La pro­gram­ma­tion 2018-2019 de 62 Events com­prend éga­le­ment trois spec­tacles li­ba­nais: No­vembre, la co­mé­die de moeurs li­ba­naises, Sob­hiyé, écrite par Jo­syane Bou­los, dans une nou­velle salle de théâtre, en bor­dure de Bey­routh Jan­vier, re­prise de Ma fi­na ned

Femme Magazine - - RENCONTRE - N.R.

«le théâtre a sa place dans notre pays. Plus les choses vont mal, plus les gens vont au théâtre, parce que ça leur donne un souffle, ça parle de leurs pro­blèmes. Ils sentent l’émo­tion de l’ac­teur et celle du pu­blic. Le théâtre im­plique le spec­ta­teur beau­coup plus qu’un film. C’est ce qui est pas­sion­nant, c’est que ça reste, c’est vi­vant!» C’est en 2004, que Jo­syane dé­cide de se lan­cer vrai­ment dans l’art scé­nique, en sui­vant des cours de théâtre avec Bet­ty Taou­tel. Puis elle com­mence à jouer, elle se pro­duit dans une dou­zaine de pièces, trois films et deux courts mé­trages jusque-là. «Comme tout le monde le sait, j’ai com­men­cé à la té­lé­vi­sion, j’ai en­suite ou­vert ma com­pa­gnie Ur­ban Art dans la­quelle je fai­sais de l’évé­ne­men­tiel et de l’art scé­nique sous toutes ses fa­cettes, puis 62 events. L’an­née pas­sée, du jour au len­de­main, j’ai eu en­vie de me spé­cia­li­ser dans le théâtre, de ne plus faire que ça, pro­duire ou dif­fu­ser de grands spec­tacles, pour adultes ou en­fants, lo­caux ou in­ter­na­tio­naux.»

Une pas­sion qui re­monte à l’en­fance. «J’ai des pho­tos de moi «Après coup, je me suis ren­du compte que les té­lé­spec­ta­teurs m’ai­maient, que les émis­sions étaient sui­vies. Évi­dem­ment c’était la belle époque de la té­lé.»

Sur scène, Jo­syane res­sent tou­jours une émo­tion lors­qu’elle se glisse dans la peau d’un per­son­nage, lors­qu’elle campe un rôle. «Je ne le sa­vais pas au dé­but, mais il semble que je suis faite pour ça. Je suis tel­le­ment heu­reuse sur scène, pou­voir ne plus être soi-même, être quel­qu’un d’autre, pou­voir faire rire ou pleu­rer les gens avec un per­son­nage qu’on a créé, et qui nous ha­bite pen­dant une pé­riode as­sez longue.» Fine ob­ser­va­trice, c’est en re­gar­dant les gens, en épiant leurs moindres gestes, at­ti­tudes, dé­marches, en leur in­ven­tant des his­toires, qu’elle construit ses per­son­nages. «Je peux res­ter des heures as­sise à ob­ser­ver les gens.»

Pa­ral­lè­le­ment, elle a créé en 2001, pour sa fille, l’as­so­cia­tion alMa­jal, un centre de loi­sirs pour per­sonnes à be­soins spé­ci­fiques, dans l’es­poir d’en faire un vrai centre d’ac­cueil, un lieu de vie. Même si on sent l’émo­tion poin­ter, en par­ler ne la dé­range nul­le­ment, au contraire, sa fille est sa fan nu­mé­ro un. « C’est elle qui m’a ap­pris la sim­pli­ci­té de la vie: plus on sim­pli­fie, mieux on vit.» Pour Jo­syane Bou­los, l’ar­gent, le suc­cès, l’ap­pa­rence, tout ce­la ne compte pas, la vie, l’es­sence de la vie, est ailleurs. «En fin de jour­née, dit-elle, on est face à soi-même, et il faut être bien avec soi-même pour pou­voir l’être avec les autres.»

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