Aime- moi moins, nour­ris- moi mieux

Prestige (Lebanon) - - Impressions -

En ce dé­but de mars ont suc­ces­si­ve­ment été fê­tés la femme puis le pro­fes­seur. Une jour­née riche en évé­ne­ments a été consa­crée aux femmes où ont été van­tés leurs ca­pa­ci­tés, leur force, leur cou­rage avec maints slo­gans et ras­sem­ble­ments cultu­rels et so­ciaux. Le len­de­main, les tra­di­tion­nels dis­cours sur le dé­voue­ment de nos édu­ca­teurs n’ont pas em­pê­ché en cette jour­née de la fête du Pro­fes­seur les ma­ni­fes­ta­tions de ceux- ci pour at­ti­rer le re­gard des au­to­ri­tés sur la pré­ca­ri­té de la condi­tion de leur pro­fes­sion. Ces deux jour­nées m’ont rap­pe­lé l’his­toire de mon ma­ri qui, jeune em­ployé de banque, au­rait ré­pon­du aux louanges de son di­rec­teur par un la­pi­daire « Love me less and feed me more » , si­gni­fiant avec une pointe d’hu­mour qu’il au­rait ai­mé une aug­men­ta­tion de sa­laire. Oui, les femmes de mon pays au­raient ai­mé en ce jour re­ce­voir en ca­deau une va­lo­ri­sa­tion de leurs droits. Leur droit à don­ner une na­tio­na­li­té à leurs en­fants, leur droit à une éga­li­té de sa­laire et de poste pour des com­pé­tences égales, ce­lui de re­ce­voir, en cas de di­vorce, le droit de garde de leurs en­fants et une pen­sion qui leur per­mette de les éle­ver di­gne­ment et j’en passe… Nos pro­fes­seurs, eux, qui sont la co­lonne ver­té­brale de l’ave­nir de notre fu­ture gé­né­ra­tion au­raient pour le moins dû voir ap­pli­quée la loi sur l’échelle des sa­laires qu’ils ré­clament de­puis belle lu­rette, afin de leur évi­ter de cour­ber l’échine de­vant un quo­ti­dien de plus en plus dur. Es­pé­rons que les élec­tions ver­ront naître un parlement ca­pable entre autres dé­ci­sions vi­tales, de vo­ter des lois per­met­tant de fê­ter di­gne­ment en mars pro­chain, la femme et le pro­fes­seur.

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