Éva­sion

LA VILLE AUX SEPT COL­LINES

Femme Magazine - - CONTENTS - G.B.

LE FA­DO, LES MO­NU­MENTS, LES BELVÉDÈRES AVEC UNE VUE IN­FI­NIE, LES PLAGES AVEC DU SABLE DO­RÉ QUI IN­VITENT LES CORPS À SE DÉ­TENDRE. C’EST POUR TOUTES CES QUA­LI­TÉS QU’IL FAUT VI­SI­TER LIS­BONNE.

Si la lu­mière de la ville ins­pire les tou­ristes ain­si que les réa­li­sa­teurs de ci­né­ma, elle n’est pas le seul mo­tif in­ci­tant à sa dé­cou­verte. Son pa­tri­moine his­to­rique est im­pres­sion­nant, Des mo­nu­ments comme le Mo­nas­tère des Hié­ro­ny­mites et la Tour de Be­lém, ain­si que le Pay­sage Cultu­rel de Sin­tra et le Fa­do ont été clas­si­fiés par l’Unes­co comme Pa­tri­moine de l’Hu­ma­ni­té.

Lis­bonne est la ville la plus an­cienne d’Eu­rope Oc­ci­den­tale, avec plus de 20 siècles d’his­toire. C’est la ca­pi­tale po­li­tique du Por­tu­gal, siège du Gou­ver­ne­ment et de la ré­si­dence du Chef de l’État. C’est, aus­si, la ville la plus peu­plée du pays, sui­vie par Por­to. Ré­par­tie sur 7 col­lines es­car­pées qui sur­plombent le fleuve du Tage, Lis­bonne pro­pose les plai­sirs d’un tou­risme peu ba­nal, sans l’agi­ta­tion tou­ris­tique des autres ca­pi­tales eu­ro­péennes ( tout dé­pend de la pé­riode de l’an­née).

Ca­thé­drales go­thiques, mo­nas­tères, châ­teaux ma­jes­tueux et mu­sées pit­to­resques consti­tuent des in­con­tour­nables, mais c’est aus­si avec bon­heur que l’on se re­trouve à flâ­ner dans les ruelles étroites des dif­fé­rents quar­tiers qui ont cha­cun sa propre iden­ti­té. Pour bien connaître la ville, il est né­ces­saire de dé­dier un peu de temps à cha­cun d’entre eux. Les quar­tiers les plus im­por­tants sont la Baixa, le Chia­do, le Bair­ro Al­to, l’Al­fa­ma et Be­lém.

La BAIXA est le quar­tier le plus im­por­tant de Lis­bonne, si­tué en plein centre- ville. Il a été re­cons­truit par le Mar­quis de Pom­bal à la suite du grand trem­ble­ment de terre du XVIIIème siècle, en adop­tant un style clas­sique avec des rues géo­mé­triques. Ses rues re­gorgent de fa­çades re­cou­vertes de car­reaux de faïence, si ty­piques du pays. Ce quar­tier, très ani­mé pen­dant la jour­née, est le plus com­mer­çant de la ville. On y trouve les places et les rues les plus em­blé­ma­tiques de la ville. L’Ave­nue de la Li­ber­té ( Ave­ni­da da Li­ber­dade en por­tu­gais), qui fait un peu plus d’un ki­lo­mètre de long, est la plus ma­jes­tueuse de la ca­pi­tale por­tu­gaise, avec des édi­fices du XIXème siècle et des trot­toirs re­cou­verts de mo­saïques for­mant des des­sins en noir et blanc. Ses ca­fés, ses ter­rasses cou­vertes, ses mo­nu­ments et ses jar­dins in­vitent à la dé­tente. C’est ici, dans ce quar­tier, que l’as­cen­seur de San­ta Justa, chefd’oeuvre ar­chi­tec­tu­ral de Lis­bonne, vous em­mè­ne­ra ad­mi­rer une vue épous­tou­flante sur toute la ville, ses toits, les col­lines en­vi­ron­nantes et le Tage. Construit par Raoul Mes­nier du Pon­sard en 1902, ce drôle d’as­cen­seur est consi­dé­ré comme l’at­trac­tion tou­ris­tique la plus im­por­tante du quar­tier de Baixa.

