé­ci­dé de pla­cer notre confiance. La bles­sure n’en est que plus pro­fonde. Alors, on se fait des re­proches: Non, rien de tout ce­la ne se se­rait pro­duit, si l’on n’avait pas mis en veilleuse nos dé­fenses. Si l’on n’était pas sor­ti non cou­vert, cer­tain que non, en pa­reille com­pa­gnie, nulle né­ces­si­té de se mé­fier, puisque rien ne pou­vait nous ar­ri­ver… Après les ré­pri­mandes, les ac­tions. Aux grands maux les grands moyens: au fi­nal, rien de moins ra­di­cal que l’am­pu­ta­tion de ce membre de notre cercle ami­cal ou amou­reux. Du cercle des gens qui nous veulent du bien, en gros… Cercle qui ré­tré­cit comme neige au so­leil.

Mais il est des jours, des mois, des sai­sons, où l’on est las de se pro­té­ger en conti­nu. Ma­dame a au­jourd’hui en­vie de bri­ser ce cercle – vi­cieux. Et si, une fois n’est pas cou­tume, on lais­sait tom­ber ses dé­fenses? Sciem­ment, on se met­trait en dan­ger. En dé­ci­dant de faire le pa­ri fou de faire confiance à la vie. De croire en la – bonne – na­ture hu­maine. D’être op­ti­miste, tout sim­ple­ment.

Ma­dame a choi­si de prendre le risque. En connais­sance de cause. Ou plus exac­te­ment, en igno­rance des règles les plus élé­men­taires d’au­to pré­ser­va­tion. Une naï­ve­té vou­lue. Une can­deur re­ven­di­quée. Un choix as­su­mé.

Des ami­tiés qui ne pas­se­ront pas l’hi­ver? Le grand amour se­rait plu­tôt une amou­rette de va­cances? L’af­faire du siècle sen­ti­ra le rous­si, et les pré­ten­dus as­so­ciés ou autres in­ves­tis­seurs dis­pa­raî­tront du jour au len­de­main? Qui rit en août pleure en sep­tembre? Tant pis. Elle est prête à perdre la mise. Ou à gagner gros. Qui sait ce que cache la ren­trée? Oc­tobre, puis no­vembre, c’est une toute autre his­toire. Un brin plus sé­rieuse.

Mais au­jourd’hui, c’est le mois d’août. C’est les va­cances. C’est la cha­leur. La moi­teur. De­main c’est la brise de sep­tembre. Cette mé­téo mi-figue mi-rai­sin qui souf­fle­ra le chaud et le froid. Alors, Ma­dame se laisse aller à l’in­sou­ciance de ces ren­contres im­promp­tues un soir, ou un ma­tin d’été. Puis­qu’elle est de sor­tie, ces mois-ci, Ma­dame ne cou­vri­ra pas ses ar­rières.

Oui, elle bais­se­ra la garde. Parce qu’elle veut bien suivre ses ins­tincts élé­men­taires, son in­tui­tion… ou au contraire igno­rer cette pe­tite voix, la voix de la rai­son et de la pru­dence, qui souffle à son oreille. Parce qu’elle veut prendre le risque fou, de dé­ci­der d’ai­mer cet(te) autre. De lui dé­voi­ler le meilleur. Bien ré­so­lue, plu­tôt que de s’ar­mer contre le mal­heur, de bien se pré­pa­rer à ac­cueillir le bon­heur. À bras ou­verts.

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