POUR QUE CESSE

HI­MAYA LA MAL­TRAI­TANCE DES EN­FANTS

Femme Magazine - - ASSOCIATION -

FON­DÉE IL Y A DIX ANS PAR VI­VIANE DEB­BAS, L’AS­SO­CIA­TION HI­MAYA POUR­SUIT IN­LAS­SA­BLE­MENT SON COM­BAT POUR VE­NIR EN AIDE AUX EN­FANTS ABUSÉS ET MAL­TRAI­TÉS. UNE LUTTE DE LONGUE HA­LEINE.

«J e ne pou­vais pas ima­gi­ner, quand j’ai créé Hi­maya, que l’as­so­cia­tion al­lait prendre une en­ver­gure pa­reille», sou­ligne Vi­viane Deb­bas. Le tra­vail ef­fec­tué de­puis dix ans par les quelque 110 sa­la­riés de l’ONG, ap­puyés par de nom­breux bé­né­voles, est ti­ta­nesque. «Nous avons sen­si­bi­li­sé à la cause 639 272 per­sonnes à tra­vers nos cam­pagnes, tra­vaillé avec 368 274 per­sonnes à tra­vers nos ac­tions de pré­ven­tion et trai­té 6 348 en­fants vic­times d’abus sur l’en­semble du ter­ri­toire li­ba­nais» , pré­cise la pré­si­dente d’Hi­maya.

Pour­tant, quand elle s’est lan­cée dans ce com­bat pour pro­té­ger les en­fants in­no­cents des pré­da­teurs sexuels et des mal­trai­tances phy­siques comme psy­cho­lo­giques, Vi­viane Deb­bas s’est presque heur­tée à un mur, tant le ta­bou au­tour de l’en­fance mal­trai­tée et de la pé­do­phi­lie était dif­fi­cile à bri­ser. «Nom­breux sont celles et ceux qui me di­saient: la pé­do­phi­lie, ce­la n’existe pas au Li­ban. Mais ce­la existe bien, comme par­tout ailleurs, dans tous les mi­lieux, dé­fa­vo­ri­sés ou plus ai­sés. Au­jourd’hui, grâce à notre tra­vail, le su­jet n’est plus ta­bou» , pré­cise-t-elle. Les chiffres viennent confir­mer cet état de fait. Une étude réa­li­sée en 2008 in­dique qu’un en­fant sur 6 au Li­ban est vic­time d’une forme d’abus sexuel, qui in­clut l’in­ceste comme la pé­do­phi­lie.

«Un en­fant, c’est un être in­nocent qui n’a pas de­man­dé à être abu­sé. Il n’est pas res­pon­sable de ce qui lui ar­rive. Si on ne s’en oc­cupe pas, il risque, plus tard, de tom­ber dans la drogue, d'avoir des idées sui­ci­daires, ou même de re­pro­duire le même sché­ma et de­ve­nir un abu­seur lui-même» , aver­tit Vi­viane Deb­bas.

En dix ans, l’as­so­cia­tion Hi­maya a réus­si à éta­blir un maillage de centres sur l’en­semble du ter­ri­toire li­ba­nais. «Nous avons ou­vert des centres à Tri­po­li, Zah­lé, Baal­bek, Saï­da, Fa­nar et for­mé de­puis 2017 plus de 769 pro­fes­sion­nels du sec­teur mé­di­cal, mais aus­si dans les rangs de la po­lice, ain­si que des tra­vailleurs so­ciaux.» Des in­ter­ven­tions sont aus­si me­nées dans les parcs, au­près des écoles, avec des mé­thodes spé­ci­fiques, afin de ne pas heur­ter les sen­si­bi­li­tés, tout en fai­sant prendre conscience des pro­blèmes. «Il faut que les pa­rents soient vi­gi­lants, il y a des gens ma­lades que l’on cô­toie, que l’on in­vite, et qui sont des pré­da­teurs.»

«Nous tra­vaillons de concert avec les mi­nis­tères des Af­faires so­ciales, de l’In­té­rieur, de la San­té et de la Jus­tice, ain­si qu’avec les mu­ni­ci­pa­li­tés, les

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