L’ETAT-MA­JOR RUSSE N’A ÉTÉ AVER­TI QU’UNE MI­NUTE AVANT LE DÉ­BUT DES TIRS IS­RAÉ­LIENS. IS­RAËL DE­VRA PRENDRE DA­VAN­TAGE DE PRÉ­CAU­TIONS AVEC LA RUS­SIE DÉ­SOR­MAIS.

Le Mensuel Magazine - - Syrie -

de toute fa­çon mort de­vant la réa­li­té, puisque le pré­sident sy­rien a ga­gné la guerre. Ceux qui pensent que l’arme éco­no­mique, le chan­tage oc­ci­den­tal à la re­cons­truc­tion de la Sy­rie suf­fi­ra à en­clen­cher un chan­ge­ment po­li­tique se trompent lour­de­ment. Il est si­gni­fi­ca­tif que les pays arabes du Golfe aient pro­po­sé à Ba­char el-as­sad leur aide pour re­cons­truire la Sy­rie à condi­tion qu’il rompe ses liens avec l’iran.

Le re­tour d’id­leb dans le gi­ron de Da­mas si­gni­fie­rait que la Tur­quie, l’iran et la Rus­sie peuvent ré­gler la ques­tion sy­rienne seuls.

Le groupe d’as­ta­na peut et veut ré­gler la ques­tion d’id­leb seul. Les Etats-unis et les pays arabes du Golfe, au­tre­fois sou­tiens de la ré­bel­lion dans la ré­gion, n’ont plus au­cun le­vier sur ce ter­rain. Par ailleurs, les Etats-unis et les autres pays membres de la coa­li­tion an­ti­daech n’ont au­cune en­vie de s’as­so­cier avec ceux d’as­ta­na à une guerre contre el-qaë­da à Id­leb. Ils por­te­raient la res­pon­sa­bi­li­té des «dé­gâts col­la­té­raux» et de la crise hu­ma­ni­taire. Ils savent par­fai­te­ment qu’il n’existe pas d’autre mé­thode que celle em­ployée à Mos­soul et Ra­q­qa pour vaincre les ji­ha­distes, même s’ils pré­tendent le contraire.

Quelles sont les le­çons à ti­rer de la confron­ta­tion entre la Rus­sie et Is­raël? A quoi peut-on s’at­tendre concer­nant leurs re­la­tions fu­tures, à l’égard de la Sy­rie, et plus glo­ba­le­ment dans la ré­gion?

La Rus­sie se sert du ter­rain sy­rien pour re­de­ve­nir une grande puis­sance mon­diale. Au­jourd’hui, c’est elle qui ga­ran­tit la sé­cu­ri­té de la fron­tière is­raé­lo-sy­rienne puis­qu’une force russe contrôle l’an­cienne zone dé­mi­li­ta­ri­sée du Go­lan. La Rus­sie ga­ran­tit que les mi­lices chiites et les Ira­niens se tien­dront à dis­tance. En re­vanche, elle n’em­pêche pas les trans­ferts d’armes ira­niennes au Hez­bol­lah, ce qui pro­voque ces frappes is­raé­liennes ré­cur­rentes. Ce­pen­dant, Is­raël était cen­sée pré­ve­nir la Rus­sie de l’heure et du lieu des frappes en temps utile, ce qui ne s’est pas pro­duit lors de la der­nière at­taque sur Lat­ta­quié puisque l’etat-ma­jor russe n’a été aver­ti qu’une mi­nute avant le dé­but des tirs is­raé­liens. Les Is­raé­liens vont de­voir prendre da­van­tage de pré­cau­tions avec la Rus­sie dé­sor­mais, au risque que les in­for­ma­tions fuitent vers les Ira­niens, si Mos­cou veut exer­cer une pres­sion. Ce­la ren­force le rôle de la Rus­sie en tant qu’ar­bitre du conflit entre Is­raël et l’iran. La ré­ac­tion de la Rus­sie est d’ailleurs beau­coup plus me­su­rée que lorsque la Tur­quie avait abat­tu un avion russe au nord de Lat­ta­quié en 2015. Les me­sures de ré­tor­sion n’avaient pas tar­dé, pous­sant Er­do­gan à se rap­pro­cher de Mos­cou sur le dos­sier sy­rien. Il ne fau­drait pas ce­pen­dant que les Is­raé­liens com­mettent d’autres «ba­vures» de ce type car Pou­tine ne leur ga­ran­ti­rait plus sa pro­tec­tion face à l’iran.

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