L’AL­FA­MA est l’un des coins les plus tra­di­tion­nels de la ville. Ses rues étroites ont été le lieu de ré­si­dence de nom­breux pê­cheurs pen­dant plu­sieurs an­nées. L’Al­fa­ma est connu pour être un quar­tier plein de sen­teurs et de charme. Si­tué au pied du Châ­teau Saint- Georges, il est le ber­ceau du Fa­do: ex­pres­sion de la mé­lan­co­lie du peuple por­tu­gais. Sur­plom­bant Lis­bonne de fa­çon spec­ta­cu­laire, les for­ti­fi­ca­tions du Cas­te­lo de São Jorge, per­chées sur une col­line, se re­trouvent dans presque tous les cli­chés de la ville. Les pa­vés lisses qui lui servent de par­terre ont tout vu: les Wi­si­goths au Vème siècle, les Maures au IXème siècle, les chré­tiens au XIIème siècle, la fa­mille royale du XIVème au XVIème siècle, et les dé­te­nus et condam­nés au cours de toute son his­toire. Al­lez par­cou­rir ses rem­parts si­nueux et ses cours om­bra­gées par les pins pour avoir les meilleures vues sur les toits rouges de la ville jus­qu’au fleuve du Tage. L’in­té­rieur de la Tour d’Ulysse abrite une Ca­me­ra Obs­cu­ra ( chambre noire, l’an­cêtre de la pho­to­gra­phie en quelque sorte) et offre un angle à 360° sur Lis­bonne. Des dé­mons­tra­tions ont lieu toutes les de­mi- heures. Il y a aus­si quelques ga­le­ries qui pré­sentent des ves­tiges des siècles pas­sés, mais l’at­trac­tion phare est sur­tout le point de vue: vous au­rez le sen­ti­ment de re­mon­ter dans le temps au mi­lieu des cours for­ti­fiées et murs im­po­sants.

Le CHIA­DO, à la fois élé­gant et bo­hème, est connu comme étant le «Mont­martre» de Lis­bonne. Il a été to­ta­le­ment re­cons­truit après l’in­cen­die de 1998. On y trouve de très jo­lies rues comme la rua do Car­mo, avec des ruines de l’église du même nom, et celle de Gar­ret. Si­tué sur l’une des sept col­lines, c’est le quar­tier élé­gant où l’on trouve de jo­lis ma­ga­sins, des théâtres et des ca­fés. Il fait bon s’y pro­me­ner et et se pré­las­ser une ter­rasse. Le quar­tier vit au­tour de la place Luis Ca­moes et de la rue Gar­rett. Il est le coeur de la vie in­tel­lec­tuelle

lis­boète. Le ca­fé Brasileira et la sta­tue de bronze du poète Fer­nan­do Pessoa at­tirent les tou­ristes. Il reste cen­tral et peut être un bon choix pour votre hé­ber­ge­ment, il est proche du quar­tier du Bair­ro Al­to, temple de la nuit lis­boète. C’est l’ar­chi­tecte Al­va­ro Si­za qui re­cons­truit le quar­tier après l’in­cen­die de 1988. Au­jourd’hui le Chia­do re­vit en ayant conser­vé les tra­ces du pas­sé.

Le BAIR­RO AL­TO re­pré­sente le Lis­bonne al­ter­na­tif, c’est pro­ba­ble­ment le meilleur lieu de la ville pour écou­ter des Fa­dos. Dans ses rues abondent les graf­fi­tis et le linge ten­du. Pour y par­ve­nir, vous pou­vez prendre la Rua Mi­se­ri­cor­dia. La Pra­ça Luís de Ca­moes, l’un des lieux em­blé­ma­tiques de la Ré­vo­lu­tion des OEillets, marque la li­mite des quar­tiers du Chia­do et du Bair­ro Al­to.

Le quar­tier de BE­LÉM ac­cueille deux des mo­nu­ments in­con­tour­nables de Lis­bonne: le Mo­nas­tère des Hié­ro­ny­mites et la Tour de Be­lém.

Le Mo­nas­tère des Hié­ro­ny­mites ( Mos­tei­ro dos Jeró­ni­mos) a été éri­gé au dé­but du XVIème siècle, c’est une des plus im­por­tantes construc­tions na­tio­nales. En 2015, il a été vi­si­té par en­vi­ron un mil­lion de per­sonnes. La fa­çade im­po­sante du mo­nas­tère s’étend sur 300 mètres, avec le por­tail sud de l’église mis en évi­dence, fi­ne­ment dé­co­ré avec les images du Saint Pa­tron du Por­tu­gal et de « San­ta Ma­ria de Be­lém » . Le mo­nas­tère doit son nom aux moines de l’Ordre de Saint- Jé­rôme, qui s’y sont éta­blis jus­qu’en 1834. On y trouve les tom­beaux de plu­sieurs rois por­tu­gais, comme D. Ma­nuel I et D. Hen­rique, ain­si que les sé­pul­tures de Vasco da Gama. Dans une ex­ten­sion construite en 1850 se trouve le Mu­sée d’Ar­chéo­lo­gie et dans l’aile Ouest le Mu­sée de la Ma­rine. La Tour de Be­lém sur le Tage est l’un des mo­nu­ments ar­chi­tec­tu­raux les plus en vue, fai­sant par­tie du pay­sage ri­ve­rain de Be­lém, construite en hom­mage à São Vin­cente, le saint pa­tron de Lis­bonne. Elle a fait par­tie d’un sys­tème de dé­fense tri­par­tite entre Cas­cais et Ca­pa­ri­ca de l’autre cô­té du Tage, et a été construite sur la rive nord entre 1514 et 1520, à l’époque des grandes dé­cou­vertes. Lis­bonne était un point d’ar­rêt obli­ga­toire pour

