LIANE MATHES RABBATH UN ARC-EN-CIEL DE COU­LEURS

Femme Magazine - - EXPOSITION - N.R.

LIANE MATHES RABBATH, TOU­JOURS FI­DÈLE À SON PA­PIER À CI­GA­RETTE, A PRÉ­SEN­TÉ À L’ES­PACE GA­LE­RIE GHANDOUR SON EX­PO­SI­TION «ÉCLATS DE RÊVE» . DES COM­PO­SI­TIONS ARC-EN-CIEL, TEL UN ÉCLAT DE VIE ET DE LU­MIÈRE.

Liane Mathes Rabbath conti­nue à jon­gler avec le pa­pier à ci­ga­rette, tou­jours por­tée par l’in­tense plai­sir de ma­ni­pu­ler son ma­té­riau de pré­di­lec­tion. C’est dans ce «contact di­rect», dans ce «tou­cher» que ré­side son im­pé­ris­sable pas­sion pour le pa­pier. Et c’est à tra­vers le col­lage, qu’elle a ex­pé­ri­men­té aux alen­tours des an­nées 1998-1999 dans l’ate­lier de Ta­nia Ba­ka­lian Sa­fied­dine (alias Tan­bak), que sa car­rière d’ar­tiste a com­men­cé.

Luxem­bour­geoise d’ori­gine, «de­puis que je suis ar­ri­vée au Li­ban, dit-elle, j’aime tout ce qui a rap­port à ce pays.» La pre­mière pièce qu’elle fa­çonne est com­po­sée des éti­quettes de la bière Al­ma­za, elle pro­jette d'étendre cette ap­proche à «toute une sé­rie de pro­duits li­ba­nais» . Pour­tant, c’est le pa­pier de Da­mas, ce fa­meux «wa­ra’ el cham» sym­bole orien­tal par ex­cel­lence, qui s’im­pose à elle comme un choix na­tu­rel. Elle a un ac­cès fa­cile aux bouts de rou­leaux in­uti­li­sables de l’usine. C’est d’abord l’em­bal­lage des pa­piers à ci­ga­rette qu’elle uti­lise, qu’elle coupe et dé­coupe, en bandes, en ron­delles, qu’elle roule en tubes, qu’elle plie en éven­tail, avant de les as­sem­bler sur la toile. Plus tard, elle y ajou­te­ra de la pein­ture.

«J’ai tou­jours trou­vé une nou­velle fa­çon de tra­vailler ce pa­pier, sur­tout qu’il est fin. Je pense qu’il y a aus­si cette vo­lon­té de tou­jours cher­cher du nou­veau; c’est fa­cile de se dire je passe à autre chose, mais c’est plus com­pli­qué d’in­no­ver avec le même ma­té­riau.» Sans ja­mais se las­ser du pa­pier, elle passe des em­bal­lages du pa­pier de Da­mas aux pa­piers à ci­ga­rette, ces longs rou­leaux blancs tout en fi­nesse, qu’elle tord et contor­sionne pour créer le mo­tif Ar­ty Bubble. Et cette fois, elle y ajoute des feuilles d’or.

Mys­té­rieux et lu­diques à la fois, vi­brants de cou­leurs et de vie, les Ar­ty Bubbles de Liane Mathes Rabbath font pen­ser à des étoiles en or­bite ou aux tou­pies de l’en­fance. Cha­toyants, bi­gar­rés, les oeuvres donnent une im­pres­sion de 3D, d’un tour­billon en ver­tige, où le spec­ta­teur se plaît à plon­ger. Les Ar­ty Bubbles éclatent sou­vent sur fond noir, «parce que la cou­leur res­sort mieux, à tra­vers ce contraste.»

En par­cou­rant les toiles, le spec­ta­teur est frap­pé par cette dose de belle hu­meur qui s’en dé­gage, de la joie presque, et beau­coup de lu­mière. Même dans les pièces plus sobres où l’or s’im­prègne comme un éclat de rêve, comme un éclat de soleil. Liane a in­tro­duit les feuilles d’or pour la pre­mière fois dans son tra­vail. «De temps en temps j’ai be­soin de cher­cher autre chose. Je ne sais pas si je vais conti­nuer dans cette voie. Tout est une ques­tion d’hu­meur» , ajoute-t-elle.

Et son hu­meur est conta­gieuse, son po­si­ti­visme éclate dans chaque pièce, même les plus sobres. Cette touche joyeuse, Liane Mathes Rabbath y tient, d’au­tant plus qu’elle est une ex­pres­sion de son être, de son at­ti­tude op­ti­miste, de sa ma­nière de sai­sir la vie à bras-le­corps, mal­gré un quo­ti­dien pé­nible.

DREAM CAT­CHER.

SIMPLY YOURS.

Newspapers in French

Newspapers from Lebanon

© PressReader. All rights reserved.