ceux qui na­vi­guaient sur les routes du com­merce in­ter­na­tio­nal, d’où le be­soin de pro­té­ger la ville. La dé­co­ra­tion de la Tour pré­sente des ca­rac­té­ris­tiques de style ma­nué­lin, avec des cordes qui en­tourent l’im­meuble, les sphères et les croix de l’Ordre Mi­li­taire du Ch­rist, ain­si que les élé­ments na­tu­ra­listes. Des in­fluences is­la­miques et orien­tales sont re­con­nais­sables dans ses élé­ments dé­co­ra­tifs, comme les som­mets qui couvrent les gué­rites. Au cours des siècles, la Tour de Be­lém a per­du sa fonc­tion de dé­fense et, à par­tir de l’oc­cu­pa­tion es­pa­gnole, elle est de­ve­nue une pri­son.

Hor­mis les quar­tiers tra­di­tion­nels, il existe à Lis­bonne deux zones plus mo­dernes: la Place du Mar­quis de Pom­bal et ses alen­tours ain­si que la zone du Parc des Na­tions, construite pour l’Ex­po Uni­ver­selle. Il s’agit d’une zone mo­derne et vi­vante avec beau­coup d’es­paces dé­cou­verts. À l’oc­ca­sion de l’Ex­po­si­tion Uni­ver­selle de 1998, un grand es­pace de loi­sirs si­tué dans la nou­velle par­tie de la ville ( Parque das Na­ções en por­tu­gais) a été créé. On peut y ac­cé­der par la grande gare de Oriente et par le pont Vasco da Gama. Cette zone compte des res­tau­rants, des bars, des salles de spec­tacles, des jar­dins, des zones pié­tonnes ain­si qu’un grand centre com­mer­cial. Il convient de men­tion­ner la très mo­derne Gare de Oriente ache­vée par l’ar­chi­tecte es­pa­gnol San­tia­go Ca­la­tra­va. En ef­fet, sa cou­ver­ture d’une grande lu­mi­no­si­té est consti­tuée d’une struc­ture de verre et d’acier res­sem­blant à une pal­me­raie. Dans ce com­plexe se trouvent une gare fer­ro­viaire, une sta­tion de mé­tro et de bus. Dans le Parc des Na­tions, le deuxième plus grand aqua­rium d’Eu­rope, ap­pe­lé Oceaná­rio de Lis­boa est à voir; la Tour Vasco de Gama, un ex­cellent bel­vé­dère ain­si que le Pont Vasco de Gama qui, avec presque 18 ki­lo­mètres de long, est le plus long d’Eu­rope. Les Jar­dins de l’Eau sont éga­le­ment une vi­site in­té­res­sante, on y trouve des in­ven­tions in­ter­ac­tives di­ver­tis­santes.

LIS­BONNE.

AL­FA­MA, CH­TEAU SAINT-GEORGES.

BAIXA, MO­SAÏQUE DE L’AVE­NUE DE LA LI­BER­TÉ.

BAIR­RO AL­TO, PLACE LUIS DE CA­MOES.SIN­TRA, PA­LAIS DE LA PE­NA.

CHIA­DO, LA STA­TUE DE BRONZE DU POÈTE FER­NAN­DO PESSOA SUR LA TER­RASSE DU CA­FÉ BRASILEIRA.

BE­LÉM, TOUR DE BE­LÉM.

BE­LÉM, EX­TÉ­RIEUR DU MO­NAS­TÈRE DES HIÉ­RO­NY­MITES.

LE TRAM 28. Le tram 28, vous connais­sez? Il tra­verse les plus beaux quar­tiers de Lis­bonne et avec sa bouille ré­tro toute jaune, il est cra­quant! Ici, les trams et fu­ni­cu­laires sont à consom­mer sans mo­dé­ra­tion. Le tram à Lis­bonne est une ins­ti­tu­tion qui sym­bo­lise à elle seule, la ca­pi­tale por­tu­gaise. Avec ses formes ré­tro et sa cou­leur jaune (mais il en existe de cou­leurs dif­fé­rentes), dif­fi­cile de le ra­ter. On le croise sou­vent dans les rues, y com­pris dans des en­droits in­at­ten­dus car dif­fi­ciles d’ac­cès. On l’adore. Ce n’est pas à cause de son confort, les ban­quettes sont en bois, ni même pour sa dis­cré­tion, un bruit mé­tal­lique ponc­tué de tic tac. C’est pro­ba­ble­ment parce qu’il sym­bo­lise bien l’une des fa­cettes de la ca­pi­tale por­tu­gaise qui aime conser­ver la mé­moire de son his­toire. Alors, quand on prend le tram ou le fu­ni­cu­laire (ele­va­dor), on ne se dé­place pas uni­que­ment, on a l’im­pres­sion de vivre un mo­ment in­tense!

GARE DE ORIENTE.

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